Gouvernance : La psychologie du président Roch Marc Christian Kaboré

Le président Roch Marc Christian Kaboré est un doux agneau qui a horreur de la méchanceté. Il n’est pas aigri et il est incliné à l’amour pour son prochain. Voilà le peu qui peut être mentionné à la lueur de la dimension psychologique.

On dit de lui qu’il est un abbé raté qui a été expulsé du séminaire sans autorisation de repartir pour subir la doctrine spirituelle et la formation sacerdotale réservée au contingent des séminaristes appelés par le Christ pour faire connaître l’évangile à travers toutes les nations et jusqu’au bout du monde. Les tenants de cette opinion ont leur part de vérité. Même si monsieur Roch n’a pas fait le séminaire il a l’air de cela. L’esprit de non-violence qui participe de son essence est salué à sa juste valeur. Il est si sensible à la vie qu’il n’a pas sous son pied le courage d’écraser une fourmi à l’orteil, encore moins la volonté pernicieuse d’ôter la vie d’un être humain.

Qui plus est, son cœur ne porte pas de sentiment rancunier. Il est riche en amour vaste pour son pays, sans clivage sexuel ni discrimination confessionnelle. Sans doute, il est venu au pouvoir non pas pour faire du mal à quelqu’un mais avec des calculs et des rêves nobles qui le déterminent à servir le peuple de la nation dans le sens du bien-être. Malheureusement, le malaise social par les différents enjeux le rencontre et s’oppose. La priorité, aujourd’hui, est la sécurité. Même s’il n’arrive pas à pacifier le territoire national, il est profondément attristé en ce qui concerne le sang qui coule et la disparition violente des fils et filles de ce pays.

C’est dommage. Les noces passées, la femme est belle, le paradis est sous le pagne, du miel entre les cuisses mais sur le lit nuptial, le mari n’a pas la force de pénétration pour la dépuceler. Cette manière de voir les choses donne lieu à une comparaison.

Entre le président et la politique dont il a la conduite, il y a un écart qui n’est pas exigu. Roch Kaboré lui-même n’a pas de problème mais le problème qui est se situe dans la sécurité. Le gouvernement est entaché de faiblesses non moins nombreuses. L’avenir est sombre, le présent est insupportable par la monotonie de la misère qui se lit sur tous les visages. « C’est mou, ça ne vas pas dans le pays, tout le monde se cherche, c’est sec. »

En tout cas, c’est le langage du désespoir qui revient chaque jour. Il n’y a pas de paix. Malgré les efforts qui s’enchaînent pour soulager les populations, l’Etat montre des signes de défaillance à combler pour réinstaller la quiétude. Le terrorisme continue de rugir pour traquer ses proies innocentes qui n’ont aucune possibilité de se défendre. La terreur funeste agace les esprits aussi bien en zones rurales que dans les limites urbaines. C’est la traversée du désert, cependant elle ne diminue pas le moral. Dans la persévérance, on attend le mieux pour le lendemain.

D’un moment à l’autre, le peuple burkinabè exige que les dirigeants trouvent la formule thérapeutique la plus appropriée pour faire une cure totale sur les maux et faire valoir une victoire nette sur les débordements de la firme terroriste qui épie les moments favorables pour envoyer des vampires en mission de crimes et de tragédie.

Personnellement, il s’avère difficile de condamner Roch même s’il est facile de l’accuser comme le bouc émissaire sur qui on concentre toutes les spéculations de tous les malheurs qui surgissent sous son règne. Politiquement, c’est compliqué. Il n’y a pas d’échappatoire. Il est le président et puisqu’il est titulaire de ce statut, il doit assumer. Deux fois vainqueur, il est responsable des échecs et des réussites qu’on lui attribue depuis son élection pour le premier mandat expiré et sa réélection pour le second mandat en cours.

Le peuple a battu le pavé avec lui pour résister à la modification constitutionnelle proposée par le malheureux Blaise Compaoré. Les femmes et les hommes ont marché sous le soleil ardent pour le changement ; ensemble, ils ont bravé le vent de l’harmattan et le froid incisif des températures basses. La mémoire collective retient les discours qui ont été prononcés sur les tribunes. Roch a fait des promesses, autant elles sont belles autant elles sont magnifiques. Il reste à les concrétiser. Tout ce qu’on souhaite, c’est le bonheur de vivre dans un pays en paix. Avec la santé, on aura le reste qui viendra, tôt ou tard, par les temps.

