Grève du SYNTSHA : Les calculs d’apothicaire du gouvernement

Publié le dimanche 30 décembre 2012

La technique est vieille comme le monde. Aligner les chiffres pour déconsidérer les revendications salariales. C’est ce que le gouvernement veut faire avec le SYNTSHA. Mais pour que cela prenne, il faut que la sobriété soit la chose la mieux partagée par le gouvernement lui-même.

 

Cette thèse est éculée maintenant. Personne ne se laisse plus prendre au jeu. En réponse aux revendications légitimes des travailleurs de la Santé, le gouvernement a cru mettre l’opinion de son côté en alignant les chiffres et les incidences financières que la revendication aurait sur le budget national. Sur les trois points de revendication, l’incidence serait de plus de 6 milliards de francs cfa. Plus exactement de 6 760 296 000 f cfa. Ramené à nos réalités, c’est une somme énorme. Sauf, qu’en la matière, les sacrifices ne sont pas demandés à tous de la même façon. Prenons les choses simples. Combien coûte l’essence que Assimi Kouanda, le directeur de cabinet du président, utilise pour se rendre aux activités du CDP, dont il est par ailleurs le secrétaire général ? Combien à coûté la campagne du CDP, durant le scrutin couplé qui a eu lieu le 2 décembre ? Les chiffres qui ont été avancés seraient de l’ordre de 7 milliards de francs. Où ce parti a-t-il trouvé autant d’argent ? Le ministre de la Santé, le professeur Traoré était candidat chez lui. Combien d’argent public a-t-il dépensé pour cette campagne politique infructueuse ? Le rapport de l’enquête parlementaire a épinglé Alizeta Gando, pour la réalisation de la route Ouaga Sakoinsé. Les avenants dont elle a bénéficié et dont elle continue de bénéficier s’élèvent à plus de 10 milliards. Des années après, les travaux de cette route ne sont pas encore terminés, avec de probables avenants, qui ne seront pas annoncés aux citoyens.

Ce gouvernement est malvenu de donner des leçons de sobriété aux travailleurs. Est-ce que demander 30 000 f cfa par mois, comme indemnité de garde est vraiment hors de portée, dans un pays où l’indemnité journalière du député est du même montant ? En ce qui concerne l’indemnité de risque, il est devenu évident qu’on ne peut plus la refuser au personnel de la santé. L’exigence d’imputabilité est en train de s’enraciner avec des risques de peines pénales. Pour exiger du personnel de la santé de rendre des comptes, quand il fait mal son travail, il faut nécessairement que cela s’accompagne d’amélioration de ses conditions de travail.

Et puis l’argument du gouvernement oublie de dire que pour la plupart de ces charges nouvelles, les ressources générées par les paiements des prestations à l’hôpital permettent de les couvrir, en partie ou en totalité.

 

 NAB


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