Eliminatoire Coupe du monde 2018 : La FIFA peut être contente !

Publié le mardi 14 novembre 2017

Il était beau le rêve ! Le Burkina, un si beau pays sahéliens fait d’hommes courageux qui réussissent l’exploit en faisant de grandes choses avec peu de moyens. Mais comme tout beau rêve, on se réveille toujours au bon moment. Les Etalons premiers de leur groupe devant le Sénégal, le Cap Vert et l’Afrique du sud au terme de 3 journées, croyaient dur comme fer qu’ils iront dirent bonjour à la Russie. On pensait que la justice divine allait faire pan sur la gueule puante et injuste de la FIFA. Mais pour que les dieux s’occupent de nos ennemis, il eut fallu que nous-mêmes, triomphons de nos adversaires, si nombreux et si puissants....

Désormais, le Burkina n’est plus le maître de son groupe. Largement battu en terre sud-africaine lors de la 4e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2018, les Etalons se voient doubler par des Lions de la Téranga vainqueurs du Cap Vert (2-0). Ainsi le Burkina est renvoyé à la 2e place du groupe avec 6 points contre 8 au Sénégal nouveau leader. Le Cap Vert est 3e avec 6 points aussi suivi de l’Afrique du Sud, 4 points. A la lecture de la configuration actuelle, on voit bien que le Burkina est proche de l’élimination que de la qualification. En effet, il n’y a qu’une seule place à prendre dans le groupe. Et on sait déjà, grâce à une décision assassine de la FIFA, le Sénégal dispose de deux matchs à jouer pour consolider sa place contre 1 seul au Burkina pour renverser la vapeur. A ce jour, un seul scénario peut encore donner une chance de qualification du Burkina. Il faut d’abord que l’Afrique du Sud batte le Sénégal une fois uniquement sur la double confrontation. Le deuxième match entre les deux doit se solder par un nul. Et le Burkina doit faire le plein de points devant le Cap Vert. Là, le Sénégal et le Burkina seraient à égalité de points (9). Dans ce cas, le goal différentiel va départager les deux équipes. Et pour tirer profit de cet élément, le onze burkinabè doit battre son homologie du Cap Vert avec au moins un écart de 3 buts ! A l’évidence, ça fait trop ! C’est vrai que si le tableau existe, c’est qu’il peut se traduire en réalité. Et puis qui sait, la justice divine qu’on appelait de tous nos vœux pour réparer la forfaiture de la FIFA peut attendre les ultimes secondes pour se manifester. Par principe, on doit y croire et jouer à fond notre partition de sorte ne pas avoir de regret au cas où les dieux du foot viendraient à punir le Sénégal. Car une victoire contre le Cap Vert à Ouaga, ce n’est pas un acquis.
Au titre de maigre consolation, on peut dire que la configuration actuelle a quelques avantages. En effet, à présent tous croient le Burkina « out » de la course. Les Etalons ne sont plus la petite bête à abattre. L’attention va se déporter ailleurs. La planète foot entière pense que le dernier match des Etalons compte pour du beurre. Il faut profiter de cet état de conscience à semi endormie et surtout espérer que les dieux de foot soient de notre côté pour rester en vie. En clair, il faut vivre d’espoir.

Les raisons de la débâcle en Afrique du Sud

Les Etalons ont pris trois coups à la nuque face aux Bafana-Bafana. Battu 3-1, le Burkina était totalement méconnaissable face à l’Afrique du Sud. Pourquoi le navire Etalons a chaviré ? Une certitude, le naufrage est collectif. Rarement on a vu une équipe des Etalons aussi médiocre. A tous les niveaux de l’étage, le onze de Duarté était en méforme. Particulièrement, on a vu un milieu de terrain s’effriter, malgré le retour de Charles Kaboré, le capitaine qui était la force de notre équipe. Le duo Blatty Touré-Charles Kaboré a rarement aussi mal fonctionné. Et en général, l’entrejeu étant bien tenu, les insuffisances de la défense sont assez bien tenues. Car, le mal de notre sélection actuelle se trouve dans son bastion défensif. Longtemps, on a pensé qu’on avait du souci à se faire qu’au niveau de latéraux. On a mis tous les efforts à chercher des joueurs de ce profil-là. Depuis l’arrivée de Yacouba Coulibaly, la solution semble avoir été trouvée. Ce latéral gauche vaut aujourd’hui son pesant d’or dans le dispositif défensif de Duarté. Dans la double confrontation contre le Sénégal, le garçon assurait non seulement sur son côté mais il venait pallier les errements des défenseurs centraux. Il faut le dire, le général Bako (de son vrai nom Bakary Koné) n’est plus ce dernier rempart rassurant. Et association avec Steve Yago en Afrique du Sud au lieu d’être une muraille a été un boulevard pour l’attaque adverse. En l’absence de Yacouba Coulibaly, le guerrier et d’Issouf Dayo, la recomposition de la défense a été un échec. Avec un milieu de terrain noyé et une défense inexistante, on aurait pu se remettre à notre puissance de feu. La meilleure défense, dit-on c’est l’attaque. Mais les joueurs offensifs n’étaient pas non plus dans une grande forme. Bien mieux, l’Afrique du Sud, sur le plan tactique a confirmé un style de jeu visiblement difficile aux Etalons. Déjà à Ouaga, lors du match aller, les Bafana-Bafana, à travers leur foot fait de courtes passes et d’appels sans cesse dans les intervalles, avaient donné du tournis aux Etalons. Et, sauf faire preuve d’irrationalité, cette équipe semblait être la plus difficile du groupe pour nous. L’Afrique du Sud a certes été battue en aller-retour par le Cap Vert que les Etalons ont vaincu à Braya. Mais de là, déduire que le déplacement des Etalons au pays de Nelson Mandela serait une formalité est un raisonnement teinté de nanisme intellectuel. Or, il y a des moments où, devant le poste téléviseur, on a eu à croire que nos ambassadeurs ont aussi pêché par un comportement qui s’apparente à de la suffisance. Si ce n’est-elle, c’est donc l’apathie. Exactement comme si les Etalons n’ont pas digéré la décision de « replay » du match Afrique du Sud vs Sénégal, en se disant victime résignés. Nous ne cherchons pas d’excuses aux Etalons. Mais le faible niveau de jeu de notre onze est si inhabituel que forcément il doit avoir une raison. Et on dira que la FIFA n’a pas attaché les sabots des Etalons en Afrique du Sud. Partant, elle ne saurait être coupable de leurs errements. Exact ! Sauf qu’en foot, tout tient en peu de chose. Le petit moment de doute, d’interrogation et d’incompréhension peut-être le tournant d’un match. Personne ne nous empêchera de dire que la FIFA a brisé une dynamique, celle des Etalons. Il en sera ainsi pour longtemps.

J J TRAORE


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