Thomas Sankara : 25 ans après, quel Héritage ?

Publié le vendredi 2 novembre 2012

Sankara avait dit de son vivant que la révolution ne pouvait pas se faire sans Blaise Compaoré. Il en était le pivot et le garant. A plusieurs reprises du reste, Thomas avait prévenu que si « Blaise devait tenter quoique ce soit contre la révolution, c’était inutile de s’y opposer ». Effectivement, ce fut ainsi. Le 15 octobre à la surprise générale, Blaise réussissait un coup d’Etat que l’on croyait à priori impossible. Sauf évidemment pour ceux qui étaient dans les secrets de Dieu, et qui après coup, le démontrent par le menu. Mais ce qu’il n’avait pas dit et qui est aussi une vérité, Blaise a éliminé physiquement Thomas, mais ne réussira jamais à se défaire de son fantôme. Il suffit qu’il apparaisse pour que quelque chose rappelle Thomas. En ce 25e anniversaire du 15 octobre, c’est donc le bilan de Blaise et le souvenir, chaque année indélébile, de Thomas qui se font la concurrence. Un combat dans lequel Blaise est forcément perdant. Il a eu le malheur d’avoir causé la mort de celui qui s’en était remis à lui. Ensuite il est aux affaires depuis maintenant trop longtemps. Les années passant, le souvenir de Sankara héros patriote et intègre contribue à obscurcir l’image d’un Blaise, dinosaure politique, rappelant douloureusement le prototype de « président fondateur du Gondwana », que la conscience africaine ne supporte plus.

25 ans après donc, Blaise s’impose, plus qu’il n’est accepté. « On fait avec », comme qui dirait, même si en dehors de Soro Guillaume, personne ne s’en réclame vraiment officiellement. Au niveau national, le travail de sape contre le souvenir de Thomas se poursuit, sans grand succès. C’est que les quatre années de son règne, ont profondément marqué les consciences. Politiquement, ces héritiers ou ceux qui s’en réclament, occupent encore le devant de la scène. C’est un Sankariste qui est chef de file de l’opposition. Peut-être plus pour longtemps…

Mais là où il est impossible de gagner contre Sankara, c’est qu’il est devenu une « idée ». Sankara, c’est une certaine « idée » du « meilleur » tel que notre subconscient collectif, l’imagine.

Le Burkina Faso « pays des hommes intègres », c’est pour longtemps lui qui l’incarne le mieux. Il est, sans exagération aucune, aux burkinabè, ce que Mandela est aux Sud africains.

Tema Bokin
Une principauté
sankariste dans un pays Blaisiste


Cela fait 25 ans que le
Capitaine Thomas Sankara a trouvé la mort. Pour les témoins de son époque,
l’homme a impressionné par ses discours. L’arme à la ceinture, Thomas Sankara
n’avait de cesse de dénoncer "l’impérialisme", cause du sous-développement du
Tiers-Monde. Cela fait déjà 25 ans qu’il s’en est allé. Que reste t-il de son
héritage ? A Bokin, localité située à environ 100km de Ouagadougou, la
municipalité, dirigée par un parti sankariste tente de perpétuer sa mémoire

