Le col. Sangaré à la CAF : « Ce n’est pas une victoire personnelle »

Publié le jeudi 29 mars 2018

C’est une première. Enfin, le Burkina est membre du bureau exécutif de la CAF. Le col Sangaré Sita a été élu membre du bureau exécutif de la CAF au Maroc. Avant lui, il y a eu François Compaoré dans la CAF mais au titre de membre de la commission juridique. Le col Souley Mohamed, le col Francis Liliou ont eux aussi été dans des commissions jamais dans le bureau exécutif. Une grande victoire pour le col Sangaré.

Le Burkina, sous l’impulsion du président Compaoré grand ami de Issa Hayatou a constamment échoué d’accéder au bureau exécutif de la CAF. Comment aviez-vous réussi là où des années durant on a échoué ?
Pour moi, mon élection n’est pas une victoire personnelle. Ensuite, vous l’aviez dit, le Burkina pèse beaucoup sur l’échiquier du foot continental pour ne pas avoir son mot à dire dans l’exécutif de la CAF. Comment cela est-il arrivé ? Les choses ne sont pas construites assez rapidement comme ça. Le processus a démarré depuis longtemps. Les acteurs sont multiples. Beaucoup d’hommes et femmes du Burkina y ont contribué.
Tous les ministres, tous les présidents de Fédé qui se sont succédé se sont battus pour corriger la situation. Je dois dire d’ailleurs que sous le président Hayatou, il avait été perçu au lendemain de l’organisation réussie de la CAN98 la nécessité de corriger cela. Mais des incompréhensions internes, je ne rentre pas dedans au risque de me tromper, n’ont pas permis à cette démarche de prospérer. Il est bien que les Burkinabè soient unis. Rien ne s’obtient dans le désordre. C’est une victoire collective. Et moi je me dois d’œuvrer à mériter la confiance placée en moi.

Le Burkina était bien incrusté dans le système Hayatou, l’ancien président de la CAF. Comment aviez-vous fait pour ne pas louper le train d’Amad Amad, celui-là qui a envoyé Hayatou à la retraite, et être dans ses bonnes grâces ?
Je ne sais pas si je suis dans les bonnes grâces d’Amad Amad. Mais je reste convaincu d’une chose, après la période de la campagne, il faut travailler à la promotion du foot africain. Et c’est avec tout le monde. On ne considère plus le bulletin de vote. Toutefois, il est clair qu’en allant au comité exécutif, c’est pour exécuter le programme du président élu, Amad Amad. Et je compte le faire. Je ne pense que je suis à la CAF grâce à mes affinités avec le président. De toutes les façons, le vote est un long processus. Le foot africain est subdivisé en 6 zones. Et chaque zone désigne deux représentants à l’issue de vote ou de consensus. Dans ma zone j’étais candidat unique, et je remercie mes pairs pour cette confiance. Ma candidature a donc été portée par ma zone à l’Assemblée générale. Précisons que je n’ai pas pourtant de problème particulier avec le président Amad Amad.

L’aviez soutenu pendant sa campagne ?
Le vote est secret. Le président Amad Amad a été élu. Pendant sa campagne il est venu au Burkina. J’ai pris connaissance de son programme comme je l’avais fait du candidat Hayatou. C’est passer les élections. Passons à autre chose.

Quel retour votre accession à la CAF peut-elle nous rapporter ?
Le bureau exécutif de la CAF compte 19 personnes. C’est déjà bien que notre pays puisse siéger à cette table. C’est une marque de considération. Le fait d’y être veut dire que nous participerons désormais à la prise des grandes décisions. Pour nous, il faut travailler à ce que toutes les Nations soient traitées dans un esprit d’équité et de justice. En travaillant à ce que tout le monde soit logé à la même enseigne le Burkina trouve son compte.

Le nouveau membre exécutif de la CAF peut-il nous dire si la CAN 2019 va-t-elle se tenir au Cameroun vu que la CAF semble hésitée ?
Je suis membre de la Commission d’organisation de la CAN. Notre commission a tenu une réunion sur l’organisation de la CAN au Cameroun. Le nouveau cahier de charge qui définit les conditions d’organisation d’une CAN à 24 nécessite un suivi. Des rapports ont été faits par le cabinet d’expertise chargé du suivi des préparatifs et font ressortir les acquis et les efforts à fournir. Le président Amad Amad a dit, sur cette base que le Cameroun était sur la bonne voie et tout devait être fait pour l’y accompagner. Et le président du Cameroun, Paul Biya lui-même s’est engagé à ce que son pays soit prêt au rendez-vous. Donc, il n’y pas point de doute à ce niveau.

J J TRAORE


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