CAN 2013 : Comment Paul Put peut devenir un héros

Publié le vendredi 16 novembre 2012


L’euphorie suscitée par la qualification des Etalons retombée, il est plus que jamais temps de se concentrer sur la phase finale de la CAN 2013. L’impérieuse nécessité tient du fait que les phases finales ne semblent pas nous réussir. En 9 participations, les Etalons, mise à part l’édition de chez nous courent toujours après une victoire. Au hit parade des pires palmarès, difficile de faire mieux ! Juste une victoire, une toute petite et seule victoire et la cuvée auteur de cet exploit entrera dans l’histoire ! Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Et si le coach Belge, Paul Put que nombre d’entre nous a refusé d’accueillir à bras ouverts devenait le héros ? Ce coach, à notre sens va à la CAN avec moins de pression que les autres. En cas d’échec, on dira « de toutes les façons, on n’attendait pas plus avec lui ». C’est dire que malgré la qualification, on attend toujours de voir. Laissé à lui-même dans une situation de cabri mort, le Belge peut surprendre. Il a les conditions idéales pour y arriver. Il lui appartient de savoir manœuvrer. Déjà, il doit reprendre de l’autorité. Selon nos sources, Paul Put ne se voyait plus à la tête de l’équipe nationale du Burkina après la phase des qualifications et ce, quel que soit le verdict du dernier match. En fait le technicien belge songeait même à jeter l’éponge. Pour cause, il ne serait pas content de ses conditions de travail. Il faut avouer qu’on n’a pas besoin d’être dans le secret des dieux pour savoir que les Etalons de Paulo Duarte et les Etalons de Paul Put n’avaient de lien que le prénom des coachs. Les conditions de travail que le Portugais avait obtenu ne sont pas les mêmes que ceux de Put. A un regroupement, les Etalons sont venus au stade du 4 Août dans le car-Etalons sans climatisation. Ce même car-Etalons, Duarte l’ayant trouvé indigne du transport de son équipe avait obligé son employeur à l’affecter à une toute autre exploitation que le transport de ses Etalons. Pour devenir un héros national, le Belge Paul Put se doit de reprendre la main au niveau du staff technique. Ce n’est plu un secret de polichinelle.

Le bateau de l’encadrement technique des Etalons tangue du fait du manque d’un capitaine. Nous l’avions écris lors de la combinaison sortie d’un chapeau qui mettait en scelle Sid Napon et Paul Put dans les rôles de coach adjoint et coach titulaire. Deux techniciens qui ont chacun postulé au poste d’entraîneur titulaire sont incompatibles pour travailler ensemble. Après tout, en venant, chacun avait sa vision. Laquelle des deux visions va-t-elle prendre le pas en cas de fusion des deux candidatures ? L’histoire nous donne hélas raison. A présent, il faut gérer la situation. Et là, nous pensons qu’il ne faut pas faire dans le sentiment. Entre les deux, la cohabitation ne sera pas une mince affaire. Pourquoi ne pas redéployer l’un ? Le ménage du couple Napon-Put est mal perçu par les joueurs eux-mêmes qui réclament, à défaut du divorce, la séparation de corps. L’autre priorité du staff technique est de maîtriser le groupe Etalons. Au plan technique, Paul Put doit vite avoir son équipe type. L’utilisation de nouveaux joueurs après chaque match n’est pas la meilleure manière de construire un groupe victorieux. Mais le plus gros défi sera la gestion du stage de préparation. Les longues périodes de retrouvailles qu’on croyait aider les Etalons à s’intégrer, à consolider l’esprit famille font plutôt effet inverse. A la fin des longs regroupements, les vieux démons reprennent chaque fois position dégainant et flinguant dangereusement. Conséquence, les Etalons arrivent à la phase finale divisés par de petites tensions mal contenues ou mal gérées. C’est par là qu’il faut commencer. Le groupe actuel a du potentiel. Au moins gagner un match ne relève pas de miracle pour lui. Mais encore faut-il qu’il soit dans les conditions morales pour y arriver. Le rendez-vous de l’Afrique du Sud est symbolique. En 1996, c’est par là que la renaissance du foot burkinabè a commencé. C’était la toute première vraie participation du Burkina à une CAN. Au préalable, c’était en 1978, notre pays avait été repêché en remplacement de la Côte d’Ivoire pour jouer la CAN du Ghana.

Et c’était la toute première participation. Donc le rendez-vous Sud-africain est chargé d’histoire. Notre participation avait été chaotique. En plus, la Zambie ne s’était pas privée de nous envoyer dans le fond de l’abîme. 17 ans après, l’histoire nous replace au même endroit avec dans notre groupe la Zambie. Depuis, 96 le malheur nous suit. Les dieux du foot nous donnent aujourd’hui l’occasion de réécrire les pages de l’histoire. Notre football veut-il décoller ? C’est là qu’il faut corriger l’histoire, prendre un nouveau, un bon départ. Si Paul Put et sa bande y parviennent, ils deviendront naturellement les héros. Mais il faut comprendre que la tâche est loin d’être acquise. Les Etalons sont logés dans un groupe piège. Sans être difficile, il propose des collines. Le Nigéria, est comme une hyène. Même mort, il reste une puissante Nation de foot. En plus, le Burkina développe un complexe face au Nigéria tant les Super Eagles ont fait souffrir notre onze national sur les pelouses. Aujourd’hui le contexte a évolué. Les mêmes acteurs ne sont plus là. Mais une attention particulière est requise. La Zambie incarne le mauvais souvenir du Burkina. Nous l’avons déjà dit. En plus, l’équipe Zambienne a son titre de champion d’Afrique à défendre. Même l’Ethiopie n’est pas pour nous un morceau viandé.

L’Afrique du Sud est un passage que nous qualifieront avec beaucoup de spiritualité de délivrance pour nous. Mais cette CAN peut-être aussi une déception si on ne prend garde. Vous êtes avertis !

Par J J Traoré

 



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