Fasofoot : Le SALITAS titille les grands

Publié le mardi 9 janvier 2018

Le championnat national de foot D1 n’est plus la chasse gardée des gros budgets. L’époque où l’ASFA-Y et l’EFO dictaient la loi est révolue. Déjà le RCK avait bousculé la hiérarchie « des grands » confisquant le titre sur deux ans. La présente saison s’annonce ouverte et très indécise. Certes, on n’est qu’à la 10e journée sur 30. Et il est difficile d’épiloguer sur l’issue du marathon footeux. Mais la qualité du jeu produit et l’ordre actuel posent déjà le débat sur l’épicentre du foot national. En effet, la nature ayant horreur du vide, quand les grands ne répondent pas présents, émergent alors de nouveaux leaders. Et SALITAS en est la preuve. Nouveau-né du championnat et ayant à peine perdu ses dents de lait, le club adossé au centre de formation du colonel Yacouba Ouédraogo a brûlé la politesse aux habitués et autres sénateurs du championnat national D1 pour caracoler en tête du classement jusqu’à la 9e journée. La performance de SALITAS est diversement appréciée. Pour d’aucuns, ce n’est que le quart d’heure de gloire du promu qui est arrivé avec son enthousiasme de la montée. Selon cette thèse, ce jeune club va vite s’essouffler car la course est très longue. Qu’à cela ne tienne. SALITAS en ayant été leader lors de la 8e journée semble avoir déjà totalisé assez de points pour son maintien en D1. Ce qui est un objectif premier de tout promu. Et si un promu parvient à sauver sa peau aussi matinalement dans une compétition au nez et à la barbe des habitués, on peut dire qu’il a déjà contesté l’ordre établi.
Par ailleurs, la qualité de foot produit jusque-là par cette formation de SALITA augure de lendemains meilleurs. Face à l’EFO lors de la 8e journée, le promu était de loin le meilleur en termes de jeu développé sur le terrain. Il a fallu que l’EFO « la grande sœur » use de ruse, de force et de pression pour obtenir le partage de point (1-1 score final). Et dire que cette équipe est montée de toute pièce par un entraîneur sans diplôme. En effet, Ambass Ouédraogo, un ancien joueur de foot de première division en est le principal maître penseur. Et pour contourner la loi qui n’autorise pas les coaches sans diplôme à officier en D1, SALITAS a engagé un diplômé, Ladji Coulibaly qui apporte la touche légale. Ce cas nous fait perdre toute logique. Comment un novice et sans diplôme peut-il damer le pion à des entraîneurs chevronnés et bardés de diplôme à ce point ? Surtout qu’on ne nous parle de coup du dé. Ce garçon a démontré qu’il a la graine pour être un grand coach. Il faut lui donner toute sa chance. Après la 9e journée, nouvelle surprise. SALITAS n’est plus leader. Le championnat est désormais réglé par l’USCO de Banfora. Cette équipe de l’intérieur a échappé d’un poil à la relégation la saison passée. Et son président, Ngolo Ouattara a quitté le navire en fin de saison passée sans raison valable. Le député Ladji Coulibaly a été élu en catastrophe au poste de président et à peine installé voilà l’USCO qui a poussé des ailes. Cette formation joue assez bien également. Mais si ces deux cas apportent au championnat le piment et autres épices qui donnent du goût à la sauce servie aux supporters, ils posent une fois de plus le débat sur le niveau réel du championnat domestique. Ainsi donc est-il établi qu’on bouscule l’ordre dans cette compétition n’aurait aucun sens si le vainqueur était connu d’avance. Mais les nouveaux seigneurs, dans une compétition de grande marque doivent faire leur petit bonhomme de chemin. On devait voir venir le futur champion SALITAS ou USCO. On nous dira que Leicester en Angleterre qui l’année d’après ayant frôlé la relégation a surpris le monde entier, l’année suivante dans l’un des meilleurs championnats du monde terminant champion. Eh oui. Sauf que comparaison n’est pas raison. Le championnat anglais s’affirme et celui du Burkina se construit.
Eux peuvent s’offrir une fantaisie, nous pas.

J J TRAORE


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