Moralement parlant, le fameux Roch n’est pas fait pour piétiner qui que ce soit. Les psychanalystes érudits diront que son profil en profondeur correspond à la nature d’un homme qui se veut pacifique. Parmi les différents éléments qui se détachent sur le fond du miroir psychologique, on identifie aisément qu’il n’a pas le moindre goût pour la brutalité. Il est venu au pouvoir avec la bonne volonté d’être un homme d’Etat qui gouverne parfaitement.

Il voudrait, après son départ, laisser l’image d’un président qui a  aimé le peuple et qui a engagé des initiatives de progrès pour son pays. Le hic est que les obstacles sont déterminés à ne pas lui laisser les mains libres pour agir. Des ennemis proches ou éloignés jettent des difficultés dans ses roues. Des amis déguisés rient avec lui le jour mais ils entreprennent la nuit des besognes obscurantistes. Pour cela, on n’a pas besoin de le lui dire. Il n’est pas étranger à son milieu.

En tant que chef d’Etat, il est averti pour comprendre que la principale maladie nationale est l’épidémie de la jalousie qui fait des ravages et provoque des dommages irréparables. La jalousie a été en mesure de pousser des personnalités à des excès. Nombreux sont ceux qui en ont été incités à des actes infidèles et à des abus inavouables.  

Surtout, la prospection psychologique montre davantage une chose sensationnelle qui ne peut passer sous silence. La sagesse que Roch traîne est incompatible avec les chemins démoniaques qui mènent aux pratiques rituelles. Démocratiquement élu, il veut quitter le pouvoir à la fin de son mandat, c’est un exemple brillant et on se souviendra de lui comme un pionnier qui a donné une belle leçon de démocratie à son pays. Il n’aspire pas à diligenter des sacrifices humains pour s’éterniser dans son poste de premier magistrat. Ainsi, il sortira par la porte d’honneur de l’histoire et non par la chatière humiliante comme le président Alpha Kondé de Guinée qui s’est acharné inutilement à vouloir tripatouiller les alinéas constitutionnels pour briguer un troisième mandat.

Les enquêtes de moralités ne trouvent pas de péchés à reprocher son homologue du Burkina. Malgré les défis qui surgissent pour troubler son programme de développement, il s’évertue à garder le sang-froid, une qualité qu’il faut mettre en avant pour réussir à défendre les intérêts fondamentaux. Aucune intention barbare n’influence son parcours. Le procureur du Faso ne peut pas le mettre en filature pour crime prémédité contre ses semblables. Ce serait un chef d’accusation infondé. Consécutivement au serment qu’il a prêté pour tenir la barre, il n’a pas payé les services lucifériens des féticheurs et des marabouts sans vergogne pour se rendre inamovible sur le fauteuil présidentiel. Les élucubrations des charlatans ne l’intéressent pas. Le despotisme ne le chante pas, tout comme il est imperméable à la mégalomanie.

Monsieur Roch s’est désengagé de toutes les fautes comportementales qui peuvent souiller sa conscience. Dans l’histoire des deux mandats qu’il a décrochés à l’issue des épreuves électorales, on peut dire qu’il n’a pas les mains maculées de sang coupable.  Les gardes de corps qui l’accompagnent ne sont pas détournés à des fins irresponsables. Il n’a pas encore dit d’aller    attraper un albinos à tuer en guise de sacrifice et il n’a pas fait venir nuitamment dans son bureau le cadavre d’une fille vierge pour prélever ses seins et le clitoris ou l’ensemble de la vulve et des poils intimes. Voilà un président qui a su se démarquer des œuvres sordides. Même si on n’a pas de l’estime pour un lièvre, il faut reconnaître qu’il a une course rapide.

Pris à part, monsieur Roch est un citoyen sociable et non un danger public. C’est en politique qu’il a des défauts à gérer et des fautes à reprocher.  Le paupérisme est une angoisse qui génère massivement le stress dans toutes les couches sociales. C’est une des causes qui amplifie la prostitution et la délinquance des voleurs qui multiplient les vols avec bris ou effraction. Il y a lieu de parer au plus pressé et de songer aux jeunes filles et garçons qui chôment parce qu’ils n’ont pas d’écoles pour fréquenter. Les établissements sont contraints à des fermetures inattendues dans les milieux rouges, notamment dans les provinces et les départements où le terrorisme fait office d’une hydre tentaculaire qui réapparaît quand on lui coupe les membres. Dans les villes et dans toutes les régions, les enseignants ont droit à des conditions meilleures pour mieux acquitter les obligations professionnelles.

Nous sommes tous tristes ! De nature froide, l’individualité de Roch fait délier les langues pour dire qu’il doit faire des propositions de loi qui sont à la hauteur d’une riposte qui fait sonner le glas au terrorisme. Bien évidemment, on ne gère pas un pays comme les enfants d’une même église qu’on prend en catéchèse pour les préparer à un baptême prochain de la paroisse.

