FITMO 2012, une première fois sans le pr Guingané

Publié le vendredi 16 novembre 2012

Il s’était fait un nom à l’évocation duquel l’imagination tournait vers le théâtre et les arts du spectacle. C’était un Monsieur du domaine qui était respecté aussi bien chez lui au Faso qu’aux delà des Océans, car il faisait ce qu’il aimait avec maîtrise et dextérité. Hélas ! Il allait disparaitre définitivement de la scène de la vie (La vie est un théâtre !) le dimanche 23 janvier 2011 dans la stupéfaction générale. Dur à croire surtout qu’à 63 ans, Jean-Pierre Guigané qui a fondé la première troupe théâtrale privée du Burkina Faso en 1975, (le théâtre de la fraternité) avait encore beaucoup de choses à apporter à la jeune génération. Entre amour, travail et persévérance Jean-Pierre Guigané a su amener le théâtre Burkinabè sur des scènes internationales. Professeur titulaire des universités, il a produit de nombreux écrits, mis en scène plusieurs pièces théâtrales, ce qui lui a valu de nombreuses distinctions honorifiques et des responsabilités tant au niveau national qu’international.

Lors de sa 11ème édition du 25 octobre au 03 novembre 2007, avec pour thème « Théâtre et culture de la paix » le FITMO était devenu le Festival des arts du Burkina grâce à lui. En plus de l’aspect décentralisation qu’il avait mis en avant pour faire bénéficier au Burkina profond les bienfaits du spectacle des planches, Jean-PierreGuingané a tenu à mettre tous les arts en mouvement autour du théâtre. Les communes et leurs élus locaux ont aimés, il faut donc entretenir la flamme et ne pas décevoir les espoirs et l’esprit du Père.C’est ce qu’ont compris Claude Le fils et Mandé le collaborateur de toujours. Faire vivre le FITMO c’est faire revivre son géniteur Guingané. Le défi est grand et la volonté haute. Vu la solidarité qui règne dans le milieu des arts et de la culture, le jeu est jouable. Cette nouvelle équipe sur laquelle plane l’âme du père a besoin de soutien. Certains partenaires le pensent aussi, d’autres hésitent, et veulent des preuves. Les maçons sont attendus au pied du mur qu’ils s’apprêtent à construire. Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. Sans être bailleurs de fonds, il suffit juste de participer aux festivités qui se déroulent du 22 novembre au 17 décembre 2012 à Ouagadougou, au Mali, au Togo et au Niger et dans huit communes et deux arrondissements du Burkina. « Education artistique et développement culturel en Afrique » un thème porteur pour des ambitions bien mesurées. Le dernier FITMO-Festival des arts du Burkina qui a eu lieu début 2010, avait déjà été délocalisé au Mali et au Niger. Très dynamique, Jean-Pierre essayait à chaque édition d’ajouter une touche originale à la fête, entre réflexion constructive et distraction festive. Ses héritiers ont retenu la leçon. Le Festival a 23 ans, est sorti de l’adolescence depuis belle lurette. A voir le programme de la présente édition du FITMO/FAB, la première sans le père-fondateur, on est en droit de penser que le départ est bien pris. Que la fête soit belle !

Par Ludovic O KIBORA



Commenter l'article (0) envoyer l'article par mail envoyer par mail