Association blessés de l’insurrection : Quand l’argent divise

Publié le mardi 30 août 2016

L’Association des Blessés de l’insurrection Populaire du Burkina, ABIP-Burkina, bat de l’aile selon le vice-président de l’association Hermann Bazié. Le président et quelques membres du bureau seraient non grata pour cause de mauvaise gestion et détournements. Le président de l’association Dramane Ouédraogo et son secrétaire général Adama Tapsoba crient à la calomnie.

« L’ABIP adhère désormais à l’association de Safiatou Lopez, Cadre de Concertation des Organisations de la Société Civile (CCNOS). En contrepartie, l’association a reçu 7 750 000FCFA. Nous sommes une association avec un récépissé et n’avons pas besoin de nous affilier à une association quelconque. Dramane Ouédraogo le président de l’association, a fait adhérer l’ABIP à cette association sans avoir consulté la base. Le MBDHP voulait nous épauler. A cause de cette affiliation au CCNOS, comme ils ont vu que nous empruntions une mauvaise voie, ils se sont retiré et ne nous invitent plus à leurs rencontres. Le MBDHP voyait ce qui se passait sans que nous ne nous en rendions compte » C’est ainsi que Hermann Bazié le vice-président de l’association décrit la situation. « Dramane Ouédraogo et quelques membres sont en désertion. Aidez-nous à remettre l’association sur pieds et à recouvrer les fonds perdus s’il vous plait » s’exclame le plaignant d’une voix désespérée. « Faux ! » rétorque le président de l’association, Dramane Ouédraogo. « L’ABIP n’est pas affiliée au CCNOS. Je ne suis pas personnellement allé voir Safiatou Lopez. Certaines personnes au niveau des blessés de l’insurrection m’ont invité à une rencontre où Safiatou Lopez nous a demandé de nous mobiliser pour marcher avec elle. A ce niveau je ne trouve aucun problème puisque nous luttons pour la même cause. Mais il n y a pas de preuves matérielles d’une quelconque affiliation de l’ABIP au CCNOS » argumente le président Ouédraogo.
On reproche à Dramane Ouédraogo, Adama Tapsoba, le secrétaire général et à Adama Tamboura, le trésorier adjoint de s’être servis de l’ABIP pour « quémander ». L’ABIP a reçu 7 750 000 fcfa de Safiatou Lopez et 150 sacs de riz (venant des partenaires de Safiatou Lopez). Le trio aurait détourné une bonne partie de cette somme d’argent et également mal géré ces dons. « Le président a reçu 150 sacs de riz à partager entre 140 personnes et ils sont nombreux à n’avoir rien eu » affirme le vice-président Bazié. Le président Ouédraogo ne dit pas le contraire. Mais il soutient que « tout le monde ne pouvait pas avoir à cause du nombre pléthorique »
Pour ce qui est des 7 750 000 fcfa, ils ont sortis quatre millions pour l’ouverture d’un siège dont les membres avaient contesté la mise en place parce qu’ils estimaient qu’ils ne sont pas un parti politique. Et sur cette somme, dit Bazié « ils étaient 7 membres du bureau dont le président, le secrétaire général Adama Tapsoba, Tamboura Adama, le trésorier, Macaire Ouédraogo de l’organisation, Jean Tiendrébéogo de l’information, Lepez Nacanabo, secrétaire à l’organisation, Soumaïla Bandé, l’adjoint à l’information à se partager chacun 400 000 fcfa prétextant qu’ils n’ont pas travaillé gratuitement pour l’association ». Pour la somme des 4 millions prélevée pour la mise en place du siège, les sommes empruntées sur le compte, Ouédraogo Dramane dit ne pas être au courant : « Il (Bazié) n’a aucune connaissance de la situation de l’association. Il ne sait rien des documents. Nous avons des justificatifs de sorties d’argent » Le document relatif aux mouvements bancaires que Hermann Bazié nous a présenté pour ce qui concerne la gestion du trio fait effectivement cas d’un retrait de 4 millions à la date de 20 août 2015.
Les trois personnes habilitées à apposer leur signature sur les documents pour tout retrait d’argent sont : le président, le secrétaire général Adama Tapsoba, Tamboura Adama, le trésorier adjoint. A la question de savoir comment au lieu de la trésorière attitrée c’est le trésorier adjoint qui participe aux opérations bancaires, la réponse est qu’elle aurait été évincée. « Elle a été remplacée parce qu’elle ne venait pas aux réunions » justifie le secrétaire général. Nous n’avions pas pu avoir sa version des faits.
Les 140 membres avaient plutôt recommandé de répartir l’argent remis par Safiatou Lopez entre eux. Le président aurait refusé, prétextant que la somme servirait à résoudre les éventuels problèmes qui surgiraient. Pourtant selon le vice-président, Hermann Bazié, un certain Innocent Ganou, un des membres de l’association a reçu une balle au niveau de l’œil. Il a sollicité une aide de 50 000 fcfa à l’association pour l’établissement de son passeport mais n’a pas obtenu gain de cause. « Son voyage a été reporté à 2 reprises à cause de l’absence de passeport. C’est finalement un membre de l’association qui l’a aidé pour l’obtention de ce document. Il y a Moise Pagmogda qui avait besoin de 5000 fcfa comme transport pour ses soins mais ne l’a jamais obtenu. Sur 7 750 000 fcfa il reste finalement 8000 fcfa » Le président s’en défend : « C’est par nos multiples luttes que certains ont eu la possibilité d’aller se soigner à l’extérieur. C’est le cas de Tanimou qui est allé faire un implant en Tunisie. Il y a Abbas, un jeune de 14 ans qui est allé au Maroc faire soigner son pied et également Innocent Ganou » Pour ce qui est des 7 750 000 fcfa, le président soutient qu’en son temps certains membres de l’association l’ont informé que Safiatou Lopez voulait leur faire des dons. C’est comme ça qu’il est allé avec tous les blessés au même moment pour recevoir le chèque qui leur a été remis un autre jour.
Dramane Ouédraogo aurait représenté Saran Sérémé à Gourcy lors des législatives et aurait pour cette raison prélevé 450 000 fcfa pour aller battre sa campagne. Il aurait demandé de taire ce secret et de ne rien dire aux membres, prétextant qu’il allait rembourser l’argent. Le secrétaire général adjoint à l’organisation aurait a prélevé 250 000 fcfa et le secrétaire général 471 000 fcfa pour ses propres activités, le trésorier adjoint 500 000 fcfa pour l’achat d’une moto. Tous avaient promis de rembourser mais rien n’a été fait. Jusque-là rien n’est fait martèle Bazié. Ce sont des « allégations » insiste le président de l’Association, monsieur Ouédraogo.
Le Président Kafando pendant la transition aurait remis la somme d’un million de francs CFA à l’association. Somme qui ne serait pas arrivée à destination. Le trio se serait partagé l’argent. « Ils ont pris 750 000 fcfa avec l’hôpital Yalgado et ont tenté de prendre le chèque qui a été remis par la communauté musulmane et l’argent que le balai citoyen a remis au nom des blessés. Il n’y a aucun reçu des différentes sorties d’argent » dénonce M. Bazié. Toute fois à la demande de ce qu’était devenue la somme de 750 000 fcfa que l’hôpital Yalgado a donné, le président et son secrétaire général se sont emportés et n’ont pas voulu répondre. Une question demeure : pourquoi c’est maintenant que le vice-président, Hermann Bazié dénonce ses camarades ?

Assita SANOU


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