Basket ball : Blocage net en plein vol !

Publié le jeudi 18 juillet 2013

Rien ne va plus entre la Fédération burkinabè de basket et les clubs. A l’origine de la bagarre, une affaire d’argent. Mais un autre nœud vient de rendre plus complexe cette affaire. Pendant les clubs de Bobo réclament de l’argent ceux de Ouaga viennent de lancer une nouvelle réclamation : des victoires sur tapis vert contre les clubs de Bobo boudeurs lors de la 2e journée du championnat. Pas sûr que Bobo l’accepte.

Voilà maintenant trois semaines que dure la crise au basket privant les amoureux de la discipline de spectacle

La Fédé de basket et ses clubs semblent « avoir porté un pantalon à un pied » pour ne pas dire qu’ils sont dans la brouille totale. Le président Baki …..et les clubs ont commencé à ne plus parler le même langage quand la faitière de la balle au panier nationale a décidé de fixer à 200 000 F CFA les frais de prise en charge des clubs devant se déplacer pour jouer le championnat. Calculette en main, les clubs de Bobo ont rapidement vu que la somme était loin de suffire pour couvrir les frais de leur déplacement. Une équipe comptant 15 personnes, rien que le transport en aller-retour Ouaga-Bobo coûte 180 000 F CFA. Les équipes doivent prendre dans les 200 000 F CFA pour couvrir cette charge et après se restaurer, se loger ! Le compte, il faut l’avouer est loin d’être bon. Mieux, la Fédé, dans un souci de réduire les charges a pris la résolution de faire jouer deux matchs à chaque journée. En clair, lors des déplacements, les équipes doivent jouer deux fois ce qui les oblige à passer au moins deux nuits. Comment peut-on assurer le déplacement, le gîte et le couvert de 15 personnes sur Bobo et pendant trois jours ? Le président Baki et son équipe répondent « yes, we can » ! Dans la tête des membres fédéraux, la subvention versée aux clubs n’est pas censée couvrir l’entièreté des dépenses liées au championnat. Logique ! Dans les cas où les choses fonctionnement très bien, la structure fédérale n’apporte qu’une aide financière à ses membres. Après, libre à chaque équipe de prendre ses initiatives afin de se trouver des ressources devant lui permettre de faire face à ses besoins. Sauf que dans le contexte burkinabè, la normal n’existe plus. Le sponsoring, source de financement des clubs a tari. Les cotisations des supporters relèvent de la science fiction. Cela est d’autant plus vrai que les clubs de football d’ordinaire les plus gâtés manquent de tous chez nous. Imaginez la difficulté alors d’un club de basket ball ! Mieux, un club de basket ball de Bobo-Dioulasso ! Ce n’est pas pour rien si ce sont les bobolais qui ont été les premiers à repousser l’offre de 200 000 F CFA. Le manque des clubs de Ouaga est multiplié par deux à Bobo. En plus, à Ouaga nombre de clubs sont adossés à des sociétés qui assurent le minimum. La SONABEL, la SONABHY, l’EFO…disposent de cars personnels et un appui financiers d’un sponsor qui complète la subvention accordée. Tel n’est pas le cas à Bobo. On comprend alors que les clubs de Ouaga se soient déplacés à Bobo pour la 2e journée. Nous ne félicitons spas les clubs de Bobo qui ont purement et simplement boudé les matchs. Leur comportement à rendu complexe la crise. Ce qui n’était qu’une simple affaire d’argent est devenu une affaire technico-sportive. En effet, les clubs de Ouaga ont fait le déplacement de Bobo pour s’apercevoir une fois sur place qu’ils n’auront pas d’adversaires. Du coup la question qui se pose est de savoir à qui revient le gain du match ? Les clubs de Ouaga, sur la question ne veulent rien entendre. Ils pensent avoir empoché les six points de l’ensemble des deux matchs que chaque équipe devait jouer ! Evidement, Bobo ne l’entende pas de cette oreille. Car les clubs de la ville de Sya peuvent se défendre d’avoir prévenu la Fédé par écris qu’ils refusaient les 200 000 F CFA. Bien qu’averti la Fédé n’a pas daigné donner réponse. Pour toutes réponses, elle a programmé les matchs de la journée à Bobo. Dans ce contexte, qui est responsable de la non tenue des matchs ? Dans les normes, des discussions préalables devaient être ouvertes afin de permettre à la Fédé et aux clubs révoltés de trouver un terrain d’entente. Mais en lieu et place, le président de la Fédération se serait engagé verbalement d’apporter un complément et ce, à titre personnel, aux clubs de Bobo afin de pouvoir supporter les besoins. Sans doute que cet engagement n’a pas convaincu les Bobolais qui l’ont fait savoir en boudant les matchs. A présent, la situation est doublement complexe. D’abord il faut trouver l’argent nécessaire ensuite trancher sur le gain des matchs avortés ! Trois semaines sont déjà passées sans que la fédé n’ait une solution à proposer. Et pour ne pas faciliter la tâche, les clubs de Ouaga ont averti que tout arrangement financier qui ne prendrait pas en compte les clubs de Ouaga sera repoussé par eux. Un calcul rapide démontre qu’il faut sortir près de 10 millions de F CFA de « la poche personnelle » du président comme il l’a promis pour combler le déficit et servir les 500 000 F CFA réclamés et pour l’ensemble de clubs ! Mais diable pourquoi le basket ball est-il devenu subitement cher ? La fédé de Joachim Baki l’a voulu ainsi. C’est elle qui a décidé de changer la formule qui voulait que les clubs de Bobo jouent entre eux et que ceux de Ouaga le fassent également dans le cadre de matchs de poules. A l’issue de cette phase de poule, les deux meilleurs de chaque groupe vont alors accéder au carré d’as. Cette ancienne formule avait le don de ne pas coûter cher. Le regroupement n’inter vient que pour les matchs du carré d’as. A contrario, le niveau n’était pas très bon car on retrouvait n’importe qu’elle équipe dans le championnat zonal de sorte que des scores ridicules (70-12 ou 130-8 !) étaient enregistrés. Cette situation n’est pas en adéquation avec la volonté de construire un basket ball compétitif de la nouvelle fédé. Elle a alors innové. Déjà, il y a eu un tri. Seules 8 équipes évoluent en D1. Et ces 8 équipes (installées à Ouaga et Bobo) vont jouer en aller retour la première phase. La deuxième ne va intéresser que les 4 meilleurs. Ce n’est qu’après que la finale va se jouer en 3 matchs ! Une telle formule de championnat ne peut que sortir des joueurs aguerris. Sauf que la fédé a oublié le coût. Le projet le plus viable est celui qui peut-être aisément financé. Là, c’est raté ! Le coût de cette nouvelle formule est hors de la portée des clubs et de la Fédération d’où le blocage. A présent, il faut plus d’un tour au prési Baki pour sortir de là. Dommage pour une Fédération qui avait amorcé son décollage et qui a qualifié le Burkina, pour la première fois à l’Afrobaket, la CAN du Basket.

J J Traoré 


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