Tennis : Le baroud d’honneur refusé au président

Publié le lundi 17 octobre 2016

La crise ouverte depuis un an s’est amplifiée en cette période de veillée électorale des structures sportives. Logique. C’est le moment où on sort les armes, les anciens dossiers sont remis sur la table où tous les moyens sont bons pour compromettre un potentiel adversaire. Au tennis, il s’en est trouvé entre temps pour dénoncer « l’inactivisme » du président, Christian Zongo. Le mouvement « Zongo doit partir » amorcé depuis un an n’a pas pu aboutir. Le patron du tennis a tenu la baraque jusqu’à la fin de son mandat. Pour lui, partir n’était pas inenvisageable. Seulement, après avoir fait 12 ans à la tête de ce club de service, selon lui, il fallait qu’il parte par la bonne porte. Et vu qu’en face, des frondeurs ne voulaient pas l’entendre de cette oreille, ils n’ont rien eu à faire que prendre en otage le championnat ! Les frondeurs ont purement et simplement boudé le championnat.
Disons-le tout net, il est impardonnable à un sportif de refuser la compétition qui plus est, le championnat, l’épreuve reine de toute discipline. Peu importe la justesse des raisons. Le championnat est sacré. Il est unique dans une saison. En plus, le président a clairement présenté cette compétition comme une sorte de baroud d’honneur. Il l’organise et s’en va puisse qu’il ne sera plus candidat à sa propre succession. Alors le débat devait être clos. Et surtout que les prix étaient rarement bien dotés cette fois-ci. En effet, l’une des revendications des frondeurs part du fait que les prix proposés lors des compétitions de tennis étaient très dérisoires. Il faut dire que le président Zongo a eu du mal à faire passer son discours sur toute la ligne. Face à la difficulté d’organiser des compétitions, il a refilé la patate chaude aux clubs. Ainsi, il revenait à chaque club d’organiser chacun au moins un tournoi par mois. Le calcul rapide fait ressortir 8 compétitions pour les clubs de Ouagadougou. Et pour parfaire ce calendrier, la Ligue offrira une compétition. Evidemment ça n’a pas fonctionné. Et à l’heure du bilan, il faut que la Fédération accepte sa part de responsabilité grande dans cet échec. C’est à elle de remplir le calendrier sportif de la discipline pas aux clubs. Toutefois, un esprit de mercenaire s’est installé dans le tennis burkinabè qui a annihilé les plans de construction de la fédération. En effet, un projet d’école de tennis lancé a permis d’ouvrir des centres d’apprentissage de la discipline. Six écoles ont été ouvertes à Ouagadougou, une à Koudougou et une à Bobo-Dioulasso. Les moniteurs de ces écoles sont aussi les tennismen. La Fédération, malgré la modestie des moyens, accordait une prime de 1000 F CFA par heure à ces encadreurs. Mais le projet n’a pas eu les résultats escomptés. Car les formateurs préféraient plutôt assurer l’encadrement individuel d’enfants de famille aisée prête à payer la séance à 3500 F CFA l’heure. Si personne ne peut en vouloir à ces pratiquants de vendre au plus offrant, il y a que les actions planifiées charriées de l’avenir de la discipline devraient être la première préoccupation. Et dire que ce sont ces mêmes qui jugent le président Zongo ! Vraiment le sport a souvent sa logique que la logique elle-même ignore.

J J Traoré


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