Commune de Nasseré : Les populations ferment la mairie et le magasin de vivres

Publié le jeudi 19 juillet 2012

Les populations de la commune rurale de Nasséré, 23 km à l’est de Kongoussi dans le Bam, auraient trop de choses à reprocher à leur maire. Pour exiger de la tutelle des sanctions, elles ont pris les devants en mettant le maire et son équipe dehors, avec des menaces de mort, si elle y remettait les pieds.

 

Les administrés de Talaté Sanfo/ Sawadogo auraient accumulés trop de rancœurs contre elle et son équipe. La distribution des vivres, dans le cadre de l’opération gouvernementale de soutien aux populations contre les effets de la crise alimentaire, a servi de donateur. L’approche a été jugée injuste et mécanique. Madame le maire a décidé de donner le même nombre de sacs de sorgho (30 sacs de 50kg) pour chacun des 17 villages de Nasseré. Inconcevable ! Pour une partie de ses administrés, il fallait tenir compte du nombre des habitants. La fronde serait venue du plus gros village de la commune, Biliga-Mossi, 2954 habitants. Là bas on a estimé qu’on ne peut pas avoir le même nombre de sacs qu’un des plus petits villages avec ses 191 habitants.

 Cet incident va fédérer les mécontentements.

Les représentants de six autres villages vont se joindre à ceux de Biliga-Mossi pour écrire une lettre de dénonciation contre ce qu’ils ont appelé « la mal gouvernance de Mme le maire ». Cette lettre est adressée à Madame le Haut Commissaire et en 12 points elle fait le procès de la gestion de Mme Talaté Sanfo/Sawadogo.

L’acte qui ne passe pas du tout semble être l’érection du nouveau marché de Nasseré à Sillaléba, un village de la commune, qui est vue « comme une farouche tentative d’extinction de Nasseré ». Et pour ne rien arranger, Sillaléba se trouve être le village de Madame le maire. L’érection de ce marché hors de Nasseré a réveillé de mauvais souvenirs. L’équipe communale précédente, dirigée par Charles P Garba, s’était cassée les dents, avec la décision d’implanter le CEG hors du chef lieu de la commune. Les mécontents soupçonnent un dessein, inavoué, consistant à transférer, à terme, le siège de la commune dans le village de Sillaléba, sur la nationale 15 (Koungoussi-Kaya) actuellement destinataire de plusieurs infrastructures. 

Pour toutes ces raisons, les mécontents ont décidé de se faire justice, en destituant madame le maire et son équipe. Ils ont fermé les bureaux de la mairie et le magasin des vivres et sont allés remettre les clés à Madame le Haut commissaire qui devrait sous couvert voie hiérarchique, les faire parvenir au ministre de l’Administration territoriale. Les mécontents auraient prévenus que si madame le maire remettait les pieds à la mairie, ce serait à ses risques et périls.

 

C’est le 4 juin dernier que la mairie et le magasin ont été fermés. Depuis, la haut commissaire qui s’est déplacée sur les lieux n’a pas pu faire entendre raison aux frondeurs. Madame Mariam Diallo/Zoromé, gouverneur de la région du Centre-Nord était attendue le 11 juin à Koungoussi, dans le cadre de la même affaire,. Elle n’est finalement pas venue.

Diouldé Sadou Diallo


L’affaire des vivres

Si elle a été le détonateur, ce n’est peut-être pas seulement en raison du mode de distribution. Les frondeurs soupçonnent un détournement. 

Où sont passés les 90 autres sacs de 50kg de sorgho, soit 4 tonnes et demi, s’écrient les frustrés ? Puisque la commune a reçu, à l’époque, 600 sacs de 50kg de sorgho et 300 sacs de 30kg de riz. Comme la grogne ne faisait que monter, madame le maire a tenté de calmer les esprits en promettant 20 sacs de 50kg de sorgho supplémentaires au village de Biliga-Mossi. Promesse non encore tenue, en tout cas jusqu’au moment où nous tracions ces lignes. Alors, où sont donc passés les 4500kg de sorgho conditionnés dans 90 sacs de 50kg et destinés à soulager les populations de la commune rurale de Nasséré, en proie à l’insécurité alimentaire par cette année de disette ?

Aussi ont-ils exigé que la commission de répartition des vivres soit dissoute et remplacée par une autre démocratiquement mise en place et que les 90 sacs de 50 kg de sorgho soient justifiés par l’équipe en place.

 Diouldé Sadou DIALLO

 


Dernière minute

Le gouverneur aurait finalement rencontré les frondeurs le samedi 23 juin 2012. Elle reconnait que certains points des revendications des villages mécontents sont fondés. Mariam Diallo/Zoromé, le gouverneur, affirme avoir prôné l’apaisement tout en demandant aux intéressés de s’entendre pour permettre la distribution des vivres à prix social. Elle a d’ailleurs demandé d’impliquer madame le préfet du département de Nasséré dans le processus de répartition et de distribution des vivres à prix social entre les villages bénéficiaires en tenant compte de leur taille. Elle dit aussi avoir perçu un déficit de communication et appelle les uns et les autres à mieux communiquer.


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