Simon Compaoré,Un de mes regrets : « n’avoir pas réussi à chasser les « bordels » de Ouaga »

Publié le lundi 26 novembre 2012

 

Simon fait ses tournées d’adieu. L’Evénement a eu le privilège de l’accueillir le 23 novembre à 18 heures. L’homme Simon, toujours égal à lui-même et visiblement heureux de l’excellente « sortie » qui l’attend et qu’il a préparé avec application. Mais Simon, c’est un Diesel, démarrage lent, mais quand il est lancé, l’arrêter devient problème. En tout cas, c’est une belle soirée que nous avons passée avec, le bientôt ex maire de Ouaga.

D’abord c’est lui qui prend la parole, pour faire l’historique de la Décentralisation. On voit bien qu’il n’est pas bon dans cet exercice. Mais quand vient le moment de parler de l’action communale, alors là, on retrouve l’homme, comme en lui-même. Avec les étudiants de Zogona ? Ça n’a pas été le parfait amour pendant les 17 ans de sa mandature. Ces jeunes qui lui ont régulièrement brulé son « goudron ». Et il explique comment, pendant le premier mandat, il est allé durement négocier avec l’agence française de développement pour réfectionner et prolonger le boulevard Charles De gaulle. Pendant les crises universitaires, malgré les risques, il est souvent allé sur les lieux, constater les incendies du goudron, qu’il a fait éteindre et se désoler de la destruction des feux tricolores. « J’aurais pu me faire tuer, avec une pierre sur la tête. Mais c’était plus fort que moi. Il fallait que j’aille voir ». Puis actualité oblige, il s’arrête sur l’affichage anarchique dans la ville. « il y a deux jours, à 4h30 mn du matin, je venais au bureau. Au rond point de la bataille du rail, j’ai vu que les gens avaient badigeonné tout le monument et collé partout des affiches. J’ai pas pu tenir. Je suis descendu et je me suis débrouillé pour monter, sur le monument (il a toujours ses béquilles). Quand les femmes qui balaient la rue m’ont vue, elles sont venues m’aider à arracher les affiches… » Nous lui faisons remarquer que c’est parce que les affiches n’étaient pas celles du CDP, qu’il s’est mis en rogne ? Il hésite un moment puis : « Justement c’était des affiches CDP… ». L’occasion d’aborder la campagne actuelle. Qu’est-ce que ça fait à Simon, hyper actif qui a été de toutes les campagnes depuis 1991 d’être aujourd’hui à la touche ? « Je ne suis pas responsable de la campagne, mais je participe. C’est pourquoi ma voix est enrouée. Je viens juste de prendre la parole à un meeting et j’ai rendez vous avec les jeunes de mon quartier. Je souhaite que mon parti gagne ». Que deviennent vos camardes Roch et Salif ? « On se voit et on se téléphone. Salif lui, il voyage beaucoup, mais Roch est là ».Où en êtes-vous avec le Front de refus CDP ? « (hésitation), rire… ». Simon Compaoré est revenu longuement sur l’épisode de la Cour des Comptes qui a épinglé les travaux de réfection de l’hôtel de ville. « Cette mise en cause m’a fortement blessée ». Puis il explique par le menu, comment il s’est résolu à réfectionner l’hôtel de ville, après une visite que le président Jerry Rawlings a rendu à la mairie. C’était à la première législature. Le bâtiment était dans un état piteux. « Je me suis dit, ce bâtiment n’est pas digne d’être la maison commune, d’une cité capitale ». A propos de la Cour des comptes, il pense qu’il faut revoir les procédures, en ce qui concerne les collectivités. « les procédures de l’Etat central sont longues, lourdes et inadaptées ». Malgré tout il fallait faire la réfection de l’hôtel de ville « Je suis fier, parce que je ne vais pas transporter cet hôtel de ville à Gounghin (NDLR : son quartier) ». De tout ça, il a promis s’expliquer plus longuement, lors des points de presse, dont il a déjà imaginé les formats. Ce Simon là, nous manquera, incontestablement. C’est le plus heureux de la quatrième République. Il nous a quand même confié les deux regrets de sa mandature : « n’avoir pas réussi à mettre de l’ordre dans les pompes funèbres et n’être pas parvenu à éradiquer les bordels  ». De L’Evénement à qui il a rendu visite, pour la première fois, il a été élogieux. Germain lui a bien rendu la pareille. Tout notre combat vise à l’avènement et à la banalisation de telles occurrences dans notre pays.

Wilfried BAKOUAN