"Les morts ne sont pas morts " a dit Biraogo Diop. C’est le cas de Thomas
Sankara, le père de la révolution burkinabè assassiné le 15 octobre 1987. Même
les jeunes qui ne l’ont pas connu parlent de lui. A Sitoèga village natal de
Thomas Sankara, situé à environ 93 km de Ouagadougou, les jeunes élèves en
parlent, même si les témoignages sont peu précis. Tu connais Thomas Sankara ?
avons-nous demandé à Ibrahim Ouédraogo, 11 ans "C’était… il a été … président du
Burkina " répond-il. Comment le sais-tu ? " C’est notre maitre qui nous a dit ça
à l’école ". Moi mon père a dit … que " c’est Sankara qui a planté l’arbre
là-bas" renchérit Jérémy Sawadogo indexant un Nimier. Les souvenirs sont plus
précis chez les adultes, ceux qui ont connu le père de la révolution : "Thomas
Sankara nous a laissé comme enseignement l’intégrité. Il nous a enseigné
également que seul le travail peut libérer l’homme. Aujourd’hui, malheureusement
il n’est plus là mais…" maugrée, Adama Sawadogo, infirmier à la retraite.
A
Bokin, la mémoire de Thomas Sankara est présente à travers les actions qu’il y a
menées. "Il a beaucoup travaillé pour nous. Il a déposé la 1re pierre du lycée
départemental de Bokin. Il nous avait promis de revenir construire d’autres
écoles. Mais hélas, …" rappelle, désabusée, Liséta Sawadogo, la cinquantaine
environ, présidente de l’association des veuves de Bokin. Son association a en
charge la propreté du marché et des autres lieux publics, qu’elle nettoie tous
les trois jours. Sans doute une survivance de l’idéal sankariste, qui professait
qu’on pouvait être pauvre et propre. Le souvenir de Thomas est partout présent
et les lycéens du département, dont beaucoup à l’instar du petit Ibrahim
Ouédraogo, ne l’ont pas connu, parle de lui comme d’un homme du quotidien. C’est
le cas de Sylvain Sawadogo, en seconde C au lycée départemental de Bokin : "
C’est un être humain qui a aimé son peuple, qui aimait les gens. A travers
l’école, il a construit l’intelligence des jeunes générations que nous sommes ".
Quant à Mme Sawadogo, elle garde toujours en mémoire les conseils que leur
avaient prodigués feu Sankara. "Il avait conseillé aux villageois de continuer
de cultiver et de ne pas laisser tomber le Faso danfani. Ainsi, pendant
l’hivernage nous cultivons et après les récoltes on s’adonne au tissage. Avec
cela, on subvient aux besoins de nos familles".
Bokin, c’est donc
Colombey-les Eglises* du Burkina. La mémoire de Sankara a élu domicile dans les
cœurs et dans les institutions. Pour preuve, c’est le frère et l’inconditionnel
Ernest Nongma qui a en charge la mairie de la localité. Des neuf communes du
Passoré, Bokin est resté comme le fétiche des Sankaristes. C’est en 2006 que
l’UNIR/PS (en son temps Union des partis sankaristes) a pris la mairie de Bokin
des mains du CDP. Cela a un secret. Il s’appelle " la vérité " a dit Ousmane
Sawadogo, président de la commission affaire générale sociale et culturelle.
Quand Ernest Nongoma Ouédraogo est arrivé "il a donné la priorité à la vérité "
précise M. Sawadogo. La révolution avait sensibilisé les populations burkinabè à
prendre leur destin en main. Le 15 octobre 1987, elle a été dissoute et la
féodalité est revenue. Donc en 2006, Nongoma est venu " engagé comme Thomas
Sankara " et les gens de Bokin ont adhéré à ses idées. Ainsi, sur 81 conseillers
que compte Bokin, 48 sont de l’UNIR/PS et 33 pour le CDP. " Ici à Bokin,
l’opposition c’est le CDP " confie Abdoulaye Sawadogo, un jeune de 20 ans.

Les femmes au premier plan

Le 8 mars 1987 à Ouagadougou, soit sept (7) mois avant sa mort, Thomas
Sankara disait ceci "Il n’y a de révolution sociale véritable que lorsque la
femme est libérée. Que jamais mes yeux ne voient une société où la moitié du
peuple est maintenue dans le silence. J’entends le vacarme de ce silence des
femmes, je pressens le grondement de leur bourrasque, je sens la furie de leur
révolte. J’attends et espère l’irruption féconde de la révolution dont elles
traduiront la force et la rigoureuse justesse sorties de leurs entrailles
d’opprimées" Des propos qui traduisaient sa détermination à faire de la femme un
levier du développement. Aux dires des populations, Ernest N Ouédraogo a gardé
la même vision des choses. "C’est le même combat qui continue avec les femmes.
Souvent, il les convoque, chacune expose son problème et il leur donne des
conseils. Dans chaque village, il y a deux (2) conseillers : un homme et une
femme. S’il fait un regroupement et qu’il y a trois (3) hommes c’est qu’il y a
quatre (4) femmes. Quand une aide vient à Bokin, ce sont les femmes qu’il
convoque le plus souvent, mais rarement les hommes" a laissé entendre Liséta
Sawadogo. Habibou Ouédraogo, 35 ans, ménagère soutient cette idée. "Le maire est
très attentif aux doléances de nous les femmes. Il a même désigné une femme
comme premièree adjointe (Il s’agit de Bintou Sankara. Elle était en déplacement
à Ouahigouya à notre passage. Elle fait partie des 12 femmes sur les 48
conseillers que compte l’UNIR/PS. "Les femmes occupent une place importante dans
son programme " a laissé entendre Abdoulaye Sawadogo.

