Des dolotières plaident leur cause chez le maire Armand Béouindé

Publié le mardi 12 mars 2019

La coordination des associations et groupements des dolotières du Centre, conduite par leur responsable Blandine Bouda, est allée exposer ses doléances au premier édile de Ouagadougou Armand Beouindé. Elle a eu une oreille attentive pour l’écouter puisque le maire s’est engagé à faire prospérer leur requête.

L’équipe de Blandine Bouda n’a pas voulu faire dans le détail. C’est en effet une délégation forte de plus de cinquante dames et de quelques hommes qui est allée à la rencontre du maire. Ce dernier a-t-il été influencé par ce nombre imposant ? En tout état de cause, le maire est allé lui-même à cette rencontre, accompagné de ses plus proches collaborateurs. Mais à y voir de près, il était difficile de rester insensible face à ces dolotières vu leur statut de femmes vulnérables. Leur première responsable, Blandine Bouda, assure que les occupants de ce secteur sont essentiellement des veuves sans soutien qui ont aussi des préoccupations comme les charges de scolarité de leurs progénitures. Le dolo est leur unique source de revenu pour faire face à toutes sortes de besoins. Mais l’un des arguments de ces femmes est aussi le fait qu’elles perpétuent l’existence d’une boisson traditionnelle africaine. Et ne pas les soutenir, c’est laisser s’effriter un héritage culturel important. De plus, ce secteur de la boisson traditionnelle qu’est le dolo est générateur d’emplois. Blandine Bouda affirme qu’une seule dolotière peut à elle seule engager jusqu’à 25 personnes de façon permanente et au bas mot 3 personnes. Ces dames, de par la voix de Blandine Bouda ont pointé nombre de difficultés qui entravent le développement de leur secteur d’activité. Il s’agit notamment et principalement de la rude concurrence que leur livrent les boissons importées (modernes). Les conditions de préparation ne leur sont pas encore favorables. Pour dynamiser le secteur, les dolotières ont présenté leurs doléances au maire Armand Béouidé. Selon leur porte-parole, la plus grande de leurs préoccupations reste l’obtention d’un terrain pour la construction de leur siège muni d’un espace polyvalent. Elles souhaitent également avoir des soutiens technique et financier pour la pasteurisation du dolo ainsi que l’ embouteillage. Elles sollicitent également des équipements à gaz. Afin de renforcer les capacités des dolotières, elles ont donné une place de choix à la formation dans leur plateforme…
Après avoir religieusement écouté les préoccupations des dolotières, le maire a favorablement répondu point par point. Il les a assuré qu’il contactera tous les maires d’arrondissement afin de leur trouver un terrain pour l’érection du siège. Le maire Béouindé a même indiqué qu’il instituera un prix pour primer les dolotières qui font plus d’effort sur le plan de la propreté. Il ajoute que soutenir ces dolotières c’est aussi lutter contre la consommation des boissons frelatées.
En rappel, le regroupement des dolotières a été créé en 1975 et depuis il n’a cessé de grandir. Le challenge de Blandine Bouda, c’est d’installer la structure dans les 13 régions du Burkina.

Hamidou TRAORE


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