FBF : Des signaux d’inquiétude !

Publié le lundi 19 juin 2017

Le président de la FBF, le colonel Sita Sangaré est à son 2eme mandat. C’est le mandat de la maturité. De ce fait, les errements dans l’animation du fasofoot ne devaient plus avoir droit de cité. Et Pourtant…

Le tâtonnement dans la gestion des affaires de la fédération laisse pantois. Surtout quand la gestion des compétitions a de la peine à être maîtrisée, on ne peut que se poser des questions. Les clubs de D1 ne décolèrent pas en ce moment. Pendant que le championnat national entame sa dernière ligne droite et que le sprint pour la victoire finale est lancé, la sélection nationale des Etalons locaux programme un regroupement de 72 heures assorti de deux matchs amicaux. Jusque-là rien d’anormal. Mais il se trouve que le championnat national se poursuit et que les matchs de la Coupe du Faso aussi sont maintenus sans aucun report pour les équipes dont des joueurs sont convoqués. L’USFA se trouve dans cette situation. Le club militaire devait se passer de 3 éléments appelés en sélection. Mais l’un d’eux étant blessé (soit dit en passant on sélectionne même des blessés !) finalement le club militaire devait se séparer de deux de ses joueurs dont le gardien. Etant donné que ce club utilise en ce moment son 3e gardien car les deux autres sont blessés, il a fait la démarche envers l’entraîneur national des locaux pour demander qu’on ne lui enlève pas son seul gardien afin de lui permettre de pouvoir poursuivre la compétition. Finalement les deux joueurs de l’USFA n’iront pas en sélection. La commission de discipline dans une précipitation étonne plus d’un. Elle frappe d’une suspension de deux matchs les deux joueurs des compétitions nationales. Puis soudain elle réalise qu’elle a jugé, condamné sans avoir donné la parole à la victime. Sans honte, elle convoque les joueurs, leur entraîneur et l’entraîneur national des locaux pour les entendre sur la même affaire. Bon sang, pourquoi faire encore ? Le cas de l’USFA n’est pas isolé. Les bisbilles sont courants entre l’instance fédérale et les clubs sur les questions de regroupement des sélections. Le RCK l’a éprouvé. On lui a amputé 4 joueurs, et les meilleurs s’il vous plait. Et comme les textes disent que quand dans une équipe 4 joueurs sont appelés en sélection nationale, elle peut obtenir le report de ses matchs. Les Faucons ont demandé l’application du règlement. Ils n’auront pas gain de cause. On leur a signifié qu’un des 4 joueurs appelés était suspendu donc tout porte à croire que la sélection n’a privé le club que de 3 et non de 4, vu que le joueur sous suspension n’allait pas servir ! Evidemment le club a joué, mais est très remonté contre la fédération qu’il accuse de lui en vouloir.

Les clubs de D2 aussi touchés

Même les clubs de D2 sont touchés. Le directeur sportif de SALITAS, Boureima Maïga a été obligé de pousser un coup de gueule dénonçant des manoeuvres pour favoriser un club précis. Là encore le regroupement des sélections nationales des locaux qui prive le club de ses meilleurs éléments en est la cause. SALITAS est au coude à coude avec l’ASECK pour accéder en D1 la saison prochaine. Et à chaque fois, ces éléments sont appelés en sélection nationale sans que le report des matchs ne soit autorisé à l’équipe. La fédération doit le réaliser. Le regroupement anarchique de la sélection nationale des locaux biaise le jeu. Il est vrai que les textes fixent à 4, le minimum des absences pour le report des matchs. Mais ce dispositif ne concerne que les journées FIFA. Pour les matchs amicaux, il faut une entente entre clubs et sélections nationales. Ce sont les clubs qui paient les joueurs. Ce sont les clubs qui animent le football en permanence. Sans club, pas de foot, pas de fédération, pas de sélections. Lorsqu’une pratique fragilise les clubs, il faut y remédier. Surtout que les matchs amicaux sont aléatoires. Il est inconcevable que pour cela, l’activité d’un club soit perturbée. Mieux, une fédération est mise en place pour la défense des intérêts équitables des clubs. Que ce club ait porté sa voix ou pas pour le président élu dans la conduite des affaires du foot, il doit être banni toutes approches tendant à démontrer le favoritisme ou le règlement de compte. Nous le disons car le foot est en danger. Sans doute en désespoir de cause, le directeur sportif de SALITAS a révélé dans l’hebdomadaire Sidwaya sport que des membres fédéraux s’activent à mobiliser des fonds pour soutenir l’ASECK, un concurrent sérieux à la montée en D1. Il dénonce le fait que la FBF ait donné 500 000 F CFA en soutien à l’ASECK uniquement. Autant le dire net, c’est une grosse maladresse. Même si des fils de Koudougou sont dans l’équipe fédérale, ils sont astreints à l’obligation de neutralité. Et l’institution elle-même n’a pas le droit de soutenir une équipe au détriment des autres, surtout pas à un moment aussi décisif. Ça fait désordre. Le foot ne saura se construire dans la suspicion et l’exclusion. L’équité, la justesse ont encore manqué dans la gestion des ballons de la FIFA. En effet, le Burkina tout comme d’autres fédérations soeurs a reçu 5000 ballons de la faitière mondiale. Même si la FIFA n’a pas dit que ce matériel devait revenir aux clubs, ce sont ces formations qui animent le foot et ont besoin d’un soutien matériel.

