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Mondial
des juniors: Après
le rêve, le cruel réveil
Par
J. J Traoré
Les Etalons juniors ont surpris plus d'un dans ce mondial.
Négligés au départ, la sélection
nationale du Burkina est vite passée pour ''l'orgue''.
Les Etalons étaient adulés et craints de tous.
Dans cette nouvelle peau, les nôtres ont perdu leur football.
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Décidément, il faut se garder de féliciter
les Etalons quand ils galopent bien. Face au Canada, beaucoup n'imaginaient
pas que l'aventure du Burkina allait s'arrêter là. Mieux,
les Canadiens n'avaient pas le soutien du public émirati acquis
à la cause des nôtres. A leur entrée dans le stade,
les spectateurs, ont ovationné les Etalons. Les sifflets et
huées ont été réservés à
leurs adversaires. Mais les Canadiens, malgré toute cette hostilité
ont opté de jouer tactique. Ils ont juste attendu les Etalons
et procédaient par des contres. Leur but victorieux est venu
d'une des ces rares offensives. Il faut le dire les Burkinabé
ont péché par excès de confiance. A force d'entendre
dire, de partout que notre équipe était bonne et suffisamment
bonne pour prétendre jouer la finale, les joueurs ont eu la
grosse tête. On les voyait traîner dans les couloirs de
l'hôtel à 2 ou 3 heures du matin. Les recruteurs mobilisés
sur place avaient manifesté leur intérêt pour
certains Etalons.
Beaucoup étaient perturbés par les coups de fils incessants
et probablement, les offres qu'on leur faisaient. Le drame c'est que
les coach ne s'en apercevaient pas. Tout au plus le président
Seydou Diakité, quand il était encore avec l'équipe
faisait de temps à autre la ronde pour envoyer au lit les joueurs.
Mais après la qualification de l'équipe pour le second
tour, le président de la FBF, Diakité est rentré,
laissant libre champ aux joueurs.
L'encadrement technique qui a réussi à faire trois matchs
sans défaite en était arrivé à la facilité.
Plus de rigueur. Tenez, la veille du match contre le Canada, tout
le staff technique s'est déporté à Dubaï
laissant leurs poulains seuls à l'hôtel. Comment l'équipe
sera-t-elle concentrée ? Sur la pelouse, les joueurs ont fait
preuve de suffisance. Il ont voulu assurer le spectacle tout en se
disant qu'à tout moment ils pouvaient se payer la tête
de " ces petits Canadiens ."
Les beaux jours
Les Etalons juniors ne sont en fait que la version "vieillie
" des cadets de Jacques et Piouhiri qui ont fait parler d'eux
à la CAN, puis au Mondial de la catégorie. Malgré
ce passé quelque peu glorieux, la sélection juniors
du Burkina, du haut de son titre de quatrième meilleure de
l'Afrique est arrivée aux Emirats Arabes unis dans la plus
grande indifférence. Mieux, la FIFA avait prévu une
élimination prématurée des Etalons juniors au
Mondial Emirati en fixant sur les billets d'avion en date de retour
de notre onze, le 8 décembre, la veille seulement du premier
tour. Sans exagération, on nous prenait pour moins que rien.
Retournement
de situation
Pour la première sortie des Etalons dans cette compétition,
on a eu la preuve que personne ne vendait chère notre peau.
D'abord, on a commencé par boycotter notre " dytanié.
" La fanfare nationale qui a préenregistré les
hymnes nationaux ne s'est pas donné de la peine de l'interpréter
en intégralité. Notre hymne est chanté à
moitié. Le stade était acquis à la cause des
adversaires Panamiens. Enfin, en début de match, alors que
les Etalons sortaient sous les sifflets, leurs homologues, eux entendaient
scander le nom de leur pays ''Panama, Panama, Panama.'' Puis, au fil
du match, on en vient à faire une étonnante découverte.
Les Etalons savent taper dans le ballon! L'équipe a des qualités
athlétiques à toute épreuve. Sa victoire finale
sur le Panama grâce à un but magnifique de Aristide Bancé
à la 81e minute, a fini de forcer respect et admiration au
stade. ''Les Arabes'' vont retourner leur boubou. Désormais
ce sera ''Burkina, Burkina, Burkina.'' Le Burkina va retrouver ainsi
la considération à tous les niveaux.
Les représentants du détenteur des droits télé
et radio ne voulaient même pas sentir la presse parler Burkinabè
encore moins parler d'autorisation de retransmission. Le Premier match,
la caméra de la TNB et le Nagra de la RNB ont été
confisqués au motif qu'il faut payer des droits avant de prendre
des images ou du son. On est allé même jusqu'a leur interdire
l'accès a la zone des interviews d'après match. Coïncidence
ou pas, après le premier match, les mêmes personnes deviennent
serviables et disent à nos gars d'appeler Londres pour obtenir
l'autorisation verbale. Mieux, on s'aperçoit maintenant que
les badges de la presse burkinabè étaient mal faits.
Rendez-vous est pris le lendemain matin pour y parer.
Dans la rue, à la télé locale, le nom du Burkina
revient sur toutes les lèvres. On cherche à connaître
davantage le pays, ses hommes, son histoire, sa situation géographique
mais surtout son football. Il se trouve que le pays hôte a mal
entamé la compétition en prenant un cinglant 4 à
0 devant la Slovaquie. Pour se qualifier, il devait prendre trois
points devant le Panama et devant les Etalons. Au regard du premier
match des Etalons, il était clair que la sélection Emirati
ne pouvait pas défaire le Burkina. Même le coach Français
de l'équipe du pays hôte l'a avoué :"Je savais
que la sélection du Burkina est supérieure a la mienne".
Sur tous les plans, nous avons des kilos et des centimètres
en moins'' a confié François Jodar. Les Etalons vont
gagner leur deuxième match 1-0 face à la Slovaquie.
Pour que le pays hôte gagne son deuxième match, il lui
faut prendre au moins le petit point dans le dernier match pour être
repêché au titre de meilleur troisième.
Le Burkina a-t-il vendu son match?
On peut le penser. Pour ce troisième match, les titulaires
n'ont pas été utilisés. Même le capitaine
Ouattara a été mis au repos. Le bruit a couru à
Abu Dhabi que le Burkina aurait passé une convention avec le
pays hôte pour l'aider contre quelques billets de banque. L'argent
ne manque pas au pays pour cela . Il faut juste voir le complexe hôtelier
dans lequel les équipes sont logées pour s'en convaincre.
Les barres de fer sont recouvertes d'or. Au sol, le marbre le dispute
au carreau. Tout brille. Et ça, ce n'est qu'un ''officer's
club'', le mess des officiers. Dans un tel pays où l'argent
ne pose aucun problème on pouvait faire une bonne offre au
Burkina. D'autant plus qu'un simple nul nous aurait suffi. Le résultat
du match était un nul. Mais que s'est-il passé vraiment
? Le Burkina et sa Fédé ne sont pas allés jusqu'à
prendre de l'argent. Tout au plus, on a profité du peu d'enjeu
du match pour mettre en repos nos titulaires, car la compétition,
on l'envisageait longue. Et du même coup, on allait gagner davantage
la sympathie du peuple des Emiratis. La stratégie a payé.
On se serait cru au stade du 4 Août. Pourtant, le Burkina n'a
pas envoyé des supporters là-bas. Seule une quinzaine
de personnes conduites par ''El Kouanda'' a tenté l'aventure.
Nos frères Arabes ont donné de la voix pour pousser
les Etalons