Niger - Burkina : Partenariat entre structures de malvoyants

Publié le mardi 7 juillet 2015

Une délégation du Comité National des Aveugles du Burkina (CNAB) a séjourné dans la capitale nigérienne du 12 au 15 juin 2015. Sport et échanges entre le comité national des aveugles du Burkina et leurs homologues du Niger ont constitué les temps forts de cette visite de travail. 19 Burkinabé ont participé au voyage de Niamey.

Mener une réflexion sur les difficultés que connaissent les comités nationaux des aveugles du Burkina et du Niger, esquisser des pistes d’actions pour redynamiser le sport des personnes handicapées visuelles et malvoyantes dans la sous-région, telle était la feuille de route qui a réuni les jeunes burkinabè et ceux du Niger. Après un premier voyage effectué par le comité national des jeunes aveugles du Niger au Burkina Faso en mai 2014, c’était au tour du comité Burkinabè de faire le déplacement de Niamey. Accueillis à l’entrée de la capitale nigérienne le vendredi 12 juin 2014 par une équipe de l’organisation, il a fallu attendre le lendemain aux alentours de 15 heures pour le démarrage des activités. C’est par une rencontre avec Moussa Nasser président de l’Union nationale des aveugles du Niger (UNAN) que le coup d’envoi de la visite de travail a été donné. «  Bienvenus au Niger. Il y a une frontière qui sépare le Niger et le Burkina mais ce sont des frontières artificielles installées par les colons. Pour nous le Niger et le Burkina Faso, c’est le même pays  ». C’est ainsi que Sidony Oumarou secrétaire général de l’UNAN a donné le ton de la rencontre. La transition était trouvée pour des échanges à bâton rompu entre les visiteurs et leurs hôtes. Une occasion pour les deux parties d’ébaucher les difficultés auxquelles les deux associations des personnes handicapées visuelles sont confrontées. Selon Sidony Oumarou, les conditions de vie des deux associations se trouvent être les mêmes. Des problèmes liés entre autres au manque d’appui des gouvernements et des partenaires techniques et financiers. Toutes choses qui finissent par rendre difficile le fonctionnement des associations des personnes handicapées visuelles. Outre cela, il y a la problématique de l’employabilité des handicapés visuels. Malgré de multiples luttes, la situation reste précaire pour les personnes en situation de handicap visuel.

Quelques acquis tout de même !

Pour les membres des deux comités, des acquis sont à noter après les luttes que les aveugles et personnes malvoyantes ont eu à mener auprès des gouvernants des deux pays respectifs. Au Niger par exemple, depuis 1993 un quota de 5% (par concours) des postes est réservé aux handicapés chaque année. Comme conséquence, ce quota a permis à 69 enseignants ayant un handicap d’intégrer la fonction publique nigérienne. Actuellement, 5 handicapés nigériens sont à l’école nationale d’administration, 6 à l’école des kinésithérapeutes de santé et 12 élèves instituteurs en cours de formation. Au Burkina Faso, beaucoup reste à faire quant à l’insertion professionnelle des handicapés visuels. «  Nous avons entrepris des luttes l’année passée pour la prise en compte des handicapés dans les recrutements de la fonction publique au Burkina Faso  » nous a fait comprendre Josiane Nongkouni, secrétaire à l’organisation du comité national des aveugles du Burkina Faso. Comme résultat, les handicapés ont tout simplement pris part au concours de la fonction publique au titre de l’année 2014. «  33 personnes handicapées visuelles ont pu intégrer la fonction publique  » selon Josiane Nongkouni. Cette année encore, plusieurs membres ont déjà déposé leurs dossiers et se préparent pour les concours directs de la fonction publique. Les deux comités se sont par ailleurs exhortés à poursuivre la lutte afin d’obtenir plus de résultats. L’occasion faisant le larron, des visites ont été au programme du séjour du comité national burkinabè au Niger. Ainsi, le Musée national du Niger et le Centre de formation des personnes aveugles et malvoyantes de Kollo, localité située à une quarantaine de kilomètres de Niamey sur l’axe menant aux frontières du Bénin et du Nigéria ont été visités. A Kollo, l’occasion a été belle pour le premier responsable du centre de partager leurs difficultés avec les visiteurs burkinabè. Ouvert depuis les années 1990, les principales activités au départ étaient l’agriculture, la formation artisanale et le petit élevage. Malgré les efforts de l’Union nationale des aveugles du Niger et du gouvernement nigérien, les difficultés ne manquent pas. Selon Adama Hamidou, chef du centre d’apprentissage, «  le centre manque de financement. Des projets avaient financé le centre dans les années 1989 et 1993 et après plus rien de consistant pour faire fonctionner le centre  ». Aujourd’hui, le dispositif matériel sur place laisse voir un centre de formation qui a de la peine à fonctionner.