En réalité, les populations sont aussi reprochables. Les actes chez les uns et chez les autres sont hideux. On le sait, le président Roch Kaboré est un être humain, il n’est pas omniprésent ni omnipotent. Par conséquent, il n’est pas un prototype qui peut se métamorphoser en plusieurs millions de spécimens pour protéger ses concitoyens et assurer la sécurité sur l’ensemble des provinces. La beauté d’un pays dépend de l’action collective et des efforts communs de tous les habitants qui le partagent. Le Burkina sera ce que les Burkinabè voudront qu’il soit. L’insécurité qui agonise la nation peut être éradiquée, à condition que les uns et les autres fassent preuve de solidarité et de l’adoption d’une démarche sociale dans l’intérêt de la paix générale pour tous.  

Aucune recherche ne donne des indices contre le président. Roch n’est pas reconnu comme un allié fidèle des caïds du terrorisme. Il n’est pas leur hôte et il ne les fait pas venir dans son pays pour les héberger dans les hôtels somptueux des quartiers riches. Les bandits qui terrifient les populations ne viennent pas des fonctionnaires qui travaillent au palais présidentiel de Kosyam. Il est nécessaire de faire la part des choses.

Les vrais coupables se trouvent au sein de la population. Dans cet imbroglio, comment le président Roch Marc qu’on offense à tort saura apporter des remèdes aux problèmes divers ? Quand le taux des filous qui opèrent par la mauvaise foi est élevé, c’est difficile de faire marcher correctement la sécurité.

Sans la complicité interne des gens malhonnêtes, des tueurs armés ne peuvent passer pas enjamber la frontière pour exercer la mort contre les autochtones. C’est le Burkina qui brûle le Burkina par le feu des armes d’origine illégale et inconnue. La conviction est que les ennemis ne viennent pas des pays étrangers. A force d’être cupide et de se presser d’être un grand millionnaire, des complices sont prêts à trahir la cohésion nationale pour empocher des sommes astronomiques proposées par des  sponsors qui prêchent l’apologie du terrorisme.

A la faveur des médias, nous avons appris que soixante-douze personnes ont été épinglées sous prétexte qu’elles livrent du carburant et des vivres aux agents du terrorisme. Si les brigades habilitées en la matière prolongent les recherches, elles découvriront davantage des pistes. On n’en est qu’à la pointe visible de l’iceberg qui flotte avec une partie importante submergée. Les coupables à sanctionner sont numériquement considérables.

Supposons que les juges vont déplacer le tribunal pénal hors du palais de justice pour raison d’espace, la place de la nation qui va accueillir le procès sera pleine à craquer d’une foule hystérique. Si ça ne vas, ce n’est pas la seule faute du président Roch Kaboré. Le terrorisme est partout, chez les     autorités, dans les bureaux. L’armée aussi est affectée. Des hommes de tenue sont des traîtres à cause de l’argent. La mort de leurs frères d’arme dans le Sahel ne les dérange pas.

L’avenir nous renseignera. Des gendarmes pourraient être déshabillés et radiés pour manquement à la déontologie militaire. Cela n’est pas étonnant, dans un pays où la mère du voleur est la maîtresse du gendarme, l’enfant qui a commis le vol aggravé a la chance de ne pas faire un instant en prison. Ces cas sont nombreux. La corruption toucherait la police par ses éléments déloyaux qui couvrent certains commerçants. Qu’est-ce qui prouve que la fortune de certains commerçants n’est pas due à la livraison clandestine des marchandises au profit des ennemis de la patrie ? Des experts en enquête peuvent fouiller pour savoir.

Le Burkina est devenu une habitation de singes, les uns bâtissent, les autres débâtissent. En fin de compte, c’est la descente verticale dans l’abîme de la géhenne. Lentement mais sûrement. Il est impérieux de changer le cap, dès maintenant.  Tous autant que nous sommes, nous avons intérêt à nous habituer à un renouveau de comportement sain en concomitance avec un consensus responsable et honnête. Sans cela, les entreprises du fervent ministre Zéph Diabré pour la réconciliation sont vouées à l’insuccès et à l’échec.

La main dans la main, c’est la seule voie idéale pour ramener le territoire national au meilleur état des conditions appréciables. L’écrivain est favorable à la paix, il dévoile par la plume ce que son confrère musicien proclame par la sonorité de la guitare. Clairement, Alpha Bondy nous a si bien dit : tout change, tout évolue, seuls les imbéciles ne changent pas.

Cyrille Ouédraogo, écrivain

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