Etalons : Une crise pour rien !

Publié le mercredi 3 juillet 2013

Comme un grand garçon, le football burkinabè s’est fabriqué une crise pour rien ! La nouvelle qui a secoué le microcosme footballistique burkinabè le week-end du 21 au 23 juin consécutive à l’annonce de la démission du coach des Etalons, Paul Put a semé un malaise à un moment où les feux semblaient au vert.

« Un enseignant vaut mieux que Paul Put » oui incontestablement un « médecin, vaut mieux que Paul Put ». Ce n’est pas qu’au Brésil seulement qu’on dira qu’un « enseignant vaut mieux que Neymar » du nom de cette vedette du football du pays de Pélé pour qui tous les clubs huppés de l’Europe sont prêts à casser leur tirelire pour l’avoir. Voilà le sentiment que l’exigence de revalorisation de contrat de Paul Put me suscite. Car in fine, au lieu de démission comme annoncée par nos confères de l’Observateur Paalga et le Pays dans leur livraison du vendredi 22 juin, le coach a demandé que sa fiche de paie soit revue et que les zéros après le premier chiffre qui est lui, positif soient multipliés ! Enfin, c’est la version officielle apportée par le président de la Fédé. Le colonel Sita Sangaré fait de la communication ? Autrement dit, tente t-il de justifier une situation cocasse ? Loin de nous la volonté de vouloir mettre en doute sa version. Mais dans la cour du roi foot, rarement il y a une fumée sans feu. Nous avons la faiblesse de croire que la nouvelle portée par nos confrères n’est pas partie du néant. Et si Paul Put avait réellement fait courir l’information dans le seul but de se faire écouter ? Il est établi que sa revendication salariale date de l’après CAN. Dès le retour de la CAN, il a cherché à marchander son exploit. C’est de bonne guerre me dira-t-on mais nous y reviendrons. Sa revendication est restée sans suite. Pour donc faire évoluer les choses, il a décidé d’un débrayage à sa manière. C’est ainsi, nous croyons que nous en sommes arrivées à cette situation de démissionnera ne démissionnera pas. La médiatisation de l’affaire va accélérer les discussions, qui selon nos sources seraient très prometteuses. Mais prometteuses pour qui ? Bonne question ! Si le coach Put parvient à bonifier sa solde, c’est lui qui tirera profit de la situation.

Nous comprenons sa revendication. Son salaire serait compris entre 13 000 et 15 000 euros (environ 8 500 000 et 9 800 000 F CFA) le mois. Comparé à celui de que le même Burkina servait à Duarté pour le même travail entre 35 000 et 40 000 euros (environ 26 000 000 de F CFA), c’est du simple au double. En plus, le monde de foot est tellement versatile que quand on a le vent en poupe, il faut en profiter. En plus, Put est conscient de son âge, il a 57 ans. Il sait qu’il ne peut plus travailler assez longtemps. On ne peut pas lui en vouloir de chercher à améliorer ses vieux jours. En plus, des pays, depuis son exploit avec les Etalons ne cessent de lui faire un appel du pied. La Gambie, son ancien pays d’adoption souhaite son retour. La RD Congo lui propose un chèque blanc pour l’enrôler en lieu et place de Claude le Roy qui vient justement de jeter l’éponge. Quand on a de telles opportunités en face, il est difficile de se jouer les sentimentaux. Pour nous, Paul Put a juste été maladroit en demandant une augmentation. Nous l’aurons compris s’il annonçait son départ. Il aura fait le choix de l’argent. Mais nous avons l’impression d’assister à un chantage. Il veut continuer avec le Burkina avec les conditions d’un autre pays. Il est vrai que si le Burkina a pu servir un salaire beaucoup plus important au prédécesseur de Paul Put, il devait pouvoir le faire aussi pour le coach actuel. Mais disons-le, un célèbre coach de football aimait à dire que « c’est le malade qui choisit son cri ». Chaque coach détermine son prix. Paul Put ne valait que moins de 10 millions quand on le prenait. Il était au chômage, il était dans la rue même au Burkina Faso logé par des amis. C’est comme tel qu’il a été employé. Et pour nous, un contrat, c’est un contrat. Nous l’avons déjà écris. Et même si l’histoire, fort heureusement ne nous a pas donné raison, en lui faisant signer un bail de 3 ans, le Burkina prenait le risque. Si les résultats étaient catastrophiques, c’est nous qui devions payer au prix fort. Car il fallait le libérer contre un gros chèque. Et comme pour une des rares fois, le sort a décidé d’être clément avec nous, nous comprenons difficilement que le coach veuille nous ramener derrière. Si Paul Put savait qu’il avait plus de valeur que celle de son contrat, il n’avait qu’à introduire une clause qui prévoit une hausse de salaire en cas de succès. Mais nous avons de la peine à accepter une révision de contrat en cours d’exécution parce que les résultats sont excellents. Honnêtement, nous pensons que la situation frise même l’injure. Le Burkina, malgré le petit salaire que nous servons à notre coach nous l’avons engagé pour gagner non pour perdre. Les choses se présentent comme si « les petits millions » qu’on sert au coach ne correspondent qu’à la défaite et comme le succès est là, il faut un salaire plus important. Nous disons non ! Put doit dignement conduire son contrat à terme. Il peut partir s’il le veut. Mais il nous restera redevable de deux ans de salaire à payer pour rupture abusive de contrat. Nous ne disons pas que Put ne mérite pas plus. Ses résultats parlent pour lui. Mais le Burkina aura du mal à se regarder dans un miroir s’il cédait. Déjà par principe. Ce n’était pas prévu. En plus, les enseignants, médecins et autres infirmiers ont observé des mouvements de grève sans que leurs revendications, pour ce qui concerne le plan salarial ne connaissent l’amélioration voulue. Il est vrai que nous n’allons jamais cesser de dire merci à Put et aux Etalons pour la joie qu’ils nous ont fait vivre en début d’année. Mais un enseignant vaut mieux que Put. Un médecin aussi. L’avenir de nos enfants, de la Nation en dépend. Le manque de soin peut occasionner des morts. Mais le départ de Paul Put ne « peut tuer le Burkina ». Dommage que cette affaire soit portée sur la place publique. Assurément l’image de Paul Put ne sera pas épargnée. Mais nous crayons aussi que le prochain match des Etalons ne soit victime. Une affaire de vrai faux départ de coach, ça perturbe toujours. Gageons que des discussions naissent un compromis qui atténuera les effets pervers d’une telle annonce. C’est la dernière prière à faire !

J J Traoré


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