Impliquer les populations dans le développement

Les populations de Bokin sont impliquées dans le développement local. " Mieux
vaut faire un pas avec le peuple que 1000 pas sans le peuple " disait Thomas
Sankara. Les conseillers restent les proches collaborateurs du maire. Ils sont
également les plus proches de la population. Il n’y a que par eux que le maire
peut toucher réellement les préoccupations de ses administrés. D’où le fait
qu’il existe une certaine connivence entre les conseillers et le maire dans les
prises de décisions. " Il écoute toujours les conseillers, les plus proches de
la base, avant d’exécuter une décision " a indiqué Abdoulaye Sawadogo. Il s’agit
d’un homme toujours ouvert. A n’importe quelle heure vous partez chez lui, il
est toujours disponible à vous recevoir. Oscar Ouédraogo, ancien élève du lycée
départemental de Bokin ne dit pas le contraire. " A chaque fois que nous passons
pour lui présenter notre association (voir article Lycée départemental de Bokin)
il est toujours disponible à nous recevoir et à nous donner des conseils. Il
nous a toujours conseillé de ne pas mêler surtout la politique à notre
association, même si chacun à son bord politique ".
Le 12 octobre dernier, le
conseil a adopté le budget primitif gestion 2013. Cela devait se faire en
principe en décembre, mais compte tenu des élections la date a été anticipée.
Pour ce faire, la mairie a fait appel à tous les 81 conseiller, les contrôleurs
financiers, les comptables de commerce et autres services faisant rentrer les
taxes tels que l’élevage. Mais vu le fait que la date a été revue, "cette
dernière catégorie n’a pas pu prendre part" a signalé Ousmane Sawadogo. Les
populations, pour cette fois, ont été également tenues à l’écart : "Nous n’avons
pas fait appel à la population au cours de cette séance, a dit M. Sawadogo, par
peur que les éléments du CDP ne viennent nous mélanger ". En effet, depuis
juillet 2012, les deux camps sont à couteaux tirés. Les membres du CDP accusent
le maire Ouédraogo d’avoir " érigé à souhait certains quartiers qui comptent à
peine 45 habitants en villages au grand dam d’autres quartiers qui comptent plus
de 1000 habitants". Malgré tout, certaines personnes jugent positif le bilan du
maire. "Si je ne me trompe pas, je pense que sous son mandat, Bokin a acquis
deux ou trois CSPS" a indiqué Issa Ilboudo, un agent de la santé. Avant
d’ajouter : " Nongoma Ouédraogo est un produit de la révolution. Et les hommes
de la révolution étaient des gens qui aimaient se fondre dans la masse. Donc,
pour résumer je dirai que le maire de Bokin est quelqu’un qui vit dans la masse
pour faire chemin avec elle ".
Basidou
KINDA

