Cinema : Koglweogo Land

Publié le mardi 14 novembre 2017

Koglweogo Land est un film documentaire sur les groupes d’autodéfense au Burkina Faso réalisé par Luc Damiba et Ismaël Compaoré. La première projection s’est déroulée le vendredi 6 Octobre 2017 à Ouagadougou.

Qui sont les Koglweogo ? Quelles sont leurs actions ? Qu’est-ce qui explique leur soudaine apparition ? Autant d’interrogations qui trouvent leurs réponses dans le film documentaire qui leur est consacré. Résumé en 76 minutes, Koglweogo Land est un travail de recherches qui a consisté à suivre ces groupes d’auto-défenses pendant près de 2 ans dans 15 localités reparties en 7 régions. « Le sujet de ces groupes d’auto-défense était d’actualité donc il fallait qu’on se déplace pour savoir qui sont les Koglweogo et mieux cerner leur organisation », explique Ismaël Compaoré co-réalisateur du film.
Tout au long du documentaire, les cinéphiles ont pu découvrir l’univers de ces groupes d’auto-défenses composés d’hommes et de femmes. En rappel, les braquages, les coupeurs de route, les attaques à mains armées surtout en milieu rural ont ponctués le quotidien des Burkinabè ces dernières années. Face à cette situation et à l’impossibilité de l’Etat à garantir la sécurité de tous, les populations locales se sont organisés pour assurer elles-mêmes leurs sécurités donnant ainsi naissance aux Koglweogo. Spécialisés dans la traque des voleurs et autres bandits de grand chemin, leurs actions sont caractérisées par des arrestations, des sévices corporels et des prélèvements d’amendes. Adulés et soutenus par la majorité du monde rural pour les résultats de leurs actions en matière de sécurité, les groupes d’auto-défense sont décriés par les organisations de droits humains. Ces dernières dénoncent et redoutent leurs méthodes qu’ils qualifient de hors-la-loi. Pour Urbain Yaméogo président du Centre d’Information et de Formation en matière de Droits Humains (CIFDHA), l’idée n’est pas de dire que les Koglweogo ne sont pas bon, mais d’attirer l’attention sur les dérives qui ne sont pas acceptables dans un Etat de droit. Et des dérives, on en constate en regardant le documentaire. Pour les Koglweogo, peu importe les méthodes utilisés, justice doit être rendu aux populations. Les présumés malfrats qui tombent dans les filets de ces « justiciers auto-proclamés » finissent avec des séquelles physiques, psychiques et parfois morts. Qu’ils aient plaidé coupables ou pas, ils sont fouettés et trimballés dans toute la ville pour être vus par tous.
Parlant de difficultés rencontrées lors du tournage de Koglweogo Land, Ismaël Compaoré explique : « nous avons eu des difficultés avec les forces de défenses et de sécurités qui ne comprenaient pas notre démarche. On a vécu des risques quotidiens avec les Koglweogo. Nous étions habités par la peur ». L’équipe de tournage a annoncé que le film-documentaire sera diffusé au cours de ce mois dans les villes de Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma, Dori, Koudougou et Ouagadougou et à partir de novembre, le cap sera mis sur l’international n

Faridah Djamila DICKO
(Stagiaire)


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