Colère à l’ONATEL : Les agents multiplient leurs actions

Publié le dimanche 30 décembre 2012

Ils avaient annoncé que si leur patron Morchid ne revenait pas à la raison dans un délai qu’eux-mêmes n’avaient pas donné, la réplique n’allait pas tarder. Et, voilà ! Ça n’a pas tardé à arriver malgré les tentatives d’appel au calme que leur ministère de tutelle leur a fait, à la demande de la direction de la société, les travailleurs ont marché pour transmettre au Premier ministre leur mémorandum.

Ce document pourra permettre au PM et à ses structures techniques d’appréhender les difficultés au sein de l’entreprise. C’est pour donner à l’autorité une idée claire de tous leurs problèmes, que le mémorandum a été remis au Premier ministre, représenté à l’occasion par son conseiller technique Poda Lata. Cette colère des travailleurs de la première société de télécommunication du Burkina, s’est traduite tout au long de la marche par des slogans évocateurs. « Morchid, on veut pas », « non à la fraude fiscale et financière entretenue », « non au mépris des collaborateurs de l’ONATEL », « non à la présence des faux experts à l’ONATEL et à la qualité de services désastreuse », « Oui au décret présidentiel sur la prime d’ancienneté », autant de slogans qui fustigent le dysfonctionnement de certains compartiments de la société liés à l’implication des travailleurs expatriés qui ne sont pas experts mais qui ont le dernier mot en terme de décision professionnelle sur les expérimentés locaux. Souleymane So SG du Synatel a pris la parole après la marche pour expliquer que dans le service, les « personnes ressources » sont au-dessus de l’expertise locale. « Les techniciens des ressources humaines n’ont pratiquement pas de travail, du fait que ce sont les marocains qui n’ont pas la compétence requise en terme de ressources humaines qui prennent les décisions dans ce département ». Sans plan de développement, les travailleurs de l’ONATEL se convainquent, que la gestion « Morchidienne » est un sabordage de l’entreprise, qui de leur avis est un patrimoine national, et d’en appeler à l’implication de l’Etat dans sa gestion.

 

D’action en action

 

L’acte1 du samedi 15 décembre passé, les travailleurs ont répondu à l’appel à la grève de leur syndicat les 20 et 21 décembre. Toutes les portes de l’entreprise ont été barricadées. La bourse du travail a servi de refuge pour les télécommunicateurs. Souleymane So est confiant quant au succès de la grève. « Tous les bureaux sont fermés et les gens convergent à la Bourse du Travail » et, sur toute l’étendue du territoire, les télécommunicateurs ont arrêté le travail. Seules les machines qui disposent d’une autonomie de fonctionnement sont restées en état de marche durant les 48 heures.

Les travailleurs promettent d’autres actions à venir, si « la direction qui n’a pas mieux trouver à faire que de demander un changement de médiateur (ARCEP) ne revoit pas sa position sur les primes d’anciennetés ». Le médiateur dans ce conflit ouvert entre travailleurs et patron à l’ONATEL est, en effet, l’Autorité de régulation des communications électroniques (ARCEP). Face à l’avis de l’ARCEP qui a proposé de payer les primes d’ancienneté, la direction a jugé bon de changer de médiateur, l’ARCEP n’étant pas de son côté. Les 20 et 21, l’entreprise s’est vidée. Nous avons demandé si la direction générale était là. Le constat est que le bureau du DG était fermé, ainsi que celui de ses collaborateurs compatriotes.

Maintenant que les travailleurs ont engagé la lutte pour le payement de la prime d’ancienneté, la direction va –t-elle se plier aux exigences de ceux-ci ? La part des actions de l’Etat Burkinabè qui est de 29% pourra t-elle l’obliger à être plus regardant sur la gestion de cette structure, que les travailleurs eux-mêmes qualifient de « mafieuse » ?

 

WB


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