Fin du TAC à Yamoussoukro : Les 12 accords qui relancent la coopération

Publié le lundi 5 septembre 2016

Les travaux du 5ème sommet du traité d’amitié et de coopération ont pris fin le vendredi 29 juillet à Yamoussoukro par la rencontre des deux présidents. Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et Alassane Ouattara ont, par ailleurs, signé douze projets et accords adoptés la veille par le conseil des ministres conjoint du sommet, sous la houlette des deux premiers ministres, Daniel Kablan Duncan de la Côte d’Ivoire et Paul Kaba Thiéba du Burkina Faso.
Douze accords ont été signés pour renforcer l’axe Abidjan-Ouagadougou. C’est le moins qu’on puisse dire au regard de la situation délétère qui a prévalu avant le sommet. Ainsi pendant trois jours, les deux gouvernements réunis en conseil des ministres conjoint du sommet ont travaillé d’arrache-pied pour identifier puis adopter douze projets viables.
Ces accords qui ont été signés par les deux chefs d’Etats sont relatifs à plusieurs domaines. Il s’agit entre autres de la culture, du tourisme, de l’aviation, de l’énergie, des infrastructures routières et ferroviaires, de la santé et bien évidemment de la sécurité en raison du terrorisme qui sévit depuis peu sur le continent et dans le monde.
Dans le domaine des infrastructures routières, par exemple, les deux pays sont convenus de la nécessité et de l’urgence de réhabiliter l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou d’un montant de cent (100) milliards de Fcfa. Sur ce, il a été décidé de diligenter des études de faisabilité et de rechercher des sources de financement.
En ce qui concerne la réhabilitation du chemin de fer Abidjan Ouaga-Kaya et son prolongement à Tambao, les deux autorités au sommet des Etats attendent de finaliser les négociations avec les partenaires que sont les groupes Bolloré et Pan African Minerals. Pour ce qui est de la coopération énergétique, il faut accroître l’interconnexion entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Il est question de passer de 70 mégawatts dont bénéficie déjà « le pays des hommes intègres » de la Côte d’Ivoire à 80 mégawatts ; soit une augmentation de 10 mégawatts.

Autres protocoles d’accords
A ces grands projets, il faut ajouter une panoplie d’autres comme ceux concernant la facilitation des activités de la chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso en République de Côte d’Ivoire, au mémorandum d’entente en matière d’enseignement technique et de formation professionnelle, aux services aériens, aux opérations de recherches et de sauvetages d’aéronefs, au protocole d’accord portant création du comité paritaire spécialisé de coopération dans le domaine du tourisme, le protocole portant création, organisation et fonctionnement de la commission permanente de suivi de l’accord de coopération en matière de lutte contre la traite transfrontalière des enfants, le protocole de coopération entre l’université Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire et le centre national de recherche scientifique et technologique du Burkina Faso, le protocole d’accord entre l’Université Félix Houphouët Boigny et le centre national de recherche scientifique et technologique du Burkina Faso, le protocole de coopération entre le centre de recherche agronomique de Côte d’Ivoire et le centre national de recherche scientifique et technologique du Burkina Faso et enfin le protocole de coopération entre la société ivoirienne de technologie tropicale et le centre national de la recherche scientifique du Burkina.

