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Sport:

Défaite des Etalons
Surtout ne pas jeter le bébé avec l'eau de bain


Par J.J. Traoré

Les Etalons du Burkina ont livré un match cauchemardesque en terre ivoirienne face aux Eléphants de Côte d'Ivoire. Cette humiliation a une explication technique. Mais l'heure est surtout grave. Les Etalons peuvent même ne pas aller à la CAN. Ce scénario est inacceptable. Fort heureusement, ce n'est pas une fatalité.

Il ne faisait pas bon être burkinabé le soir du 5 septembre à Abidjan. Les Ivoiriens ont eu la bonne occasion pour s'adonner à leur sport favori, l'humour noir, la moquerie. Il est certain que le tapis rouge déroulé par la forte communauté burkinabé d'Abidjan (bien moulée à l'école de leurs hôtes) à l'accueil des Etalons deux jours avant le match n'a pas fait sourire les Ivoiriens. De même, le souvenir du bon comportement des Etalons à Ouaga lors du match aller (en dépit de la victoire des visiteurs) avait marqué les esprits au bord de la lagune Ebrié. Pour tout dire, nos voisions avaient commencé à avoir du respect pour nous sur le plan footballistique. Mais ne vous y trompez pas, la révolution du " mossi " (c'est le nom jusqu'à une époque récente de tout burkinabé en Côte d'Ivoire) ce n'était pas de gaîté de cœur qu'on l'acceptait à Abidjan. Dans un secret espoir, le pays de Laurent G Gbago attendait le jour ou les choses redeviendraient comme avant, à son profit. Eh oui, le week-end dernier à Abidjan, le passage à tabac des Etalons au stade Félicia d'Abidjan a constitué l'occasion. Mieux , il fallait ne pas y être. Mais passe que les Ivoiriens se moquent de nous. Oui , on a pris une raclée, ça n'arrive pas qu'aux seuls Etalons. On va s'en remettre. Sauf que notre optimisme se heurte à la ligne rouge du scénario catastrophe qui se profile. Ainsi, la double défaite contre la Côte d'Ivoire peut être au début de nos malheurs. Car mathématiquement, le Burkina n'a pas encore son billet pour la CAN. La défaite en Côte d'Ivoire nous oblige à dire adieu au rêve d'un mondial qui avait fini par faire son lit dans l'opinion sportive nationale. Nous devons encore prendre plus d'un point en deux matchs pour être invités à la CAN en Angola. La victoire du Malawi n'est pas une bonne information pour le Burkina. Car si les Etalons dans le pire des cas ne parviennent pas à engranger un point laissant les Guinéens et les malawites se partager équitablement le reste des points à prendre, la CAN s'éloignera aussi pour nous.

Ne nous mettons pas de pression

La pression est notre premier adversaire. Ce sera le pire ennemi des Etalons dans cette compétition. La grande leçon d'Abidjan est justement là. Il a fallu deux buts sans une réaction et le moral de l'équipe a été entamé. Nous vous épargnons la suite pour ne pas remuer le couteau dans la plaie. Mais le fait est là : les Etalons ont un mental fragile. Ce ne sont pas encore ces " guerriers " qui savent aborder les tempêtes et surmonter sans frais majeurs l'orage. Mais les Etalons ne sont pas les seuls. Le public est lui aussi versatile. L'équation est donc doublement complexe. Nous ne pouvons pas nous permettre une crise de confiance maintenant. Il y a la qualification à une phase finale de CAN à sauver. Mais il y a surtout un beau passé qu'il faut retenir. Ces Etalons, souvenons-nous ont donné de beaux moments au peuple burkinabé. Le voyage de Guinée s'annonce important et complexe. Nous écoutons avec le cœur serré ces émissions interactives sur les FM. Les supporters ont mal et l'expriment. Réaction tout à fait normale. Mais il faut aller au-delà. Imaginez que le Burkina loupe la CAN, ce sera la situation la plus difficile pour tous.

