CSC : Qui pour mettre de l’ordre dans l’institution ?

Publié le jeudi 29 mars 2018

De toute évidence le président du Faso ne voulait pas mettre les pieds dans ce « foutoir » qu’est devenu le CSC. Il a fini par s’en mêler les pinces avec ce fameux arrêté nommant un président suppléant. Devant les critiques véhémentes qui fusaient de partout il s’est vite rétracté par le biais d’un autre arrêté le N° 027/PRES/CAB en date du 14 décembre 2017. Le premier, le N° 22 datait du 20 octobre. Entre les deux, il s’est passé exactement 56 jours, soit un peu moins de deux mois. Le premier arrêté aurait prospéré s’il n’avait été découvert et dénoncé. Malheureusement pour ceux à qui ça profitait, des indiscrétions ont permis de le découvrir. C’est une première dans la pratique administrative où des actes sensés conférer un pouvoir de gestion des hommes et des biens sont gardés secrets. La publicité qui devait naturellement accompagner de tels actes dans une logique de bonne administration n’a pas eu lieu. Le deuxième arrêté, cette fois signé par le chef de l’Etat en personne et qui abroge le premier a été entouré de la même omerta.
Alors deux actes administratifs contradictoires pris en l’espace d’à peine deux mois appellent quelques commentaires. Que le chef de l’Etat soit revenu aussi vite sur sa décision donne à penser qu’il a pris conscience qu’il s’était fourvoyé. Qu’il se soit trompé sur un point plus technique que politique doit interpeller en particulier ceux qui sont chargés d’instruire les dossiers présidentiels. Il y a manifestement dans son entourage des gens qui ne font pas leur travail. Ceux-là travaillent non pas pour la république mais il faut le croire pour des intérêts autres. Il appartient au chef de l’Etat d’en tirer toutes les conséquences. Les Burkinabé l’observent comme du lait sur le feu. Ils lui ont fait confiance en le portant à la tête du pays et il a promis de rompre avec ce qu’ils ont décrié hier. On peut le féliciter de n’avoir pas cherché à se complaire dans l’erreur. Mais il est loin d’avoir fini le job. En sa qualité de premier magistrat du pays, il doit veiller à ce que les règles de l’état de droit soient respectées partout, tant par les hommes que par les institutions. La présidente du CSC a installé un système de management qui s’est avéré fatal pour la vie et le fonctionnement de l’institution. Certes, la justice s’est saisie de la question mais il s’agit seulement d’une partie de la question. Elle ne s’occupe que de malversations. Ce n’est malheureusement pas cela qui remettra l’institution sur ses pieds. A notre humble avis, il est plus que temps de nettoyer les écuries, de revoir les règles et les mécanismes et de renouveler la composition du conseil. Laisser trainer les choses c’est aggraver le pourrissement. Monsieur le président, si vous ne voulez pas vous mouillez, les Burkinabé retiendront que vous refusez d’endosser la carrure d’un homme d’Etat !

GBN


Commenter l'article (0)