La révolution égyptienne sera-t-elle enterrée avec Moubarak ?

Publié le mercredi 27 juin 2012

« A bas le pouvoir militaire » ou « Rendez-nous le Parlement » scandent les manifestants de la place Tahrir, au Caire en Egypte. En effet, depuis le 11 février 2011, départ de Hosni Moubarak, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) dirige le pays. Et cette dernière, depuis le 10 juin 2012 a dissous l’Assemblée nationale et s’est octroyé le pouvoir législatif. Conséquence : les Egyptiens ont réoccupé la place Tahrir. Ils y crient leur colère contre ce qu’ils appellent un « coup d’Etat constitutionnel ». Et le report de la publication des résultats de l’élection présidentielle envenime les choses. Les manifestants exigent donc que les généraux de l’armée remettent le pouvoir aux civils comme ils l’avaient promis. Ce transfert devait se faire au plus tard en juillet de cette année.

Selon le politologue français, Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherche sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, l’armée égyptienne prépare un trucage des résultats de la présidentielle du 16 et 17 juin au profit d’Ahmed Chafiq, ancien premier ministre de Moubarak. Aussi, le politologue croit savoir que les rumeurs sur la santé de Hosni Moubarak participent de cette démarche. Et dans ce cas, personne ne peut prédire ce que la commission électorale va annoncer comme résultat.

De toute façon la confiscation du pouvoir par l’Armée selon Balanche est un retour a une situation plus précaire que celle de l’ère Moubarak. La situation économique du pays s’est fortement dégradée au cours des derniers mois : 12 millions de chômeurs avec 40 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

 Ramata SORE