Cyclisme : Le vélo burkinabè revit, le Tour du Faso se meurt !

Publié le vendredi 2 novembre 2012

Le Burkina est en passe de gagner son 2e Tour du Faso. Mis à part les années de la pierre taillée de l’épreuve où la compétition se déroulait entre pays membres de la CEDEAO dominés de la tête aux pieds par la génération dorée de Sana Ilboudo, Zongo Sayouba, Ernest Zongo…et autres Karim Yaméogo, jamais les coureurs burkinabè n’étaient rois chez eux. Mieux, partout où passent les Etalons, ils forcent respect et admiration.

Le Cameroun en sait quelque chose. Ce n’est pas pour rien qu’il ne veut plus inviter les cyclistes burkinabè à leur Tour. Pour eux, pour éviter l’humiliation que les Etalons vont certainement leur infliger sur leurs terres il faut les éviter. Le Tour du Cameroun de l’année dernière qui a suivi l’édition que les Etalons ont gagné, le pays organisateur a royalement évité les Etalons-cyclistes. La presse locale ne l’a pas accepté. Face aux critiques, les organisateurs des compétitions cyclistes camerounais mettent cette fois-ci la forme. Ils invitent les Etalons au Grand prix Chantal Biya. Mais ils prennent des billets d’avion où les Etalons n’arrivent que 2 jours après le démarrage de la compétition. Dans ce cas, ils peuvent, comme le stipule le règlement toujours prendre le départ mais ils seront classés d’office dernier de la course ! Autant dire que le Cameroun ne voulait pas du Burkina encore. Bref, l’anecdote indique clairement la belle forme du moment des Etalons. A preuve, sur ce Tour du Faso 2012, les Etalons ont quasiment tout raflé. Et ce n’est pas faute d’adversaire de taille. Au sein de l’équipe Belge, on compte le champion junior de ce pays de l’année dernière. La Hollande est costaud. Et que dire de l’Algérie, ces cannibales du vélo font autorité sur le continent. Malgré tout, Rasmané Ouédraogo est souverain. Il est porté à bout de bras par une équipe du Burkina tactiquement mature. Vraiment, on est fier d’être burkinabè sur ce Tour. Et incohérence de l’histoire, le Tour du Faso connait des moments difficiles. C’était un peu au rabais. Comment le comprendre ? Comment l’accepter ?

Cette compétition, organisée 26 fois sans interruption semble vivre son crépuscule. Déjà, l’organisation de la présente édition a été faite avec peine. Pour comprendre l’organisation de la compétition, il faut savoir que le budget du Tour du Faso est alimenté par le budget de l’Etat, à hauteur de plus de 100 millions de F CFA. L’épreuve a besoin d’environ 350 à 400 millions pour bien tourner. Le reste est attendu des sponsors. Or malgré un Francis Ducrueux pour qui arracher de l’argent à un partenaire n’a plus de secret, très actif, malgré la bonne forme du vélo national, il n’y a plus du monde au balcon des sponsors. Incroyable ! Le Tour du Faso, la vitrine du Burkina au même degré que le FESPACO, le SIAO. En plus, le Tour du Faso fait des envies dans la sous-région et même en Afrique. Il est la locomotive du cyclisme africain. C’est l’unique compétition de référence sur le continent. Tout le monde veut venir au Tour du Faso. Tous se préparent pour. Pour rentrer dans l’histoire, la Côte d’Ivoire a envoyé en Suisse son coureur le plus en jambe, Issiaka Cissé pour 6 mois de stage avec en ligne de mire le Tour du Faso 2012. Le Tour du Faso, disons-le a besoin d’une cure de jouvence. Les exploits de nos coureurs cyclistes le recommandent vivement !

 

J J Traoré



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