Ciné Droit Libre 2017 : Une édition marquée par le phénomène migratoire

Publié le jeudi 15 février 2018

« Migrations : loin de chez moi ? » , c’est sous ce thème que s’est déroulée la 13e édition du Festival Ciné Droit Libre du 09 au 16 décembre 2017 à Ouagadougou. Près de 50 000 festivaliers, dont des cinéastes, des artistes, des militants des droits humains, des cinéphiles ont participé à l’événement. Plusieurs activités ont eu lieu, dont la célébration du 13 décembre. Le festival a pris fin le 16 décembre 2017 avec la remise des prix aux lauréats.

«  Partir pour ne plus revenir, partir pour d’autres horizons, loin de chez soi ! Tout abandonner pour tout recommencer. Mais que faire pour respecter les droits de chaque homme, de chaque femme migrant ? » C’est cette problématique qui a animé les débats de cette 13ème édition. Comme chaque année, c’est un programme riche en couleurs et en émotions qui a été présenté au public dont : des projections de films en rapport avec la thématique ; des Masters class dans les écoles professionnelles, des expositions, ainsi que des innovations. Des réflexions sur les enjeux du flux migratoire, en passant par des débats conscientisant et éducatifs sur le phénomène, des personnalités comme Lilian Thuram, ancien footballeur international français, connu pour ses positions engagées sur des sujets liés à l’égalité, à l’immigration et au racisme, parrain de la présente édition, et Didier Awadi, ont tenu le public en haleine durant cette édition. Etaient également présents les cinéastes, Florian Shewe (réalisateur allemand), Barbel Mauch (German Documentaries), et Souleymane Cissé (malien, double Etalon d’or de Yennega). Ce sont ces derniers qui ont animé un master-class, où réalisateurs professionnels, jeunes réalisateurs et acteurs se sont côtoyé du 12 au 14 décembre 2017 au Goethe Institut et à l’institut Imagine. L’objectif recherché a été de mieux outiller les jeunes à la réalisation de films de belle facture sur les droits humains. 

Le journal du Festival, un hommage à Henri Sebgo

L’une des innovations de cette 13ème édition, c’est la production pendant une semaine d’un journal d’informations dénommé « l’Indépendant », en hommage à Norbert Zongo. Ainsi, la journée du 13 décembre a été célébrée avec la publication d’un numéro spécial de « L’Indépendant » et a été mis à la disposition du public, au prix symbolique de 200 francs CFA. Ce numéro est composé du tout premier article (en 1993) et du dernier article d’Henri Sebgo. Il contient également une série de témoignages d’amis et de journalistes qui ont hérité de la plume de Norbert Zongo, nous confie les organisateurs du festival. « C’est aussi l’occasion pour nous de collecter quelques ressources pour les funérailles de la mère de Norbert Zongo » a indiqué Luc Damiba, membre du comité d’organisation. Le coordonnateur Abdoulaye Diallo, lui, espère que cette action va pousser des gens à vouloir relancer le journal « l’Indépendant ». Une autre innovation cette année, c’est la production d’une chanson, sur la thématique de la migration pour rendre un hommage aux migrants et aussi pour dénoncer les violations des droits de ces derniers. A en croire Didier Awadi, artiste-rappeur, coordonnateur de Ciné droit libre à Dakar, « la chanson vise à donner notre point de vue en tant qu’africain vivant dans des zones avec un fort taux de départs vers l’occident ». Placée sous la conduite du rappeur, cet hymne sera réalisé avec le concours d’artistes de la sous-région.

Grand Prix Sergio Vieira de Mello, « Winnie » l’emporte !

La clôture a été marquée par la remise de prix aux lauréats de cette édition. Cette année, quatre catégories ont été distinguées par le jury, présidé par le cinéaste Souleymane Cissé. Ce sont : le prix du meilleur film burkinabè ; le prix du public ; le prix spécial « Migrations », de l’Organisation internationale de la migration et enfin le Grand Prix Sergio Vieira de Mello. Ainsi, c’est le film « Winnie », de Pascale Lamche (franco-sud -africain) qui a remporté le Grand Prix Sergio Vieira de Mello. Ce film revient sur les luttes révolutionnaires qui ont renversé le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, en mélangeant le point de vue « intime » de Winnie Madikizela Mandela, ex épouse de Nelson Mandela et de ses proches. « C’est un film qui restaure l’histoire et qui mérite d’être vu par toute la nouvelle génération » explique le président du jury, Souleymane Cissé.

Les quatre prix décernés lors de la clôture

Le Prix Spécial « Migrations » composé d’une attestation, d’un trophée et d’une enveloppe de 300.000FCFA : le film « Quand Paul traversa la mer » de Jacob Preuss (Allemagne) ;
le Prix du meilleur film burkinabè, composé d’une attestation, d’un trophée et d’une enveloppe de 300.000 FCFA : le film « Femmes Soleil » de Seydou Samba Touré ;
le Prix du Public, composé d’une attestation, d’un trophée et d’une enveloppe de 500.000 FCFA : le film « Maman Colonelle » de Dieudonné Hamadi (République Démocratique du Congo) ;
le Grand Prix Sergio Vieira de Mello, doté d’une attestation, d’un trophée et d’une enveloppe de 1.000.000 FCFA : le film « Winnie » de Pascale Lamche (France-Afrique du Sud).
En plus de ces prix, une mention spéciale a été faite à deux films, dont : « Place à la révolution » de Galadio P. Kaboré, (film burkinabè) et « la colère dans le vent » de la nigérienne Amina Weira. Ces films ont reçu chacun, une attestation et la somme de 200.000FCFA. Au total, c’est une quarantaine de films, dont dix en compétition officielle, qui ont été sélectionnés pour être projetés dans plusieurs espaces. Ces films ont porté sur les préoccupations majeures de nos jours et sur le thème de cette 13e édition. Après la remise des prix, Lilian Thuram, parrain de la cérémonie, par la voix de sa fille, a déclaré close la présente édition.

Mariam SAGNON (Stagiaire)


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