*Village français où repose le général De Gaulle


Lycée départemental de Bokin
Une empreinte
indélébile de Thomas Sankara

Le samedi 25 avril 2012, l’association des anciens élèves du lycée
départemental de Bokin (2A.ELDB) procédaient au lancement officiel des activités
de commémoration du 25e anniversaire dudit lycée sous le thème : " Lycée
départemental de Bokin, 25 ans : Bilan et perspectives ". En effet, c’est le
président Sankara qui a déposé la première pierre de ce joyau en 1985 au temps
fort de la révolution. Raison pour laquelle les anciens élèves de cette école
disent que " la création du lycée a été une vision juste qui mérite d’être
saluée ". Oscar Ouédraogo, président des 2A.ELDB, garde ainsi " l’image de
quelqu’un qui voulait le bien de son peuple, qui avait fait du développement de
son pays sa première priorité ". La célébration des 25 ans de ce temple de
l’apprentissage du savoir visait deux objectifs à savoir, d’une part, évaluer la
présence du lycée dans le paysage éducatif burkinabè et, d’autre part, réfléchir
sur son avenir proche et lointain. Il s’agit pour nous de " fédérer les forces
en rassemblant les anciens élèves dans le but d’améliorer le cadre d’étude des
élèves et des enseignants " a fait comprendre Oscar Ouédraogo. Sans tomber dans
le folklore, les organisateurs de cet instant d’introspection ont combiné entre
autres sport, messes d’action de grâce et dons de sang. Le collège
d’enseignement général (CEG) de Bokin, aujourd’hui lycée départemental de Bokin
comptait deux (2) classes de 6e en octobre 1986. Il compte actuellement 16
classes de la 6e à la Terminale. Le lycée qui enregistrait à sa création une
soixantaine d’élèves comptait à la date du 16 octobre 2012 environ 1053 élèves.
Un chiffre provisoire en raison des nouveaux élèves qui arrivent toujours. Ce
même jour, deux élèves y ont été transférés précise le proviseur Pierre
Sawadogo. Au titre de l’année scolaire 2011- 2012, le LDB a enregistré 69 admis
sur 139 candidats au BEPC et 9 admis sur 49 au Bac. Aujourd’hui le devoir
appelle les anciens élèves du LDB à s’investir davantage pour de meilleures
conditions d’étude aux générations présentes et futures. Ainsi, ils envisagent y
" retourner à la fin de ce mois pour faire des dons de matériels informatiques
et d’autres équipements importants " confie Oscar Ouédraogo. Déjà en 2011-2012
ils ont fait don de trente (30) tables-bancs pour l’ouverture de la classe de
1re A.

