L'ASFA-Y surfe sur le succès cette saison-ci. Une fois cette
équipe sur le terrain, on connaît d'avance le verdict du
match. Une saison entière sans la moindre défaite, il
faut le faire ! Ce n'est pas les grosses écuries rivales qui
diront le contraire. L'EFO et le RCK ont chacun pris un humiliant 5
à 0. Le RCB a fait 3 défaites en 3 matchs contre l'ASFA-Y.
Comment l'ASFA-Y, la bagarreuse, l'ASFA-Y, la mauvaise payeuse, bref,
l'ASFA-Y, la difficile s'y est-elle pris pour réussir sa mutation
? Des acteurs lèvent un coin du voile.
Emmanuel Traoré, Président de la section foot : "On
n'a pas eu des arriérés de salaires" Quel est le
secret de la réussite de votre club?
L'entraîneur du club a introduit de la rigueur et de la méthode
dans son travail. Les joueurs ont fait des sacrifices. Les supporters
sont plus que jamais mobilisés. La résultante est cette
cohésion de la famille ASFA-Y, qui a donné droit à
ces résultats positifs.
Les saisons passées, on a souvent reproché à
l'ASFA-Y de faire des recrutements boiteux. Comment êtes-vous
parvenus à vous débarrasser de ce travers ?
Nous avons travaillé deux saisons avec sensiblement le même
groupe. En fait, les éléments du groupe qui nous donnent
satisfaction ne viennent pas de la planète mars. Nous avons
pioché autour de nous. Nous en avons pris au centre Naba Kaongo,
au centre de formation de Famozo et chez certains clubs. Nos juniors
ont pu monter un pallier plus haut. Nous avons donné la chance
à tous ces jeunes. Ils ont fait leurs armes et aujourd'hui
ils font notre fierté.
Le club a été longtemps pollué par des histoires
de primes non payées, des arriérés de salaire.
Cette année, on n'en parle plus. Comment êtes vous parvenus
à vous débarrasser de ces vieux démons?
Le club n'accuse pas d'arriérés de salaire. Mais cela
ne veut pas dire qu'on n'a pas de problèmes d'argent. Nous
avons fait face à des tentions de trésorerie de façon
récurrente. C'est le lieu de porter le débat autour
de la question de financement de nos clubs. Le foot nécessite
des gros moyens. Or, si vous prenez les récompenses nationales,
il y a de quoi en sourire. Le champion s'en tire avec 7 millions.
Or, un club comme le nôtre à une charge mensuelle de
6 à 7 millions ! Il y a quelque chose qui cloche.
Le sponsoring n'existant pratiquement pas, quelles sont vos sources
de financement ?
Nous avons de hauts responsables qui ne dorment pas. Ils frappent
à toutes les portes.
Comment aviez-vous fait pour que ces bagarres qui alimentaient
la vie de votre club ne soient qu'un vieux souvenir ?
C'est tout simplement la communication. On s'est parlé. On
continue de le faire. Des moments, des supporters interpellent les
instances dirigeantes sur des sujets donnés. Nous ne débinons
pas. Nous essayons d'apporter les réponses nécessaires.
Les ragots qui polluent l'atmosphère n'ont plus droit de cité.
En plus, il semble que vous avez trouvé le bon wackman
J'ai dit à votre confrère Victorien Marie Hien de la
télévision nationale que si le wack pouvait sauver,
Bafoudji de Gaoua (sa ville d'origine) serait en D1. Comprenez, ce
sont mes esclaves !
|
Moumouni Dagano, l'Etalon
au pied d'or
et au cur d'ange

Moumouni Dagano, l'attaquant des Etalons et du club qatarie,
Al khor ,vient d'endosser un autre costume. Il fait désormais
dans l'humanitaire. Les premiers bénéficiaires
ne sont autres que les pensionnaires de la maternité
de CHU Yalgado Ouédroago. Et pour un coup d'essai, le
buteur des Etalons n'est pas allé de la main morte. Il
a déboursé près de 6,5 millions de F CFA
convertis en matériel de premiers soins pour mamans et
bébés. Le corps médical n'a pas non plus
été oublié. Le professeur Lankoandé,
le premier responsable du service maternité et ses collaborateurs
étaient vêtus pour l'occasion de blouse estampillée
"don de M. Dagano". Coïncidence ou calcul juste
? Il se trouve que Dagano attend un bébé. Lui
le futur père sait que l'après accouchement est
un moment délicat. Mais l'idée de secourir l'hôpital
Yalgado vient de l'expérience du meilleur buteur des
éliminatoires CAN/Mondial 2010, combinés à
travers le séjour dans ses lieux d'un de ses amis. "Les
conditions de précarité des malades ont retenu
mon attention. Depuis, j'y pense sans arrêt ", nous
a confié Dagano. Et puis, grâce à son talent
de footballeur, il a de la fortune. Autant Dagano est généreux
à l'effort sur le terrain, autant il l'est dans la vie.
"J'ai eu la chance d'être à l'abri du besoin.
Mais j'ai connu des moments difficiles dans ma vie. La main
tendue dans des moments pareils a une grande portée",
soutient le donateur. Bien que décidé depuis belle
lurette, le très modeste Dagano a pourtant mis du temps
à se décider. Il craignait que son acte ne soit
mal interprété. Mais une fois le premier pas franchi,
Dagano n'a pas attendu de quitter l'hôpital Yalgado avant
de promettre de renouveler son acte. Visiblement soulagé
par un tel don, le professeur Lankoandé a souhaité
que l'enfant que madame Dagano porte soit meilleur footballeur
que son père n
J.J. Traoré
|
Cheick Omar Koné, coach
"Je dois les performances à mes joueurs"