Du torball pour divertir les deux comités

Entre autres objectifs de la visite de la délégation burkinabè au Niger, il y avait le match amical retour de torball (détails en encadré) que l’équipe de la délégation burkinabè devrait livrer contre son homologue du Niger. Deux équipes (junior et cadette) devraient faire face aux équipes nigériennes des mêmes catégories le samedi 13 juin 2015 à l’académie des arts martiaux de Niamey. Au bout du compte, un match nul entre les deux équipes cadettes (5 buts partout) et une défaite burkinabè dans la catégorie junior par le score de 4 buts contre 6 pour le Niger. Une défaite que les visiteurs ont eu du mal à digérer à les entendre. Pendant que la partie adverse exprimait sa joie, le camp burkinabè affichait l’indignation. «  L’arbitrage n’était pas bon » s’est insurgé Mahamadou Imbga, un du trio qui composait l’équipe burkinabè. Et toute la délégation burkinabè d’imputer leur défaite à l’arbitrage même si certaines personnes disent accepter la défaite par esprit de fairplay. Pourtant, Laoli Maya directeur technique national nigérien et marqueur de buts lors des deux matches estime de son côté que la défaite burkinabè incombe plutôt aux joueurs burkinabè. Décrié par les joueurs burkinabè, il trouve cependant que « c’est suite à une petite incompréhension dans le jeu que le coach burkinabè brandit comme la cause de leur défaite alors qu’il fallait tout simplement corriger l’erreur et le Burkina allait remporter la partie  ».

Un tournoi de torball en perspective

La dernière activité au programme a été la rencontre d’échange entre les comités nationaux des aveugles burkinabè et ceux nigériens. A l’issue des échanges, un comité de 6 membres dont 3 Burkinabè et 3 Nigériens a été mis en place pour organiser un tournoi sous régional de torball en vue de mieux promouvoir ce sport. Cette équipe aura entre autres pour mission de mener la réflexion sur le projet et d’identifier les partenaires pour l’organisation du tournoi. Ainsi donc les membres dudit comité devraient contacter les autres Etats pour leur signifier le bien fondé du tournoi et essayer de définir les modalités de participation au tournoi. Enfin il s’est agit également pour les comités nationaux des aveugles du Burkina et du Niger de voir comment créer un cadre d’échange entre les jeunes handicapés du Burkina et ceux du Niger. Sur cette question, le comité national des jeunes aveugles du Burkina a officiellement invité le comité national des jeunes du Niger à Ouagadougou en septembre prochain. D’autres pays selon Jonathan Tapsoba, président du comité national des aveugles du Burkina seront contactés afin de se pencher ensemble sur les problèmes des jeunes handicapés visuels en vue de dégager des solutions et des perspectives pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des handicapés visuels.

Wend-tin Basile SAM

Le Torball, le sport pour handicapés visuels

Le torball est un sport de ballon qui est pratiqué par des sportifs déficients visuels (malvoyants ou non-voyants). Il ne fait pas partie des sports paralympiques car le goalball, autre sport collectif de ballon pratiqué par des sportifs malvoyants est déjà reconnu.

Règles
Le torball respecte les règles établies par l’Association des sports pour non-voyants (International Blind Sport Association), qui tiennent compte du handicap des joueurs.
Chacune des deux équipes est composée de trois joueurs. Chaque partie est divisée en deux mi-temps de cinq minutes chacune, avec une pause entre les deux. Le but du jeu est de marquer le plus de buts possible. En cas d’égalité, des prolongations ont lieu.
Les tirs s’effectuent uniquement à la main en lançant le ballon sous des ficelles sonores disposées à 40 cm du sol au milieu du terrain, tandis que les défenseurs utilisent tout leur corps pour dévier, arrêter ou attraper le ballon.
Lorsqu’un joueur est en possession de la balle, il peut faire une passe à ses coéquipiers sachant qu’il est interdit de parler. Lors des tirs, les joueurs doivent être en position d’attente (à genoux sans que les pieds ne touchent les fesses) et ne doivent pas toucher le tapis avec les mains.
Les joueurs doivent tous avoir un masque opaque par souci d’égalité. Afin d’éviter toute triche, les joueurs ne doivent pas toucher leur masque pendant le match.

Les fautes
Quand un joueur tire plus de trois fois successivement tire au-dessus des ficelles ou les fait sonner garde la balle pendant plus de 8 secondes.
Le joueur est exclu du terrain pendant un tir adverse. Il revient ensuite. Si l’équipe a fait 3 fautes consécutives, il y a coup franc et seul le joueur du milieu reste sur le terrain pendant un tir adverse.

Équipement et terrain
Le torball se joue avec un ballon de caoutchouc d’un poids de 500 g qui contient des clochettes permettant aux joueurs de le localiser. Il se déroule sur un terrain rectangulaire de 16 mètres sur 7. Chaque joueur à un masque opaque par souci d’égalité et un fil de clochettes est disposé au milieu du terrain à 40cm du sol environ.

Source : internet


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