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Sport:Football

Aristide Bancé à Al Alhi de Dubai
Le grand gâchis !


Malgré un bel avenir qu'on lui prédisait en Europe, Bancé a fait un choix pas forcément sportif en s'exilant à Dubaï.

Par J.J. Traoré


Bon sang ! Qu'est-ce qu'il est allé chercher dans cette galère? Voilà un garçon bourré de talents. Il est surtout un espoir du foot burkinabè. Enfin, il incarnait cet espoir. Bon, il peut encore rebondir. La nouvelle du transfert de l'attaquant de la Bundesliga, Mayence (D1 allemande) à Al Alhi, nous a fait perdre notre latin. L'enfer pour nous, ce n'est pas la destination physique. Dubai s'apparente même au Paradis en terme de prospérité. L'argent circule facilement. Le salaire que ce club de pétrodollars va verser à Aristide Bancé n'a pas été révélé. Mais on imagine qu'au bas mot, le Burkinabè a triplé son gain mensuel. D'ailleurs, son club allemand qui avait déclaré le joueur non transférable n'a pas pu tenir parole face au nombre de zéro sur le chèque! A preuve, d'autres offres plus intéressantes du point de vue sportif ont été repoussées par le club allemand. Nous avions souvenance que Schalke 04, un des aspirants au titre, avait manifesté son désir de s'attacher les services de l'attaquant burkinabè. L'argent, l'argent encore, l'argent ! Voilà comment se résume cette transaction bien curieuse pour plus d'un Burkinabè. Bancé faisait la fierté du football burkinabè en Europe. Ses exploits chaque week-end retentissaient fort. Il était avec Pitroïpa, les seuls à s'inscrire régulièrement sur les tableaux d'honneur. Des confrères observateurs de la scène footballistique européenne nous envoyaient des fiches de renseignement, tous s'accordaient à dire qu'un bel avenir attend Bancé en Europe. Ce n'est pas pour rien que malgré sa mauvaise sortie dans son conflit avec le coach national Paulo Duarte, plus d'un ont estimé qu'il devait être pardonné. Son immense talent fait qu'on a besoin de lui. On se doit de tout lui pardonner. Mais grande est notre incompréhension de savoir que ce garçon ait choisi les Emirats Arabes Unis pour aller tracer désormais son avenir. En général, le football des pays arabes appâte les stars en fin de carrière. Le niveau n'est pas si chaotique, mais on y rencontre des footballeurs venus justes arrondir leur fin de carrière avant de raccrocher. L'objectif est d'apporter du plaisir aux princes. C'est plutôt un football spectaculaire qu'on y demande que le football de compétition. La star de la squadra azzurra, Fabio Canavarro, ancien ballon d'or, ex-sociétaire de la Juventus de Turin, sera le coéquipier de Bancé. Cela vous donne l'idée nette du type de football qu'on y pratique. Canavarro, vous en convenez, n'a plus rien du Canavarro ballon d'or que le Real de Madrid s'est acheté à prix d'or. Au dernier mondial en Afrique du sud, on l'a vu en dérive avec son équipe. Autant dire que désormais, ce joueur a son avenir derrière lui. Lui peut chercher à garnir son compte. Mais Bancé a 26 ans. Il a la chance d'évoluer en Europe, le laboratoire idéal pour fabriquer des joueurs accomplis. Il est vrai qu'un détour très calculé dans le monde arabe n'est pas synonyme de fin de carrière. Certains joueurs y sont passés avant d'arriver en Europe. Nous pensons aux Ivoiriens Kader Keita, ancien sociétaire de Lyon et Baki Koné (ex-Marseillais). Encore que ceux-là ont transité par là avant d'aller en Europe. Ce qui n'est pas le cas de Bancé. Mais il peut être ce pionnier qui va démontrer que tout est possible. Pourquoi pas, même si nous avons des doutes. En fait, nous nous demandons si le garçon a des conseillers. Figurez-vous qu'il a signé 5 ans ! Dans un club où l'argent ne sera pas la raison pour vendre un joueur, nous ne voyons pas l'attaquant revenir en Europe de sitôt. D'ailleurs qui dit qu'il veut revenir en Europe ? Il a fait l'option de l'argent frais au détriment de la carrière sportive. Il est libre de le faire. C'est son choix, respectons-le et croisons les doigts pour avoir un joueur aussi chanceux, aussi talentueux mais surtout plus lucide que lui.

Retrait de la Mauritanie Eliminatoires CAN 2010
Ce n'est pas un cadeau pour le Burkina


Les mauritaniens ne seront pas au rendez-vous le 3 septembre pour affronter les étalons, qui eux seront au repos forcé cette journée FIFA.

