Les campagnes africaines suivent et se ressemblent pour
nos clubs. Une fois de plus, tous les représentants du Burkina Faso ont
été rapidement mis hors jeu. L'ASFB a lamentablement quitté
la compétition dans des conditions qui n'ont pas encore livré tous
leurs secrets. Le coach de l'équipe, Ousmane Compaoré dit Lato",
a été emporté par l'humiliante défaite de Tripoli.
On l'accuse d'avoir refusé d'utiliser les hommes qu'il faut pour la manche
retour des qualifications de la coupe de la Confédération. Effectivement,
il avait laissé à la touche son attaquant vedette, Issaka Tapsoba.
Mais au-delà de l'entraîneur, dirigeants, joueurs sont aussi coupables
de l'élimination des Fonctionnaires. En effet, l'ASFB ne sait pas gênés
de signer un jumelage avec l'adversaire, une fois à Tripoli. Dans ce pacte
d'amitié signé, qu'a-t-on gagné et qu'a-t-on donné
en retour? Mystère et boule de neige. Dans tous les cas, ni l'occasion,
ni le lieu ne s'y prêtait pour une telle opération.
L'ASFA-Y qui
était finalement le seul espoir du Burkina va, à son tour décevoir.
Une fois de plus, elle a juré dans le vide. En effet, le triple champion
de Burkina avait promis que pour sa troisième sortie consécutive
en Ligue africaine des champions, l'affront répétitif que fasofoot
a coutume d'essuyer allait être lavé. Après avoir redoublé
trois fois " le nul de la classe " croyait avoir grandi. Hélas
non! L'ASFA-Y est encore "out" sans que l'honneur du Burkina ne soit
sauf. Mais passe que les Jaunes et vert sombrent une énième fois
sur les stades africains. On est maintenant habitué à ce type de
verdict. Ce qui est impardonnable, c'est que les protégés de la
princesse Yennenga n'ont pas donné l'impression d'avoir appris quelque
chose au bout de trois années de fréquentation des stades africains.
La naine est restée naine! Comme aux deux premières participations,
l'équipe a tout faux encore sur ses recrutements. L'ASFA-Y ne sait toujours
pas comment dénicher l'oiseau rare.
Mieux, pour une troisième
participation, les Jaune et vert ont commis des erreurs indignes d'une équipe
qui a déjà flirté seulement avec les convives de la cour
des grands. A Lubumbashi, l'ASFA-Y n'avait pas de licences. L'équipe a
quitté Ouagadougou avant que les licences ne lui soient parvenues. Ce retard
s'explique par le fait que les licences aient été envoyées
à la CAF pour traitement, en dernière minute. C'est vrai que cela
n'a pas empêché l'ASFA-Y de passer le premier niveau de qualification
mais ce balbutiement était un signe avant coureur. La concentration ne
peut pas être maximale lorsqu'on n'a pas tout en règle. D'ailleurs,
ce ne sera pas le seul élément perturbateur. L'équipe a été
obligée de laisser sur la touche, la pièce maîtresse de son
système défensif, le Nigérien Ahlassane Ismaël disqualifié
en dernière minute. Le joueur a quitté le Niger à une période
où la FIFA a refusé de reconnaître la fédération
en place suite à l'immixion du politique dans la chose footballistique.
Les actes posés par la fédération non reconnue comportaient
beaucoup de risques puisque susceptibles d'être remis en cause à
tout moment. Malgré le risque, l'ASFA-Y y est allée recruter un
joueur, elle a en fait les frais.
Si face au TP Mazembé (République
Démocratique du Congo), le représentant burkinabè "
a payé relativement moins cher " ses erreurs, l'équipe, au
tour suivant, va payer cash son amateurisme. Elle avait la possibilité
de battre avec un large score, une équipe Sud-africaine, l'Ajax cape Town,
décimée par la chaleur torride de Ouagadougou. Tel un enfant gâté
et inconscient, le club burkinabè s'est contenté de mettre un petit
but. A suivre l'ASFA-Y, on avait l'impression que l'équipe ne prenait pas
les choses au sérieux. Sinon comment expliquer que l'équipe, avant
de recevoir les Sud-africains ait autorisé son entraîneur, John Eshun,
à aller passer deux semaines presque chez lui au Ghana " pour raison
de famille ? " Les clubs qui ont de l'ambition savent qu'en cas de match
aller et retour, la qualification s'obtient à domicile. Et pour cela, il
faut une bonne préparation, ce qui n'était pas le cas de l'ASFA-Y.
Après trois participations en campagne africaine, les jaune et vert n'ont
pas appris cette leçon de base!
En outre, l'ASFA-Y avant d'aller en
Afrique du Sud a refusé de jouer un match de championnat contre le Santos
FC qui allait lui servir de test grandeur nature. Inexplicable! L'équipe
a préféré chômer dix jours, sans compétition,
avant de se pointer pour le match retour contre l'Ajax. D'autres équipes
mieux éclairées auraient, à la place de l'ASFA-Y, provoquer
elles-mêmes un match d'application ne serait-ce qu'en amical. Refuser de
jouer pour attendre une compétition passe pour un acte d'amateurs.
Bien
grave, l'équipe n'avait en tout et pour tout que seize ( 16) joueurs dont
deux inutilisables. Pourtant, l'ASFA-Y a bien laissé des joueurs à
Ouagadougou, notamment Seydou Dagano. Et pour cause, Dagano avait un passeport
périmé! Encore une histoire de papiers. C'est le comble. A-t-on
été surpris par ce voyage programmé deux semaines à
l'avance? On se demande s'il faut en pleurer ou en rire. L'ASFA-Y, il est évident,
adore bricoler encore dans un lieu de la haute compétition. Elle ne pouvait
espéré mieux que de chuter une fois de plus très tôt.
Il est grand temps que tout ça change. C'est quand même l'argent
du contribuable qui est utilisé pour permettre à ces clubs de sortir
tous frais payés.