« Un Président au maquis », d’Hilaire Thiombiano : Ecran total de CanalOlympia

Publié le mardi 29 août 2017

CanalOlympia a l’ambition de favoriser l’épanouissement des talents locaux du cinéma africain. Cette ambition s’illustre parfaitement par la programmation de la « petite comédie burkinabè qui explose » : Un président au maquis du producteur burkinabè Hilaire Thiombiano, dans le nouveau réseau des salles africaines de cinéma du Groupe Canal Plus, à partir du 16 août prochain. Joyau de création produit par la Société Afrique Films, Un président au maquis a été choisi pour représenter le Burkina Faso aux prochains Trophées Francophones du Cinéma. Il a déjà été présenté en sélection officielle hors compétition au dernier Fespaco, où il a laissé hilare les cinéphiles de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Bamako. C’est cet éclat de rire que Canal Olympia va maintenant faire vibrer, simultanément, à partir du mercredi 16 août, ses salles déjà opérationnelles à Niamey, Douala, Conakry, Dakar, Ouagadougou. Cette sortie sera précédée d’une série d’avant-premières en présence du producteur, Hilaire Thiombiano. Et ce n’est pas tout. Cet éclat de rire va continuer à résonner sur l’ensemble du continent au fur et à mesure des ouvertures de nouvelles salles.
Le synopsis de cette folle comédie, un mélange de passion football dans un parfum de politique et d’amour : « nous sommes un jour de joie en République d’Afrique de l’ouest (R.A.O). Tous les habitants s’apprêtent à regarder à la télévision la finale de la Coupe du Monde, qui oppose les phacochères de la petite R.A.O aux aigles de la Grande Allemagne, tenant du titre. En principe, à l’heure du match, le président de la R.A.O, Basile Pomaréco, doit participer à une cérémonie du premier coup de pelle au côté de son homologue chinois, Xi-Jinping. Mais, fan absolu de foot, Basile n’imagine pas être le seul Ouest-Africain à rater » le match du siècle ». Mais il faut éviter l’affront avec la Chine. Basile prend un sosie, le cuisinier de « maquis Madou », en costume cravate, pour le remplacer à la cérémonie avec le dirigeant chinois. Le sosie est tenu de garder un secret total. Le président, lui-même, en dreads, prenant la place du sosie au maquis. C’est sans compter avec la femme du sosie, Fanta, tenancière du maquis, qui soupçonne Madou, son mari, de s’être absenté pour suivre le match avec sa maitresse. Elle l’appelle, le réclame d’urgence, menace de divorcer.
Cocktail de rire et d’émotion avant tout, Un président au maquis est une folle comédie à portée politique. Le scénario est burlesque et la caricature des personnages poussée à l’extrême. L’action est en outre servie par de formidables comédiens. Siaka Yra campe parfaitement à la fois le président, en costume cravate, et son sosie, en tee-shirt Sankara et perruque rasta. Désiré Yaméogo joue un chef d’état-major irrésistible de drôlerie. Josiane Hien, tenancière du maquis, bascule entre colère et tendresse, tandis que Mariam Ouédraogo, première dame, cache sous ses caprices un secret intime. Dans une Afrique où le fossé se creuse entre le peuple et le pouvoir, Un président au maquis joue sur une inversion des rôles gratifiante pour le public et, au final, réconciliatrice.
Un président au maquis aborde, un an après l’élection du nouveau président burkinabè, cette question simple mais essentielle : « nos chefs d’Etat sont-ils coupés du peuple ? Connaissent-ils notre vie quotidienne à nous les « gens normaux » ? Et s’ils la connaissaient mieux, ne seraient-ils pas de meilleurs présidents.
Cette problématique n’étant spécifiquement burkinabè, un pays fictif, la République d’Afrique de l’Ouest (R.A.O), a été créé pour les besoins de l’intrigue, et qui pourrait être aussi bien le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Sénégal… Aussi, les dialogues sont-ils écrits « ouest-africains », sans « burkinabismes », dans l’espoir que ce choix « contribue à créer le sentiment d’une identité ouest-africaine, sublimée dans le film par la victoire de la R.A.O en finale de la coupe du monde de football ».
Avec cette première comédie, Afrique Films tente, avec de maigres moyens, de lancer le concept de « films-événements » : des fictions en phase avec l’actualité. En 2018, avec les mêmes comédiens, purs produits de la scène théâtrale burkinabè, elle va récidiver avec sa deuxième œuvre. A travers celle-ci, elle se demandera cette fois « s’il est encore possible de se regarder dans la glace en repensant à Thomas Sankara dont on célébrera le trentième anniversaire de son assassinat en octobre ». Et, comme l’a écrit Morgane Le Cam (Le Monde Afrique), « la recette restera la même : s’emparer de l’actualité et pousser le cliché pour montrer que la farce et le burlesque africain peuvent aussi servir à dénoncer et à parler de sujets en phase avec l’époque. Et qu’il est possible de mettre les pieds dans le plat (…), mais avec finesse ».
La séance, en présence du réalisateur et de toute l’équipe du film, se tiendra le 12 août à Ouagadougou dans la salle CanalOlympia Yennenga à 20 Heures. Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, donnera le coup d’envoi de la projection.

AL


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