La voix de Djodjo

Publié le vendredi 4 novembre 2016

Ce n’est pas le titre d’un roman de Beli Nebié, ce prof de SVT spécialiste des écrits sur la sorcellerie en pays Gourounsi du Burkina Faso. Djodjo c’est plutôt le nom d’artiste de SANOU Georges Christophe Gaudens, un artiste musicien du Faso. Né aux bords de la Lagune ébrié il y a de cela 38 hivernages, il a très vite été influencé par les voix des grands chanteurs de l’époque : Salif KEITA, François LOUGAH, Amadou BALAKE, Maki CISSE, Moussa DOUMBIA… La fibre artistique se construit au rythme de la chorale de l’église du voisinage et des sonorités des fêtes traditionnelles périodiques des Ebrié. Dès l’école primaire, Georges s’amuse à composer des chansons et à imiter ses idoles. Esprit de la musique es-tu là ? En tous cas le retour au pays avec toute la famille va forcer le réveil du talent.
Alors, il forma au début des années 2000 le groupe tondfantenga avec Waheb, Serge et Lamine. Ainsi débute sa carrière musicale véritable. Chanteur, auteur-compositeur, il entreprend de maitriser d’autres instruments. Chanteur c’est bien, mais chanteur-musicien c’est encore mieux. Ça aide à la composition. En autodidacte, Djodjo maitrise la guitare et le piano. Avec la volonté on peut déplacer des montagnes. C’était le début d’une grande aventure. Avec tondfantenga, il est le principal auteur-compositeur des morceaux du groupe. L’aventure ne dure que 3 ans. On ne mobilise quelqu’un que sur la base des ses intérêts dit le dicton. Lorsque les intérêts divergent dans un trio… Pour vivre décent en attendant des lendemains meilleurs avec sa passion artistique, Djodjo touche à tout sur le plan professionnel. Il n’y a pas de sot métier. C’est ainsi qu’il se retrouve en 2008 chef d’agence d’une société de transit à Bittou, à quelques encablures de la frontière Burkina Faso-Togo. Un musicien ne résiste pas à l’appel du cor. Très vite Georges Sanou intègre un Band informel animé alors par Pactole (Kouraogo Saidou), Ali dji (Bagayan Cheick Ali) et Big Mano (Zongo Hermann). Le fan du grand bassiste camerounais Richard Bona, s’adapte au Rap hardcord, spécialité de cette formation qui fait danser de part et d’autre de la frontière du « Pays des hommes intègres ». L’appétit vient en mangeant, dit-on. Djodjo après toutes ces années passées sur des scènes, sait que dans le milieu du show-biz, le meilleur CV c’est l’album mis sur le marché. Alors, il décide d’aller chez Bra Keita à Tampouy au studio jam record. Sous la tutelle des maestro Bruno LINGANI dit Brunish et Dando Sylvain PARE, en octobre 2012, le premier bébé est né. En effet il a fallu neuf mois de travail pour que SOMPEDIA (amour du prochain en langue bobo) voit le jour. C’est un album qui comporte 11 titres. En français, dioula et bobo, l’artiste chante l’amour, la solidarité, l’Afrique… Afrika – Awolo – Bébé – Dalo – Djarabi – Djelikan - Djouma lima – Farafina – Mariama - Tama et Téritchè des titres qui disent tout sur le contenu. Le rythme est la quintessence des sonorités qui ont influencé le parcours du jeune Georges, d’Abidjan à Ouaga en passant par Bobo Dioulasso. En 2015, tout en continuant la gestion de son maquis des 1200 logements, il scelle un partenariat avec l’orchestre Burkina Stars qui, comme son nom l’indique est animé par de grands musiciens. Ensemble ils ont déjà donné quelques spectacles lors desquels les mélomanes ouagalais ont eu l’occasion d’apprécier des rythmes en couleur de SOMPEDIA. La maison des artisans, BOLOBARASSO sise face à l’Université Ouaga 1 Pr. Joseph Ki-Zerbo, a décidé aussi de lui ouvrir ses portes pour un partenariat bien rythmé. Artiste musicien très lucide, Djodo qui est titulaire d’un Certificat d’Aptitude Professionnel (CAP) option déclarant en douane et transit, sait que les débuts sont difficiles en toute chose. Ce n’est surtout pas facile dans le domaine de l’art et de la musique. La foi, le travail et la persévérance sont importants pour aller de l’avant. Djodjo, vient récemment de créer son propre groupe avec des « requins » de la place. C’est dire donc qu’il continue, entre différents métiers périodiques, de faire émerger sa passion. C’est une question de conviction. N’est-ce pas de cela que la vocation a besoin pour éclore ? Salut l’artiste !

Ludovic O KIBORA


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