Jazz à Ouaga 2018 : Du bon au menu !

Publié le vendredi 11 mai 2018

Voilà 26 ans que dure le plaisir. Le festival Jazz à Ouaga est organisé annuellement par l’Association du même nom depuis 1992. Il a grandi et inscrit son nom dans le monde sur le registre des festivals de jazz qui comptent en Afrique. « L’Afro-jazz mandingue, source inépuisable et berceau d’une musique intemporelle » est le thème de l’édition 2018. L’afro-Jazz a fait ses preuves en Afrique et ailleurs. Un certain Tonio avait bercé l’enfance de nombreux Burkinabè avec son fameux Wari, un son qui ferait pâlir de jalousie de nombreux bluesmen du pays de l’oncle Sam. Que dire de feu Ali Farka Touré ? L’ex maire de Nianfunké qui avait enregistré des morceaux aux sonorités jazz et Blues depuis les années 70, avec pour seule influence, sa culture malienne d’origine. Dans le contexte sécuritaire sous régional actuel, jazz a Ouaga a raison d’affirmer que nous existons en commun autrement. Par la joie, le jazz et les rythmes assimilés. Les grands empires de l’ouest africain ont développé des vertus de tolérance et du mieux vivre ensemble, il faut veiller à ne pas sacrifier cet héritage des pères sur l’autel de l’intégrisme et de l’intolérance. Le jazz et les rythmes connexes, confirment que la musique adoucit les mœurs. En outre, les organisateurs précisent : « La musique mandingue est incontestablement la plus répandue et la plus connue de toutes les musiques africaines. Parmi les instruments les plus utilisés figurent le djembé, le n’goni, la kora, le doun-doun et le balafon. Fruit des échanges et des métissages des peuples mandingues, cette musique est souvent associée à la parole des griots. Ceux-ci sont des artistes qui racontent l’histoire de leur peuple en chantant au cours ». L’affiche cette année est alléchante. le Malien Mbouillé KOITE/ Prix Découvertes RFI 2017 sera présent. Celui que de nombreux mélomanes confondent au fils de Toumani Diabaté à cause de la voix, va se faire découvrir en chair et en os. Les spectateurs auront la chance de vérifier la différence entre Mbouille Koite et Sidiki Diabaté. Le fils d’Ali sera aussi présent. Vieux comme son père, il n’a jamais voulu rater le rendez-vous de Ouaga. Ali Farka a eu à annuler de grandes prestations bien payées en Europe, pour être présent chez ses frères du Faso. C’est cela l’esprit Jazzy ! Du Ghana, de Suisse, de Belgique, ils seront présents aux côtés de Simon Winsey, Achille Ouattara, Sabwana Orchestra du Burkina Faso. Des talents du domaine qu’on ne présente plus qu’à des novices. Et j’en oublie… Debademba ! Les couche-tard ou ceux qui sont confrontés à des problèmes d’accessibilité géographique et pourquoi pas économique, pourront découvrir de près les stars sur des scènes de jam session, au « Village du Festival » dans la cour du SIAO. Jazz à Ouaga 2018, se déroule en même temps que l’’artiste musicien burkinabè Cissé Abdoulaye fête ses 50 ans de carrière musicale. Avec la conviction que c’est l’ancien qui indique la direction aux plus jeunes pour une réussite des actions un clin d’œil ne sera pas de trop à ce grand monsieur de la musique nationale. Comme les portes du SIAO seront ouvertes aussi bien aux mélomanes qu’aux artistes musiciens les occasions ne manqueront pas pour que vive le Jazz. Que la fête soit belle !

Ludovic O. KIBORA


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