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Conférence de la section France du MBDHP sur la situation au Burkina : Les populations invitées à « continuer à se battre, à résister pour assurer le droit des enfants à l’éducation. »

Le Mouvement burkinabè des Droits de l’homme et des Peuples (MBDHP)-Comité régional de la Nouvelle Aquitaine (Bordeaux) en France a tenu, le jeudi 11 avril 2024, un panel sur la situation sécuritaire au Sahel.

Le Comité régional du Mouvement burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples de la Nouvelle Aquitaine (Bordeaux) a organisé un panel sous le thème : « Les enjeux de la crise sécuritaire au Sahel ouest-africain et ses conséquences dramatiques : analyses des secteurs de l’éducation et de la santé au Burkina ». C’était le jeudi 11 avril 2024 à l’université de Bordeaux.

Le thème a mobilisé plusieurs chercheurs, universitaires, étudiants et plusieurs citoyens français, africains et du monde. Les débats ont été dirigés par le secrétaire général du Comité régional du MBDHP Nouvelle Aquitaine, Marcel Kagambega, enseignant titulaire d’un double doctorat en Droit international des migrations et en Sociologie.

Selon le président du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme/Comité régional de la Nouvelle Aquitaine, Dragoss Ouédraogo, le système éducatif du Burkina était déjà en crise avant la crise sécuritaire.

L’universitaire indique que le pays n’a pas encore atteint le niveau de l’éducation universelle tant souhaitée, le taux de scolarisation oscillant entre 73 et 81%. « Une masse d’enfants n’avait pas la capacité d’aller au collège par manque de places ou de moyens. Sous l’injonction des institutions comme la Banque mondiale et le Fond monétaire international, le Burkina Faso s’est désengagé de son rôle éducatif. Ces Programmes d’ajustement structurels ont approfondi la crise dans le système éducatif. On assiste à une privation rampante de l’éducation dans un pays pauvre », souligne-t-il.

D’après lui, la crise sécuritaire a approfondi la crise de l’éducation au Burkina. A titre illustratif, il cite plus de 6483 écoles fermées dans les régions du Nord, du Centre-Nord, de l’Est, du Centre-Est, de l’Est et de la Boucle du Mouhoun avec plus de 40% du territoire sur le contrôle des groupes armés terroristes. Selon l’universitaire, cette crise dans le secteur de l’éducation ne peut être résolue sans que la crise sécuritaire ne soit réglée. Pour sa part, Dragoss Ouédraogo appelle les populations à « continuer à se battre, à résister pour assurer le droit des enfants à l’éducation. »

Médecin biologiste à Poitiers, Dr Désiré Méda a analysé les effets de la crise sécuritaire sur les formations sanitaires au Burkina Faso. Le professionnel de santé précise que le Burkina est le pays africain le plus touché par le terrorisme. Le pays concentre à lui seul les 2/3 des personnes déplacées internes du Sahel, souligne le médecin.

« Le système de santé du Burkina Faso était déjà précaire avant la crise sécuritaire », débute-t-il. Pour objectiver son propos, Dr Méda souligne qu’à l’orée de la Covid, le Burkina ne disposait que d’une dizaine de lits de réanimation. Et de poursuivre : « Au Burkina Faso, les ménages paient environ 35% des dépenses en santé contre 7 à 9 % en France. Aujourd’hui, on a 10 régions où l’accès aux soins est critique avec plusieurs centaines de structures de santé fermées ou fonctionnant à minima », diagnostique le médecin.  Il appelle à développer la « solidarité internationale pour que les populations ne se jettent pas dans les bras des terroristes. »

Le débat sur le départ des troupes françaises du Burkina Faso est revenu. Pour Dragoss Ouédraogo, la Russie est un pays impérialiste comme les autres puissances. « Le problème de nos peuples, ce n’est pas de changer de maître mais d’avoir leur pleine souveraineté. Faire partir les bases militaires, c’est bien. Parce qu’un pays occupé n’est pas souverain. Ce qui a été présenté comme un sentiment anti-français par des médias occidentaux ne l’est pas du tout. Les mobilisations constatées dans certains pays d’Afrique, c’étaient des mobilisations contre la politique africaine de la France. Ceux qui pillent en France, ce sont les mêmes qui oppriment les peuples africains. D’où la nécessité de renforcer la solidarité des luttes entre les peuples d’Afrique et les peuples de France », a interpellé l’universitaire.

Mohamed Ouédraogo

1 COMMENTAIRE

  1. Merci pour le briefing de la conférence.J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article.Je me pose des questions à savoir quelles actions le comité régional du MBDHP préconise pour protéger les droits de l’homme et du peuple en général et ceux des enfants en particulier ?Quels sont les perspectives du comité pour remédier à cette situation ?
    Merci

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