Jazz à Ouaga : 25 ans déjà !

Publié le mardi 30 mai 2017

La 25ème édition du festival Jazzà Ouaga a eu lieu du 28 Avril au 6 mai 2017. Durant neuf jours, Ouagadougou a vibré au rythme du Jazz. Pour fêter ce quart de siècle, plusieurs troupes de danses et autres artistes internationaux ont fait le déplacement pour promouvoir la musique Jazz.

Annoncé en grandes pompes, le festival international de Jazz à Ouaga a soufflé ses 25 bougies à travers un programme riche en musique. Pour ce faire, c’est une cérémonie d’ouverture en couleurs avec le prince du Djongo, Bil Aka Kora et la star planétaire Joss Stone qui a été offerte au public. « Pour ce vingt-cinquième anniversaire, Jazz à Ouaga a une nouvelle fois cherché à se renouveler, avec une exigence élevée, afin de proposer une programmation de qualité », selon le président du festival, Abdoulaye Diallo. En effet, en plus des concerts, la programmation affiche la 10e édition du concours Jazz performance destiné uniquement à la promotion de jeunes talents musicaux. Aussi, il a été question durant cette célébration, d’un atelier de formation en faveur des acteurs du monde de la musique sur le thème « les étapes vers une carrière professionnelle dans l’industrie musicale » au Bureau burkinabè des droits d’auteurs (BBDA). En collaboration avec Music in Africa ( MIAF) et le Goethe-Institut, l’organisation de l’atelier de formation en marge du festival a permis aux acteurs de l’industrie musicale d’avoir une certaine maitrise des concepts de « managers, d’éditeurs, de droits d’auteurs, etc. » pour une carrière artistique plus professionnelle et durable. Ils ont cotoyé durant quatre jours des grands noms de la musique comme Blick Bassy, José Da Silva, Smockey, Bil Aka Kora et bien d’autres. Pour Mai Lingani, et ses collègues, qui ont pris part à l’atelier, « cela a été un plus » pour leur carrière d’artistes, de managers, de producteurs et de tout autre métier dans l’industrie musicale.
Cette année, le festival ne s’est pas limité qu’à l’Institut Français. Il s’est offert « le village » à la place de la révolution dans l’espoir d’attirer un public réticent à aller dans les salles de spectacles. Jazz à Ouaga, pour son président Abdoulaye Diallo, ce sont 25 ans de passion et de travail acharné, 25 ans de partage et de générosité !

Mariam SAGNON (Stagiaire)

Le festival s’est bonifié

Les lampions se sont éteints sur le Festival Jazz à Ouaga le 6 mai dernier. Sous le thème : « Jazz A Ouaga, ¼ de siècle au service de la culture ». Ce qu’il convient d’appeler « le plus grand festival du genre en Afrique » a à l’occasion connu des programmes alléchants tels Jazz school ou Jazz performance.

« A date exceptionnelle, commémoration exceptionnelle ». 25 ans déjà que le Festival de musique Jazz à Ouaga fait son petit bonhomme de chemin à en croire les organisateurs .A l’occasion, le programme du festival s’est voulu exceptionnel : « Pour ce vingt-cinquième anniversaire, Jazz à Ouaga a une nouvelle fois cherché à se renouveler avec une exigence élevée afin de proposer une programmation de qualité » a dit le président de la manifestation Abdoulaye Diallo. Initié au sein des établissements scolaires les années antérieures, Jazz school a installé ses projecteurs au sein du Musée national cette année : « Au départ nous organisions des concerts au sein des établissements. Cette année nous avons voulu joindre l’utile à l’agréable. Au lieu que les élèves se contentent d’écouter la musique, nous avons également voulu qu’ils visitent les collections du musée », a expliqué le président Diallo. Ils étaient une cinquantaine d’élèves venus du lycée technique Amilcar Cabral (LTAC) à prendre part à ce concert en plein air le jeudi 4 mai. « Jazz school c’est le jazz à l’école » a expliqué Abdoulaye Diallo.
L’objectif étant de démystifier le Jazz et d’intéresser les élèves à la musique de qualité : « Nous voulons sensibiliser les oreilles et préparer les enfants à s’habituer à la bonne musique pour ne pas être emportés par n’importe quoi. » Dès 17h, le ton de la soirée a été donné par Patrick Kabré lauréat de Jazz performance en 2012 et son groupe. Face à un public jeune, l’idée n’était pas forcement de se définir dans un genre musical précis mais de créer les conditions d’une ambiance festive et les impliquer au moment. C’est ainsi que la danse bouanda- bouanda a porté tous ces fruits. Timide au départ, le jeune public s’est après laissé endiabler par des musiciens tous masqués.
Pour Armand Ouédraogo élève en classe de 3e présent à cette soirée, le Jazz n’est pas un secret pour lui. Il prétend qu’il a été bercé par ce genre musical pour avoir passé sa tendre enfance avec ses grands-parents. Martine Kaboré elle, dit être venue découvrir le Jazz. La soirée s’est refermée avec la prestation de Calvin Jackson, jazzman résidant dans le nord-est des Etats-Unis.

2017, une meilleure édition pour Jazz performance

Apres les enchanteurs, c’est au groupe Sabwana orchestra que revient le saxo d’or avec la plus forte moyenne jamais obtenue de l’histoire de ce concours à en croire les organisateurs. Consacré lauréat 2017 avec une moyenne de 16,33, le groupe est reparti avec une attestation et une enveloppe de 700 000 francs en plus du trophée. Le saxo d’argent lui, est revenu au groupe Sydyr avec une moyenne de 15,50. Le groupe a empoché la somme de 400 000 francs plus une attestation et le trophée. Quant au saxo de bronze, il est revenu avec à Jazzpel. Avec une moyenne de 13,33, le groupe a eu droit à la somme de 200 000 francs plus une attestation et le trophée.
Vingt-trois candidats au départ, ce sont finalement 6 groupes qui ont été jugés dignes de continuer la compétition et qui ont presté à la k-fête de l’Institut français du 28 avril au 5 mai dernier. Le jury présidé par Eveline Somé, journaliste culturelle, Abraham Abassagué, professeur de musique et Jessy Josias Ouédraogo musicien bassiste, a écouté, analysé, et noté les différentes œuvres sur les critères tels le rapprochement avec la musique Jazz, la présence scénique, la maitrise des instruments ou vocale, l’interprétation de la chanson imposée, l’orchestration ou l’originalité. Dans l’ensemble, le niveau était satisfaisant a noté le jury : « C’était une édition très difficile, les groupes étaient assez bon » a reconnu la présidente du jury. Pour Abdoulaye Diallo président la manifestation, l’édition 2017 est la meilleure : « Il y a eu 23 candidatures pour le concours Jazz performance. C’est un record. On n’avait jamais dépassé 15 groupes. Cette édition a également enregistré la plus grosse moyenne jamais obtenue ». En guise de recommandation le jury a exhorté le comité d’organisation à apporter un coaching aux différents groupes retenus avant la compétition pour les éditions à venir.

Assita SANOU


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