Les raisons de la débâcle

Que s'est-il passé à Abidjan ? Pourquoi les Etalons ont-ils perdu tout leur football ? La raison majeure, à notre avis n'est autre que les aléas du calendrier sportif. Autant le dire maintenant. Le calendrier dont nous parlons est le même pour tous les footballeurs. Sauf que lorsqu'on est dans un club modeste comme le sont la grande partie de nos joueurs, la préparation foncière n'est pas de la même qualité que dans les clubs huppés (cas de la majeure partie des joueurs ivoiriens). Les clubs modestes ont le temps de rentrer progressivement dans le championnat. Par contre à Chealsea, au Barça, au Panaïtinakos…il est interdit de balbutier en debut de saison. Tous les joueurs doivent être au point très tôt au risque de perdre leur place. Fort de cela, les Eléphants sont arrivés plus en jambes que les Etalons. Il ne faut pas conclure rapidement que l'équipe n'a plus de valeur. Nous avons entendu des auditeurs remettre en cause la qualité du jeu de Dagano. Savent-ils seulement oublié que le chasseur de but des Etalons n'avait pas repris la saison avec son club. Le foot, il faut d'abord être en jambe. A l'instar de Dagano, un garçon comme Paul Koulibaly est parti à Abidjan de Ouaga. Lui aussi est toujours en vacances. Pour que les Etalons retrouvent leur vitesse de croisière, il faudra patienter jusqu'à la mi-saison. Il ne faut donc, jeter le bébé avec l'eau de bain avant ce temps. Nous croyons en cette équipe. A la CAN par exemple, elle peut réussir l'exploit tant attendu, donner au Burkina sa première victoire en phase finale et en dehors de ses frontières et même passer le premier tour.

Bamago manque à l'appel

La non qualification de Bamogo risque de faire du bruit. Annoncé comme un renfort de poids, celui-là que les Eléphants et la Côte d'Ivoire redoutaient a été laissé sur la touche. Pour rien. Non parce qu'une maudite démarche administrative n'a pas été faite. Il y a de quoi se laisser emporter. Mais il n'est pas encore temps pour le grand déballage si grand déballage il doit y avoir. La recherche des responsables aboutira au réveil du vieux démon. Pour emprunter aux ivoiriens leur sens de la formule, on sait comment les mises à l'indexe commencen dans la cour du sport-roi, mais on ne sait pas comment ça finit. La recherche du coupable risque de mettre plus d'un sur le banc des accusés. Mais la grande conséquence est que le Burkina sera détourné de son objectif primordial. Nous ne prêchons pas pour l'impunité ou l'absence de critique ou d'autocritique. Pour nous, une fois que l'on aura la qualification dans la poche, une fois qu'on prendra alors du recul, on peut ouvrir la page des analyse-critiques. En son temps, les sanctions peuvent tomber. Les Etalons sont fragiles, nous l'avons dit plus haut. Changeons pour une première fois d'approche. Juste pour voir !




Argentine
L'impuissance d'un Dieu du foot


Maradona, le Dieu argentin, celui-là qui est vénéré de son vivant, celui-là qui a une congrégation, devant sa statuette, des couples viennent se dire "oui" pour la vie à Buenos Air est sans inspiration. Porté à la tête de la sélection nationale de son pays dans les costumes d'entraîneur, Diégo le Dieu conduit sa sélection vers la catastrophe. Le onze argentin est malmené par les autres concurrents dans le championnat d'Amsud pour la qualification au Mondial du pays de Nelson Mandela. Battu 3 à 1 à Buenos Aires, Diégo et ses poulains se rapprochent des barrages. Pour les Argentins, l'un des favoris, c'est une gifle. Mais surtout la double défaite de leur sélection (en aller retour) face à "l'ennemi" juré, le Brésil est difficile à avaler. En plus, l'Argentine est tombée devant son public lors de la dernière journée. En 9 confrontations entre ces deux pays, c'était la seconde fois que les argentins perdaient à domicile. Et dire que c'est avec à sa tête, son joueur mythique Diégo. Ce joueur a été le pire cauchemar des brésiliens quand il était le capitaine de son pays. Converti en sélectionneur, c'est lui qui conduit son pays dans une phase de déclin. Finalement, on s'aperçoit que Dieu le footballeur n'est pas forcément Dieu le coach. Diégo est en panne d'inspiration. Mais pire, il est en train de perdre sa face, son mythe. On est même tenté de s'exclamer diable pourquoi dieu a-t-il accepté de prendre la forme d'un coach ? Maradona était bien dans le rôle d'un conseiller occulte, influent. Il y a des mythes qui ne doivent pas mourir. Diégo est de ceux-là. La presse argentine a commencé à tirer au lance flamme sur lui. Seul le public semble toujours se souvenir de ce qu'il fut. Mais ce sera pour combien de temps ?

J.J. Traoré




© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 17 septembre 2009