SIAO 2016 : Une édition de relance sous haute sécurité

Publié le mercredi 5 avril 2017

Les lampions se sont éteints sur la 14ème édition du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou. Tenu dans un contexte d’insécurité généralisée, le premier SIAO post insurrectionnel a mobilisé un impressionnant dispositif sécuritaire. Cette initiative n’a pas été appréciée de tous.

Le Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou SIAO a tenu toutes ses promesses. « Près de 3000 exposants venus de 27 pays, 490 journalistes, 190 acheteurs professionnels » ont pris part à l’événement, selon le Commissaire général du SIAO, Dramane Tou. Considérée comme l’édition de relance après le report de 2014, l’objectif majeur de cet événement était de rassembler pendant 10 jours les meilleurs artistes du continent afin de leur assurer des débouchés sur des marchés nationaux et internationaux et leur permettre d’échanger leurs expériences. Ce SIAO a une fois de plus mis en exergue les talents des artistes africains. Cette édition de relance a connu des innovations tels que la mise en place du point d’information dénommé « point i » dans les pavillons, l’amélioration du système d’accréditation par la création de guichets accessibles de l’extérieur, l’institution du pôle de région du Burkina Faso, l’amélioration du système d’inscription et d’attribution des stands en ligne, le renforcement de l’utilisation des moyens modernes de paiement des tickets d’entrée du SIAO et des rencontres d’affaires B to B.

Un dispositif sécuritaire décourageant
« Franchement c’est énervant, si je savais que c’était comme ça, je ne serai pas du tout venue. Trois heures de temps pour rentrer au SIAO ! » Ainsi s’exprimait une femme avec ses deux enfants pleurant sous le coup du soleil cuisant. L’un dans les bras et l’autre à même le sol demandant lui aussi à être porté. Le troisième enfant, une fille, un peu plus grande et avec un sac accroché à l’épaule ne présentait pas une mine plus gaie non plus. Les raisons de cette mauvaise humeur sont à mettre au compte de l’impressionnant dispositif sécuritaire qui a été déployé pour la circonstance. A en croire le ministre Stéphane Sanou, les forces de l’ordre étaient au nombre de 800. C’est que ce dispositif sécuritaire prévu pour dissuader les terroristes dans leur projet funeste a aussi découragé certains visiteurs venus pour prendre part à la foire. Véhicules, sacs, poches, chapeaux, tout était fouillé de fond en comble.
Les visiteurs s’alignaient dans des rangs interminables. Entre le rang d’achat de ticket et les deux rangs de fouilles longs de plusieurs dizaines de mètres, les visiteurs étaient fatigués. Cette attente a été rendue plus difficile par les ruptures de vente de tickets enregistrées au cours de quelques matinées. A cela il faut ajouter la distance parcourue à pied pour atteindre le site, la zone piétonne étant délimitée à 500m autour du SIAO. Face à toutes ces difficultés, certaines personnes ont simplement rebroussé chemin ou choisi de rompre les rangs. Inoussa Ouédraogo, lui n’a pas vu les choses de cet œil. Pour lui, la sécurisation des lieux était à mettre au compte des motifs de satisfaction au regard du climat sécuritaire national et sous régional. Le Ghana était le pays invité d’honneur. On note également la participation des pays hors du continent africain tels que les Pays-Bas, le Pakistan, l’Inde, la France et l’Italie.

Assita SANOU

Ghana day

Le Ghana day a été l’un des moments fort de ce 14ème SIAO. C’était une journée dédiée au Ghana, pays voisin situé au sud du Burkina Faso. En effet, à chaque édition du SIAO, un pays invité d’honneur est choisi pour la circonstance. Les stands du pays invité d’honneur présentaient entre autres des objets d’art, des objets recyclés, des articles de mode et des objets divers. Lors de la visite guidée organisée à cet effet, le ministre Stéphane Sanou du commerce et de l’artisanat a confié que le Ghana méritait cette place de pays d’honneur. « J’ai visité quelques stands ghanéens et je suis assez stupéfait. Je suis très content et assez joyeux de constater l’originalité dans pratiquement tous les stands à travers les objets d’art exposés. C ‘est surtout la finition qui m’a attiré et me réconforte dans ma position que le Ghana est un pays d’artisanat qui mérite sa place dans le salon », a-t-il ajouté. Pour le représentant du ministre du commerce ghanéen, James Tiigah, la cinquantaine de stands reflétaient l’artisanat ghanéen.

A S


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