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Sport: Af-sud 2010 Par J.J. Traoré Pour la première fois, l'Europe remporte la Coupe du monde hors de ses frontières. Mais le Mondial de l'Afrique ne semble pas avoir réussi aux super Stars. Nombre d'entre elles ont été des fantômes. Qu'à cela ne tienne, l'Afrique a réussi son Mondial, n'en déplaise aux mauvaises langues qui ont poussé le ridicule jusqu'à inventer des serpents de la Coupe du monde ! On n'en croit pas à ses oreilles ! La dernière trouvaille
occidentale pour discréditer ce Mondial, le premier en Afrique,
est une espèce de serpent à sonnette spéciale.
Il serait très venimeux. Il aurait fait son apparition pendant
la Coupe du monde. Il ne reste plus qu'à ajouter que cette
espèce de serpent a la particularité de trier ses victimes
préférant mordre la chaire des invités de la
Coupe du monde uniquement ! Nous n'allons pas verser dans le chauvinisme
béat. Il est vrai que l'Afrique du Sud n'était pas la
destination de rêve pour abriter une coupe du monde. Les signaux
n'étaient pas au vert au départ. A commencer par les
retards accusés dans la construction des stades. Et puis la
grève des employés, la menace de boycott du syndicat
des artistes
et bien entendu l'insécurité, le tendon
d'Achille du pays de Nelson Mandela. Bref, il y avait de réels
motifs d'être inquiet. Mais au fil des jours, le pays hôte
a refait son retard. De magnifiques futuristes stades ont fini par
pousser et dans les délais. Aucune plainte n'a été
formulée quant à la qualité des pelouses. Et
comme les médias et les critiques européens ne s'occupent
pas des trains qui arrivent à l'heure, ce point marqué
par l'organisateur a été vite oublié. Avant l'ouverture
de la compétition, l'Afrique du Sud sort le grand jeu. Les
chants zoulou, la danse des Afrikaners, le joli et franc sourire des
Africains, bref la chaleur de l'accueil réservé aux
journalistes-précurseurs fait mieux que rassurer. La presse
britannique qui était très critique sur la capacité
de l'Afrique à accueillir la Coupe du monde fait volte-face.
L'Afrique n'a pas fait le service minimum dans l'organisation. "Af'Sud
2010 " a affolé tous les records. Surtout là où
on s'y attendait le moins : la fréquentation des stades. Jamais
la FIFA n'a encaissé autant d'argent né des droits d'entrée
aux stades ! On a eu peur pour rien. Les billets ont été
écoulés comme des petits pains. Et l'Afrique détient
un nouveau record des recettes des droits d'entrée au stade.
L'affluence totale de la Coupe du monde a dépassé les
trois millions de spectateurs à l'occasion de la demi-finale
entre l'Allemagne et l'Espagne a annoncé la Fifa. Après
61 matches disputés, le total s'élève à
2,997 millions de spectateurs, soit une moyenne de 49.134 par rencontre,
selon les chiffres de la Fédération internationale.
Le Mondial sud-africain se placera au troisième rang de l'histoire
en terme d'affluence derrière la Coupe du monde de 1994 aux
Etats-Unis (3,59 millions) et celle de 2006 en Allemagne (3,36 millions).
Et Pan ! Les méchantes critiques se sont tues. On cherche la petite bête Ils ont commencé par trouver les vuvuzela trop brouillant!
C'est le monde en l'envers. En général, les supporters
sont appelés à donner de la voix. Le stade est l'endroit
du grand vacarme par excellence. Comment comprendre que les vuvuzela
deviennent gênants ? Par ailleurs, il a suffi que le très
frustré et anonyme gardien de but paraguayen relance l'histoire
de "l'Afrique n'est pas encore prête pour le mondial"
pour que les médias européens le reprenne en coeur.
Justo Villar, il s'appelle, a attendu son retour au pays avant de
balancer : "Beaucoup de choses se sont passées. Par exemple
après notre premier match contre l'Italie, notre bus qui devait
nous ramener à l'hôtel est tombé en panne. Résultat
: nous avons dû attendre 45 minutes et nous sommes repartis
en taxis." Quoi d'autre ? Rien ! Sinon le cas du vol de 2000
euros dont ont été victimes les très décevant
Bleus, l'équipe de la France. Si on devait retenir ces faits
lors des grands regroupements, il n'y aura certainement pas la place
dans les colonnes des journaux pour les énumérer.
Que dire de la participation des 6 pays africains ? Dès le
premier passage au tamis, c'était la catastrophe. Cameroun,
Côte d'Ivoire, Algérie, Nigéria, Afrique du Sud
sont renvoyés à leurs chères études. Là,
oui, le continent ne semble pas près à prendre place
sur la table des grands de ce monde. 1sur 6, ce n'est pas fameux.
L'Asie qui vient à peine de prendre place dans la cour du roi
foot a eu plus de répondant que l'Afrique. Deux qualifiés
(Corée du sud, Japon) sur trois. Et quand on "loue bâche
et chaises" pour fêter à Abidjan le but contre le
Brésil, il y a de quoi dire que le bout du tunnel n'est pas
pour demain la veille. Entre le Cameroun visiblement en chute libre,
l'Algérie au Mondial par pur hasard, le cas du Nigéria
retient plus notre attention. Le Nigéria avait la "qualif"
au bout du soulier. Mais ce n'était pas le grand Nigéria,
le géant d'Afrique que l'on connait. Jonathan Goodluck, le
président de la République a eu, en partie raison d'avoir
annoncé la suspension de son pays pour 2 ans même si
la FIFA l'a contraint à revenir sur sa décision. Le
Ghana, à ce niveau, est la bien maigre consolation pour tout
un continent. La bande de gamins a réussi là où
on attendait des Nations telles que la Côte d'Ivoire ou le Nigéria.
Et dire que le Ghana a joué sans sa star Essien. On en vient
à se demander si sans les soi-disantes stars, avec leurs lots
de caprices, avec leur influence grandissante sur leurs camarades,
les équipes ne se libèrent pas pour mieux jouer ? L'Allemagne
sans Ballack, voilà un tout autre exemple qui donne à
réfléchir. Car une fois sur le terrain, tout le monde
semble souvent jouer pour la star, tous attendent que l'éclat
vienne d'elle. C'est en cela que la Côte d'ivoire de Seven Goren
Erickson a pêché. La fracture de Drogba était
un bon prétexte pour minimiser un temps soit peu "la drogbadépendance".
Mais l'ombre de Drogba a pesé et on a forcé pour le
faire jouer. Ce n'est pas forcément bien pour le moral des
autres co-équipiers. J.J. Traoré | ||||
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L'Evénement - Déc. 2001 | |||||