Basidou KINDA


Justice pour Thomas Sankara
D’autres fronts
s’ouvrent ailleurs


Voilà 25 ans jour pour jour que le capitaine
Thomas SANKARA a été effroyablement assassiné dans l’enceinte du Conseil de
l’Entente. 25 ans que ses assassins n’ont toujours pas été inquiétés. Et 25 ans
que les sankaristes du monde entier réclament justice et vérité pour le
charismatique Thomas Isidore SANKAR. En ce jour du 15 octobre 2012, date de la
commémoration du 25e anniversaire de sa disparition une conférence de presse a
été organisée au Centre de Presse Norbert Zongo pour informer le public de
l’évolution de la campagne " justice pour SANKARA, justice pour l’Afrique ".
Etaient présents Antoine SOUEF de l’association Survie, maître Belemwende
SANKARA représentant le collectif des avocats de la famille SANKARA, Mme Sylvie
JAN responsable du Parti Communiste Français(PCF) représentant le Front de
gauche, Bruno Jaffré du Réseau international " justice pour Sankara, Justice
pour l’Afrique ", le musicien Sams’k le Jah et bien d’autres responsables de
mouvements de la sous-région.
Le quart de siècle qui s’est écoulé n’a pas
entamé la volonté des ONG et des mouvements luttant pour que lumière soit faite
sur la liquidation de Thomas SANKARA et de ses compagnons. On pourra même
affirmer que la mobilisation autour du dossier s’amplifie et prends une tournure
inquiétante pour les bourreaux. La proposition de résolution n°248 du 5 octobre
ayant pour objet la création d’une commission d’enquête relative à la recherche
de la vérité dans l’assassinat de Thomas SANKARA à l’initiative de dix députés
du Front de gauche en est une preuve. Ces parlementaires veulent savoir
véritablement le degré d’implication de la France dans cette affaire. En effet,
plusieurs témoignages confortent la thèse d’une ingérence étrangère notoire.
Depuis 1993, une source indique la présence probable de libériens, sur les lieux
de l’assassinat ; dans un documentaire italien diffusé sur RAI n°3, le 15
juillet 2009, un ancien proche de Charles Taylor, déclare : " Le piano fut
accordé par américains et les français. Il y avait un homme de la CIA à
l’ambassade des Etats-Unis au Burkina qui travailla en étroite contact avec le
chef des services secrets de l’ambassade française, eux ont pris les décisions
les plus importantes.". Ces témoignages mettent en cause la France et ses
services secrets. Et ces élus français affirment fermement qu’il est de leur
devoir de tout entreprendre pour faire éclater vérité sur cette affaire. Il
s’agit pour eux, en particulier, de faire la lumière sur l’hypothèse accréditant
la mise en cause des services secrets français, en collusion avec des militaires
burkinabè. Pour eux, le parlement doit jouer son rôle et permettre qu’un débat
parlementaire se déroule d’une manière sereine. Il est donc nécessaire de tout
faire pour savoir si oui non on a affaire à un crime d’Etat qui nuira gravement
à l’image de la France, déjà malmenée dans cette région du monde pour son
soutien aux dictatures. Il serait de l’honneur du parlement français de mettre
en place, à l’instar du parlement belge qui l’a fait sur l’assassinat de Patrice
LUMUMBA une commission d’enquête parlementaire. Pour Mme Sylvie Jan " c’est une
question de dignité pour la France et pour l’Afrique ", " et la rupture de la
Françafrique prônée par François Holland passe par des actes
concrets.".
Rappelons par ailleurs qu’en avril 2011, douze députés du Burkina
Faso ont écrit à leurs homologues français pour demander l’ouverture d’une
enquête parlementaire sur cet assassinat, évoquant la " coopération entre les
deux pays " et " les valeurs démocratiques de la France ".
La société civile
américaine s’apprête également à rejoindre cette lutte. Elle veut aussi à son
niveau savoir si la CIA a sa part de responsabilité dans ce crime abominable. En
effet le documentaire " Ombres africaines " du journaliste italien
d’investigation évoque une implication des services secrets américains. Jamais
l’implication de la CIA n’avait été abordée par des acteurs de l’époque, tous
très proches de Charles Taylor. Il s’agit entre autres de Jewel Howard ex-femme
de Taylor, Momo Jiba son ex-chef de camp, Moses Blah ancien vice-président du
Libéria, Prince Johnson ancien chef de milice,etc. Ce reportage présente la mort
du père de la révolution burkinabé comme le résultat d’une intrigue
internationale mêlant la France et la CIA à plusieurs personnalités dont Blaise
Compaoré et Gilbert Diendéré, actuel chef d’état-major particulier à la
présidence du Faso. Des révélations assez effarantes montrent comment Taylor a
pu s’évader dans les années 1980 de la prison fédérale du Massachusetts, l’une
des plus sûres des Etats-Unis. Selon le documentaire, Charles Taylor aurait été
" libéré " par la CIA afin d’aider les Etats-Unis à renverser le président en
place au Libéria à l’époque, Samuel Doe, mais aussi à infiltrer des mouvements
progressistes en Afrique, dont le mouvement sankariste. C’est une évidence
Thomas Sankara irritait les puissances impérialistes. Ses actes de leaders qui
œuvrent pour le mieux être de son peuple étaient une menace pour les intérêts
des impérialistes de tout bord. On le sait, le président Thomas Sankara
représentait l’espoir de tout un continent et il incarne aujourd’hui, en Afrique
comme ailleurs, le modèle du dirigeant, résolu, intègre, courageux et créatif.
Ce crime a donc enfoncé le Burkina et partant toute l’Afrique dans l’abîme.
Cette mobilisation internationale vise donc à retrouver tous les coupables de
prêt ou de loin pour qu’ils répondent de leurs actes.
En outre un collectif
international soutenu par de nombreuses ONG a lancé, en décembre 2009, une
pétition réclamant une enquête internationale indépendante et l’ouverture des
archives, en France notamment, qui pourraient amener des éléments nouveaux sur
cette affaire qui illustre l’histoire de ce qui qu’il est convenu la "
Françafrique ", ce mélange de réseaux français et africains occultes.
Aujourd’hui cette opération a franchi le cap des 10000 signatures.
Si la
mobilisation au plan international s’amplifie, elle a tendance à s’estomper au
Burkina. Les partis politiques se réclamant du sankarisme restent divisés et
peinent à s’unir pour faire avancer le dossier qu’ils prétendent tous défendre.
Bien qu’aujourd’hui encore les burkinabè continuent de regretter le capitaine
Thomas Sankara, on n’a pas trop senti une forte mobilisation en ce jour de la
25e anniversaire à leur niveau. Leur désaffection à l’encontre de ces partis
grève l’œil. Cela s’est avéré au cimetière. On attendait ça et là des piques à
l’endroit des leaders de ces partis. Dans la foulée, un abbé ivre de colère, à
cause de leur guerre intestine et leur incapacité à mettre en exergue les idées
de Thomas Sankara demande à " la jeunesse de les trainer dans la boue ". Notons
également qu’aucun d’eux (ils étaient neuf à déposer la gerbe de fleur sur la
tombe de Thomas) n’a osé prendre la parole.

Hamidou TRAORE
(stagiare)


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