FIDO 2018 : Quand danser devient arme de résistance

Publié le jeudi 29 mars 2018

Du 27 janvier au 3 février, le Festival international de danse de Ouagadougou (FIDO) battait son plein. A l’occasion, plusieurs danseurs et troupes de danse ont fait le déplacement de la capitale burkinabè pour montrer chacun sa manière de « résister », de s’affirmer à travers la danse. C’est au total 22 compagnies qui ont pris part au festival. L’édition a pris fin au Centre culturel français avec le spectacle « Gold TTC » de la promotrice Irène Tassembédo.

Cette édition a connu la participation d’une vingtaine de compagnies venant du Burkina, de l’Afrique et du reste du monde. « Danse et résistance » étant le thème de la présente édition, elle s’est tenue dans un contexte où la promotrice, Irène Tassembédo a vu son école (Edit) délogée de ses locaux. Ainsi, selon elle, le thème est un appel à la résistance de tous les acteurs des arts de la scène. « Cette année, nous dédions le Fido à tous ceux qui résistent pour faire valoir la culture comme arme de construction massive, à travers le monde, sur notre continent et ici au Burkina » a expliqué la promotrice lors de l’ouverture.
Elle poursuit : « Les arts et la culture font partie de la solution pour un développement durable, surtout lorsqu’on fait face à un péril sécuritaire, comme dans beaucoup de pays de la sous-région ». La marraine Hadizatou Rosine Coulibaly/ Sory, dans son discours lu par sa représentante Clarisse Mérindol, relève l’importance de ce festival car selon elle, « Le Burkina est aujourd’hui un centre de création chorégraphique contemporain du continent depuis la formation, jusqu’à la diffusion des spectacles en passant par la création contemporaine ; le tout grâce à des acteurs de haute qualité ». Elle réaffirme ainsi que son engagement à soutenir cet événement se poursuivra et s’intensifiera.

FIDO, un spectacle ; une histoire à raconter

En plus des discours des représentants des parrains, la cérémonie d’ouverture a été marquée par deux spectacles dont : « Gold TTC » de 60mn, mis en scène par Irène Tassembédo. Ce spectacle soulève la problématique de l’orpaillage et la mise en scène a transporté le publique pendant 1h dans le monde des orpailleurs. Cette mise en scène, animée de mouvements précis, nous raconte toute une histoire sur la vie de ces jeunes. Une vie qui du reste, se résume à creuser, piler, laver… et espérer trouver une pépite d’or un jour. Nombreux perdent la vie dans les éboulements qui surviennent, mais les survivants, en lieu et place de s’avouer vaincus, repartent d’un nouvel élan, pour voir un jour ce métal si précieux à leurs yeux. Le deuxième spectacle est « Farafi danse » de 30mn, du groupe Katouma Danse, qui a quant à lui porté sur les diversités culturelles, avec une représentation de quelques ethnies du pays. Tout au long du festival, de nombreuses troupes de danse comme Kassena Nemaro, le Collectif AR, la troupe Liwaga de Ouahigouya, ou encore la troupe Yenpabou de Fada ont tenu le public en haleine. Notons que le spectacle « Gold TTC » a également été présenté à la clôture, le 03 février 2018, pour le plaisir des festivaliers, suivi de la prestation de la troupe Warba de Mogtedo.
Pour cette édition, les spectacles se sont déroulés essentiellement à l’Institut français de Ouagadougou et à l’Atelier théâtre burkinabè (ATB). Cette année, le festival a eu pour quartier général, la maison des jeunes et de la culture de Larlé, où il a été offert au public un stage gratuit de danse pour amateurs et professionnels. Ces cours de danse ont eu lieu du 29 janvier au 2 février avec des chorégraphes de renom comme Ladji Koné, Tom Jules Samie, Florent Nikièma, Luc Sanou, Irène Tassembédo et bien d’autres.

Mariam SAGNON (Stagiaire)

Trois questions à Irène Tassembédo

Quel est le bilan à chaud de cette 5e édition du FIDO ?
En termes de bilan, je peux dire que nous avons dépassé le nombre de spectateurs que nous avons eu l’année dernière. Nous avons atteint les 3 000 personnes au total mais si l’on compte avec les spectateurs des performances tenues à l’extérieur, cela fait plus que ça. Le bilan artistique est plus que positif par contre le bilan financier est plus catastrophique, c’est zéro, on repart toujours endetter. Malgré tout, nous n’allons pas nous décourager et nous allons continuer »

Le FIDO, après cinq éditions, a-t-il atteint la maturité ?
Oui, c’est clair que le festival a atteint la maturité parce que chaque année, nous faisons un peu plus que les précédentes éditions. Par exemple, cette année, le FIDO est parti un peu à l’extérieur. Nous avons joué des spectacles au grand marché, à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou et dans des établissements scolaires (...).

La 6e édition, c’est déjà en 2018 ?
En 2018, c’est sûr que nous allons tenir la 6e édition. Tout le monde me dit que vous demandez les soutiens tard. Et dès lundi 5 février, je vais commencer à demander l’argent pour 2018. Il faut que je trouve la bonne vitesse avec tout le monde pour qu’on arrive à avoir les moyens pour l’organiser en mieux. Le festival fonctionne bien et les gens adorent regarder les spectacles. Et notre pays a besoin d’avoir de gros événements car, il n’y a pas que le Fespaco, la Can, il y a pleins d’autres choses comme le FIDO, Dialogue de corps, etc. Nous devons tous ensemble faire rayonner notre pays sur le plan internationaln

Source : Fasozine


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