Questions sécuritaires
En outre, les deux chefs d’Etat ont trouvé l’impérieuse nécessité d’évoquer les questions sécuritaires. Le président ivoirien Alassane Ouattara a indiqué que les questions sécuritaires, notamment la lutte contre le terrorisme font désormais partie intégrante de l’agenda du Tac. La mémoire collective se rappelle qu’au moins de janvier 2016, les terroristes ont frappé en plein cœur de Ouagadougou sur l’avenue Kwamé Nkrumah. Peu de temps après, c’est au tour de Grand Bassam en Côte d’Ivoire de subir les affres de ces femmes et hommes sans loi ni foi.
A l’occasion de ce traité d’amitié et de coopération, le sujet n’a pas été occulté. Bien au contraire ! C’est ce qui explique d’ailleurs l’engagement des deux pays à fédérer leurs services de renseignements pour traquer les djihadistes jusqu’à leur dernier retranchement.
Ce 5ème sommet du TAC, loin d’être folklorique, a comblé les attentes et suscité de l’espoir. Il a, à n’en point douter, contribué à dégeler les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso et a inauguré une nouvelle ère entre ces deux peuples qui se connaissent et s’apprécient bien.
C’est en tout cas, la relance d’un partenariat ‘’gagnant gagnant’’ à travers des projets et accords qui faciliteront le commerce et l’économie des deux pays s’ils sont mis en application.
Le cas de l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou est illustratif et évocateur. Idem pour le chemin de fer Abidjan- Kaya-Tambao lorsqu’on sait qu’il ne saurait avoir de prospérité économique sans infrastructures routières.
La lutte transfrontalière contre la traite des enfants, s’inscrivant dans le commerce honteux décrié depuis des siècles, donnerait un visage plus humain à nos deux Etats.
Ainsi qu’il suit beaucoup de chantiers ont été ouverts et leur mise en œuvre viendrait couronner le succès qu’a connu ce traité à tout le moins stratégique pour la survie des deux pays.

Raphaël N. Aspavati (stagiaire)

Deux pays, un même peuple

Qui l’eut cru ? Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, deux pays frères et amis, ont réussi de fort belle manière à tourner la page tumultueuse de leur histoire.
Le traité d’amitié et de coopération, mis à mal par les récents événements qui ont entraîné la chute du régime Compaoré, a survécu.
Le spectre de la division et de l’embrouillamini au sommet des deux Etats, en lien avec le mandat d’arrêt contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne pour son implication supposée dans le putsch de Septembre 2015, a été conjuré. Le chemin se trouve alors balisé pour le 5ème sommet du Tac.
Ce traité d’amitié et de coopération s’est effectivement tenu du 27 au 29 juillet 2016 à Yamoussoukro, la capitale politique et administrative ivoirienne, au grand bonheur des populations des deux Etats.
Il a connu, au plan politique, et on peut l’affirmer sans le moindre risque de se tromper, un succès franc. Car ce qui n’était pas évident au départ l’a été finalement le vendredi 29 juillet 2016.
En effet, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire se sont rencontrés. Au- delà des accolades sous caméras, le tapis rouge pour accueillir son hôte et homologue burkinabè et les civilités d’une retrouvaille inespérée, les deux hommes ont réitéré leur volonté de conjuguer ensemble leurs efforts pour pérenniser ce traité.
Le président Alassane Ouattara déclarait à cet effet : « (….) Nous faisons tout pour que la coopération s’accélère au cours des mois et les années à venir. Nous sommes confiants. »
Et à son homologue burkinabè, le président Roch Marc Christian Kaboré de laisser entendre : « (…) Ensemble, nous saurons relever le défi d’une coopération exemplaire entre les peuples burkinabè et ivoiriens. »
Voilà qui relance sans couac, la coopération entre ces deux pays frères et amis, séparés par des frontières artificielles héritées de la colonisation, mais dont le destin reste commun parce qu’ils constituaient un même Etat et un même peuple.
Faut-il encore le rappeler ? Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, autrefois, étaient un même Etat (la Haute et la basse Côte d’Ivoire) pendant une quinzaine d’années. Les liens sont donc séculaires voire légendaires. C’est pourquoi, les deux présidents, conscients de l’enjeu et de la nécessité de se mettre ensemble pour relever les défis qui sont les leurs dans un environnement économique difficile, n’ont ménagé aucun effort pour échanger sur des questions d’intérêts majeurs pour leur pays.
Une douzaine de projets et accords ont été identifiés et signés dans divers domaines donnant un contenu économique et sécuritaire à la coopération. C’en est, en tout cas, un bel exemple d’intégration bilatérale dont peuvent s’en orgueillir les deux peuples à l’heure de la globalisation mondiale.
Et quoi qu’on dise, en privilégiant le dialogue et la négociation dans le règlement des différends, les deux parties ont sauvé l’essentiel : vivre ensemble dans la paix et la prospérité partagée.
Du reste, le 5ème sommet du traité d’amitié et de coopération (TAC) a survécu ; et les regards sont tournés vers 2017 n

Raphaël N. Aspavati (stagiaire)


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