Championnat d’Afrique de cyclisme 2012 : Organiser juste pour apprendre

Publié le vendredi 16 novembre 2012

La crème du cyclisme africain est à Ouaga. Depuis le 6 et ce, jusqu’au 11 novembre, les rois de la saison sont intronisés chez nous à Ouaga, la capitale des deux roues. Tous les dignitaires de la discipline exception faite du Maroc (qui aurait des problèmes de paiement de ses cotisations à l’UCI) ont répondu à l’appel du Burkina qui, sans battre le record de participation a pu intéresser tout de même 22 Nations. L’Erythrée, l’Algérie, l’Egypte, la Namibie, l’Afrique du Sud, Tunisie… constituent les locomotives du cyclisme africain. Imperfection. Au départ, le premier jour de la course du « Contre la montre par équipe » les Sud-africains ne seront pas au départ. Raisons, ils sont arrivés sans leurs vélos égarés dans l’avion ! Très motivés, ils vont chercher une solution locale. Mais grande sera leur surprise de constater que les montures qu’on dit hit-tech chez nous ne datent que de l’âge de la pierre taillée. Les Burkinabè voulaient leur offrir des vélos, mais les Sud-africains ont compris qu’avec de telles montures, ils partaient pour être derniers. Ils ont préférés ne pas prendre le départ. Les Burkinabè eux-mêmes se sont présentés sur les lignes des départs équipés de ces vélos indésirables pour les sud-africains. Au verdict de la première épreuve, le Burkina loupe de peu le podium, les Etalons cyclistes se classent 4e derrière sur des vélos dépassés. Chez les dames, les Etalons échouent au pied du podium.

Ils sont les rois de l’Afrique. Il ya longtemps que les Erythréens dominent le continent sans partage !

Le premier jour des championnats a été positif pour le Burkina Faso. Mais au 2e jour, ce sera la douche froide. Les moins de 23 ans burkinabè sont pulvérisés sous les coups de pédales des autres. Ils arrivent 8e sur 9. Le 3e jour, à la course du contre la montre individuel, ce fut une belle bagarre ! A vélo, tout seul faire au compteur 48 voire 49 km heures est vertigineux. Pourtant, Sud-africain, Erythréen, Ethiopien l’ont réalisé. L’Ethiopien, Tsgabu Grmay, l’Erythréen, Daniel Teklehaimanot…………, ont fait forte impression. Derrière, les Burkinabè, Salfo Bikienga et Seydou Bamogo broient du noir. L’Ivoirien Issiaka Cissé parvient à forcer le respect de Ouaga. Il arrive 11e chez les élites contre 20e au premier Burkinabè. Mais il faut réaliser que l’Ivoirien n’a pas pris le départ équipé de n’importe quel vélo. Sa bicyclette coûte 7 millions de F CFA. Et pendant que les deux coureurs burkinabè crevaient à souhait, l’Ivoirien s’envolait. Le bilan sportif du Burkina n’est pas reluisant. On ne s’attend pas non plus à un miracle des Etalons lors de la dernière épreuve, la course en ligne qui va mettre en compétition l’élite le dimanche 11 novembre sur le Boulevard Charles De Gaule. Mais pour nous, il fallait organiser ces championnats d’Afrique. C’est au contact du plus fort que réalise son niveau réel. Le Burkina s’en est aperçu. Il a encore des progrès à faire. Le niveau « pro » est encore loin, bien loin devant.

 

J J Traoré


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