Bob Dylan : Un prix Nobel très spécial !

Publié le mercredi 5 avril 2017

Certainement que de nombreux adolescents actuels ne le connaissent pas et seront étonnés de voir décerner un prix Nobel de littérature. Lui, le papy artiste musicien. Mais, leurs tontons qui ont fait la boom dans les années 60-70 se souviennent encore de cette voix nasillarde, de ce parler-chanter original et de ces mots militants qui disaient la liberté comme le vent qui souffle. En lui décernant le prix Nobel de Littérature 2016, l’académie suédoise a voulu récompenser un talent et un style original à travers cet artiste de 75 ans qui a su : « créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique ». Selon le mot de Sara Daniusa secrétaire générale de l’Académie suédoise. L’Américain Robert Allen Zimmerman, alias Bob Dylan est ainsi le premier musicien à décrocher cette récompense. Plus connu dans les grins de thé comme étant l’homme à l’harmonica, Dylan est un artiste complet. Né dans l’état du Minnesota (USA) le petit Robert se plonge très tôt dans l’univers de la musique à travers la pratique du piano et de la guitare. Auteur, compositeur, chanteur, poète, peintre Bob a certainement été influencé par sa vie passé au Village de Greenwich, dans le Quartier des Poètes. A partir de 1961, l’homme à la guitare et à l’harmonica qui jouait seul ou avec des groupes restreints dans des petits cafés concerts, commence son odyssée artistique, tout en musique. Il sort en 1962 son premier album : Blues et de Folk en interprétation plus une composition personnelle. L’album n’aura qu’un succès mitigé. Mais un an plus tard avec la sortie de The Freewheelin’ le succès est là. Avec le soutien de l’icone du folk Joan Baez, Bob vole de succès en succès. A 21 ans, les droits civiques, l’égalité humaine, la paix dans le monde, etc. sont ses thèmes favoris. Il se mobilise particulièrement pour la cause des Noirs et le retrait des troupes américaines du Viêtnam. Le vent de liberté l’emporte dans les cieux de la consécration. Blowin’ In The Wind, premier tube de l’album, devient l’hymne de toute une génération. En 1963 il a marché aux côté de Martin Luther King, celui-ci prononça son anthologique discours « I have a dream ! ». Malgré le succès planétaire le poète a gardé les pieds sur terre. Il impose son style qui influence aussi bien le collègue musicien que le politique au sommet. N’est-ce pas Ismaël Lo ? Distinction honorifiques de gauche à droite décernées par des hommes d’Etat que pourtant il n’a jamais ménagé dans ses morceaux. Son deuxième album, The Times They Are A-Changing, confirme l’engagement du chanteur que d’aucuns considèrent comme « un chroniqueur social. » En 2013, Dylan fête ses 50 ans de carrière avec une compilation de 35 chansons inédites enregistrées entre 1969 et 1971 :’’Bob Dylan’s The Bootleg Series, Vol. 10 Another Self Portrait (1969 – 1971)’’. La pochette est réalisée par le peintre Dylan lui-même. Like a roling stone, Dylan évolue comme le bon vin. L’âge le bonifie pour le plaisir des mélomanes. En attendant le 10 décembre, les interrogations vont bon train. Viendra ou viendra pas… à Stockholm pour recevoir sa distinction. Le Grand Jean-Paul Sartres n’avait –il pas refusé cette haute œuvre honorifique en 1964 ? En tout cas Dylan laisse planer le suspense. Et pourtant pour ce prix, le peloton de tête était bien serré comme me l’ont fait remarquer mon ami Alceny Barry et le petit Salouka de Bobo. Avec le Kenyan Ngugi Wa Thiong’o, le Syrien Adonis… Mais écrire c’est bien, mettre en son ses poèmes c’est encore mieux et ça touche plus et voyage facilement. Si le Nobel suivait la formule de nos Galian du Faso, où le compétiteur dépose lui-même son œuvre pour attendre le verdict du jury, sûr que Dylan n’aurait rien fait. Alors, si le 10 décembre Dylan ne se présente pas en Suède, le jury n’aurait pas à rougir, car en plus de l’unanimité faite sur son choix, c’est l’originalité 2016 qu’il convient de saluer. Cela vient rappeler que la chanson fait partie des genres de la littérature. Parlant de ceux qui ont par le passé décliné le Nobel, le secrétariat rassure. « Le fait qu’ils aient décliné cette distinction ne modifie en rien la validité de la récompense ». C’est donc désormais gravé dans du marbre. Mistler Tambourin man a encore du plaisir à revendre au monde entier, même si en concert en Chine ou en Russie sa playlist n’a pas laissé apparaitre certains tubes qui auraient pu déranger. Autocensure d’un papy qui en a vu des vertes et des pas mûres. Ces petites concessions de sage du troisième âge ne sont pas à mettre au compte de la compromission. Le combattant des causes justes tient à le demeurer jusqu’au dernier souffle. Les centaines de disques qu’il a mis sur le marché seront toujours là pour le lui rappeler. Car comme dit l’adage « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». Salut l’artiste du reste !

Ludovic O KIBORA


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