Qui a dit que le malheur des uns faisait le bonheur des autres ? Ce n'est pas toujours le cas! Les Etalons n'applaudissent pas des deux pattes le retrait de la Mauritanie de la qualification de la CAN 2012. Les Mourabitounes, nom de l'équipe nationale mauritanienne, ont leurs raisons. Le président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), Mohamed Salem Ould Boukhreiss, a clairement signifié ne pas disposer d'argent pour faire face aux charges liées à la campagne. Les charges auraient pu être amoindries si les Mauritaniens n'avaient pas changé d'avis sur la physionomie de leur équipe. En effet, les résultats des matchs tests (0-0 contre la Palestine !) ont fini de convaincre que " compter sur les seuls joueurs locaux relève de l'aventure " pour reprendre le mot du président de la Fédération. Les Mourabitounes ont donc décidé de déposer les armes avant même que les combats ne commencent. Cette décision que l'entraineur, Moustapha Sall et ses joueurs refusent d'admettre évidemment est très impopulaire là-bas en Mauritanie. En plus, le pays doit verser 5 600 dollars (plus de 2, 5 millions de F CFA) à la CAF à titre de sanction. Si l'argent fait défaut pour supporter la participation de l'équipe aux phases éliminatoires, où la Mauritanie trouvera- t-elle les fonds pour payer son faux bond à la CAF ! A priori, le Burkina, la Gambie, la Namibie devaient applaudir des deux mains. Alors que les autres prétendants à la qualification de la CAN 2012 vont jouer chacun 6 matchs et que même dans le groupe du Togo, on livrera 8 matchs, dans notre groupe, il n'y a plus que 4 matchs à jouer. Or, chaque match occasionne des frais. Le Burkina fera donc des économies. En plus, le gâteau n'est plus à partager à 5 mais à 4. Forcément, il y gagne. Mais croyez-nous, on ne s'en frotte pas les mains. C'est paradoxal, mais c'est aussi vrai que la vérité qui annonce le jour après la nuit. Les Etalons ne tireront pas profit du drame mauritanien pour la simple raison que ce retrait les prive du droit de bénéficier de la faveur du scénario du tirage au sort. Commencer par la Mauritanie, toute fine bouche gardée qui paraît le morceau le plus tendre du groupe avait ce mérite de mettre les Etalons en confiance. Nous partons du fait que le match soit transformé en une victoire des nôtres. Le foot reste le foot avec ses incertitudes, ses miracles. Mais entre la très athlétique Gambie et la surprenante Namibie, le meilleur angle d'attaque des Etalons reste les Maurabitounes. Si nous ne sommes pas capables de vaincre cette équipe, nous n'avons pas notre place parmi les 18 meilleurs du continent. Les Etalons n'auront donc pas le plaisir d'aller se chercher une confiance perdue suite à la calamiteuse participation à la CAN angolaise d'offrir au public une victoire de réconciliation. En plus, la reculade des Mauritaniens empêche les Burkinabè de faire leur entrée internationale le week-end du 4 au 6 septembre 2010. Faute d'adversaire, notre onze va rester dans les starkings block. Dans notre groupe, La Namibie et la Gambie eux, ne vont pas chaumer. Les deux pays s'affronteront. Or c'est connu. Le footballeur, les sélections se bonifient au fil des matchs. A ce niveau, nous serons en retard par la faute de la Mauritanie. Et donc, le retrait de cette équipe ne fait pas du bien au Burkina. Nous sommes mêmes en train de payer la note aussi. Pourtant, ce n'est pas nous qui leur avons demandé de jeter l'éponge ? Grave, l'annonce du faux départ des Mauritaniens a été rendue public tardivement. Le délai de dix jours qui reste pour cette journée FIFA ne permet pas de négocier un match amical. Autrement dit, sauf miracle, les Etalons risquent de ne même pas être regroupés. Le dernier côté revers de la décision de Nouakchott est le risque presque certain d'éliminer notre groupe des candidats aux trois meilleures places qualificatives. Burkinabè, Namibiens et Gambiens ne peuvent plus être mathématiquement meilleurs deuxième. En ayant moins de matchs à jouer que les autres, ils totaliseront évidemment plus de points au décompte final. Autant le dire, s'il était possible de faire appel de ce retrait, nous l'aurions fait. Mais apparemment, la décision est déjà consommée. La CAF en a été saisie. C'est du reste elle qui a informé le Burkina de la nouvelle. C'est-à-dire qu'il n'y a plus rien à espérer. Duarte et son équipe doivent se refaire de nouveaux plans de bataille. Osons croire qu'ils en seront faiblement perturbés.

J.J. Traoré



© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 1er Septembre 2010