Les ballons de la discorde

La FBF a vu juste en décidant de doter les clubs de ballons reçus. Mais là où le bât blesse c’est le nombre de ballons distribués et la clé de répartition. Chaque club de D1 et de D2 a reçu 10 ballons. Les clubs de D3 eux n’ont reçu que 2 chacun ! Un calcul rapide fait ressortir que les 16 clubs de D1 et les 32 de D2 ont reçu 480 ballons. Les D3 qu’on estime à 50 ont pris 100 ballons. Au total donc, moins de 600 ballons sont sortis sur les 5000, il y a à se demander ce que la FBF fera du reste. C’est du matériel périssable. Surtout stocké dans de mauvaises conditions, un ballon n’a pas une longue durée de vie. Pourquoi alors la FBF a-t-elle fait preuve de main dure ? Mieux, pourquoi 2 unités seulement de ballons aux clubs de D3 ? Il ne faut pas se leurrer, ce sont les clubs de D3 qui forment réellement les joueurs. Or, ces formations évoluent dans le dénuement total. Elles n’ont pas de subvention fédérale (contrairement aux clubs de D1 et D2 qui eux reçoivent un appui financier de la FBF). Ces clubs de D3 ne sont pas éligibles à la bourse du ministère des sports qui sert des salaires mensuels à des clubs. Partant, tout porte à croire que c’est eux qui avaient besoin de ballons. Mais manifestement, on a décidé de prendre le peu des pauvres pour le donner aux riches. Quelle morale ! Pour montrer leur désapprobation, certains clubs de D3 ont simplement refusé de prendre les ballons offerts. Nous le disons une fois de plus, il faut de la juste mesure dans la gestion du foot national. On bande le muscle là il ne faut pas. C’est sur le terrain du marketing que l’on aimerait voir une fédération offensive. Là, on n’y est pas. La divulgation de la signature d’une convention de 5 ans entre la FBF et Orange Burkina pour un montant nous laisse perplexe. Déjà, le nombre d’années, 5 ans. Le mandat du président Sangaré est de 4 ans. De quel droit s’est-il autorisé de lier la Fédération au-delà de son mandat ? Et si la Fédé change de main pourquoi voudrait-il que son successeur voit une partie de son mandat entraver par des engagements du président sortant ? Il y a maldonne. Mais le plus écoeurant, c’est le montant de la convention. Orange s’engage pour 500 millions de F CFA, c’est à dire un peu moins de 100 millions par an ! Une broutille ! A l’annonce de la convention, nous avons essayé de regarder la hauteur des engagements de Orange dans la sous région avec les fédé soeurs. Chez notre voisin malien, le partenariat entre la Fédé et Orange qui a commencé en 2010 a coûté 4 millards de F CFA. Par an, le foot malien reçoit ce que la FBF va recevoir en 5 ans ! Simplement révoltant. On ne peut pas brader l’image du foot de la sorte. En terme d’éclat, les performances présentes des Etalons permettent de vendre plus chère l’image de marque de notre équipe nationale. Sans tenter une comparaison, ces dernières années le Mali a peut être été plus régulier en accédant aux quarts de finale des CAN que le Burkina mais en terme de résultats, les Etalons ont frappé plus fort. Pour ajouter un 2e cas dans la comparaison, la Côte d’Ivoire vend ses éléphants à 1 millions d’euros, soit 665 millions de F CFA l’an ! Et cette fois-ci, les Ivoiriens jugeant le montant trop faible réclament 3 millions d’euros soit un peu plus de 1 milliard et 500 millions de F CFA l’an à Orange pour céder les droits des Eléphants ! C’est le même Orange qui opère dans les trois pays. Il est vrai que le chiffre d’affaires est un facteur déterminant. Sur ce point, le marché nous semble plus dynamique en Côte d’Ivoire pour tenter une comparaison avec le Burkina. Mais nous voulons qu’on nous convainc que le Mali est plus prolifique sur le marché de la consommation que nous, au point que Orange mette 500 millions là-bas quand elle ne donne que 100 chez nous. Assurément quelque chose ne va pas. La faute à nos dirigeants qui ne savent pas se vendre. Dommage !

J J Traore


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