MALI :tortures sur militaires, la junte s’enfonce

Publié le jeudi 28 juin 2012

La junte malienne dirigée par le capitaine Hamadou Haya Sanogo, s’est rendu coupable de tortures sur des militaires acquis à la cause de l’ex président, Amadou Toumani Touré, a relevé Amnesty international dans sa déclaration en date du 26 juin 2012. Selon la même source, « les arrestations se poursuivent et au moins trois militaires ont été arrêtés au cours de la semaine passée. Le 15 juin, deux soldats, l’adjudant-chef Ezaï Guindo et l’adjudant Karfa Keita ont été arrêtés au camp de parachutistes de Bamako. Une troisième personne, le sous-lieutenant Youssouf Moussa Ouattara a été convoqué au camp de Kati où il a été arrêté ». que leur reproche-t-on ? « On ignore les raisons de leur arrestation et leur lieu de détention » précise l’organisation. Des militaires pro-junte torturant leurs compagnons d'arme anti-putschistes

Leurs conditions de détention auraient été inhumaines et la duré de leur détention a excédé le mois. Les hommes de troupe, séparés des officiers « ont été détenus durant plus d’un mois dans des conditions inhumaines : ils ont été enchaînés 24 heures sur 24 et maintenus dans une obscurité totale  », rapporte l’ONG. Sur les images diffusées par France24, on voit des militaires se faisant traîner par terre par d’autres, des hommes du seigneur Sanogo.

Sanogo dicte toujours sa loi  !

L’ONG rapporte toujours qu’Hamadoun N’Daou, homme d’affaires a eu pour seul tord d’être proche de l’ancien président Touré, ce qui lui a valu son arrestation le 9 juin 2012, à son domicile aux environs de 21 heures par des hommes en armes qui n’avaient aucun mandat d’arrêt. Il est détenu depuis lors au secret à la Direction générale de la sécurité d’État (DGSE, connue sous le nom de SE), un lieu de détention non officiel. Son avocat a multiplié les démarches pour avoir accès à son client sans succès.

Ces cas avérés de tortures sur d’anciens proches du président ATT interviennent au moment ou, encore bien des atermoiements et des tractations se font sur le dossier malien. Médiation Compaoré en panne, UA et son conseil de sécurité à l’ONU qui traînent les pieds pour adopter une résolution sur le Mali, le MNLA et Ansar Dine terrorisent dans leur zone d’occupation, le Nord qui pourtant est « la priorité » du capitaine Sanogo, seul homme fort du Mali d’aujourd’hui. Avec le trop de pouvoir et de personnalité qui ont été accordé au capitaine, on est tenté de dire que s’en est fini pour le Mali.

Wilfried BAKOUAN