Tout le monde s'accorde à dire qu'il est le principal artisan
du mieux être de l'ASFA-Y. Il est vrai que les Jaune et vert
ont rarement fait un choix judicieux pour leur club.
Quel est le secret de la réussite de l'ASFA-Y ?
Seul le travail libère l'homme. J'ai l'habitude de dire que
le foot, ce n'est pas comme des maux de ventre, mais plutôt
des maux d'yeux. On ne peut rien cacher.
Des techniciens vous ont précédé, mais votre
résultat est différent des leurs. Il doit avoir une
méthode Koné ?
Je ne veux pas jeter la pierre sur mes devanciers. Mais évidemment
que ma méthode diffère. En plus, je dois l'avouer, les
joueurs ont accepté de souffrir, de se battre. Le foot, c'est
d'abord les joueurs. Ils m'ont accepté comme leur père.
Je leur dois nos performances.
On vous dit très autoritaire. Doit-on croire que le joueur
burkinabè ne marche que par le fouet ?
Je ne crois pas être si autoritaire que vous le dites. Je suis
même un coach démocrate. Toutefois, je reste adepte de
cette assertion qui avertit que ma liberté commence là
où s'arrête celle des autres. J'ai fait confiance à
la jeunesse qui me l'a retournée.
Quels sont les joueurs-clé de votre système ?
Tous. Je suis en train de rédiger mon rapport technique. Je
constate que l'on a utilisé 37 joueurs durant la saison. C'est
dire qu'on a fait tourner l'effectif. Tous les joueurs sont importants.
Après avoir filé un cinglant 5 à 0 à
l'EFO, votre rivale de tous les jours, vous vous frottez tous les
jours les mains ?
Nous avons pratiquement la même qualité de jeu. Sauf
que l'ASFA-Y a eu plus de baraka que l'EFO ce jour-là.
Jusqu'où l'ASFA-Y d'aujourd'hui peut-elle aller ?
L'homme propose et Dieu dispose.
Vous serez encore au poste l'année prochaine?
Mon avenir appartient à Dieu.
J.J. Traoré
Ocancey Mandela
" Je sais pourquoi les supporters m'adulent
"

Pur produit du centre de formation ghanéen, Feuyenord,
le public a découvert ce " bout d'homme " mais nanti
de talents lors du tournoi des centres de formations de Noufou Ouédraogo.
Deux saisons seulement à l'ASFA-Y, et voilà Ocansey
Mandela star adulée dans la famille jaune vert. Son histoire.
Comment le destin de Mandela et celui de l'ASFA-Y se sont-ils
croisés ?
Alors que j'étais à l'académie de Feyeunord,
mon manager m'a appelé pour me dire qu'un club du nom de ASFA-Y
voulait de moi. Je n'avais aucune connaissance sur ma destination.
Mais j'ai fait confiance à mon manager. Et me voilà
au Burkina.
Tu n'étais qu'un jocker de l'entraîneur en début
de saison, comment es-tu parvenu à avoir ta place de titulaire
?
Evidemment que les débuts n'ont pas été faciles.
On n'arrive pas dans un club prendre sa place tout de go. Au début,
le coach m'a fait comprendre que sur le plan physique, je n'étais
pas encore prêt. Je jouais des bouts de matchs. Mes prestations
ont convaincu le coach que je pouvais jouer un match plein. Il m'a
donné ma chance.
Sais-tu que tu es l'idole du public ? Quel effet cela te fait
?
Je suis très heureux de le savoir. Mais je sais pourquoi. C'est
à cause de mon jeu. J'ai été rapidement adopté
par les supporters. Et croyez-moi, je ne veux pas les décevoir.
Comment le "tout petit joueur" en taille du championnat
que tu es parvient-il à s'exprimer aussi efficacement face
à des défenseurs colosses ?
A l'école, on nous a inculqué la culture de la mobilité,
du déplacement sur le terrain. Poser le jeu est une de nos
valeurs. De même, on nous a appris à ne pas avoir peur
d'un adversaire.
Comment Mandela voit-il son avenir après avoir réussi
sa saison ?
Je suis suspendu à mon manager. Mais je rêve d'évoluer
dans un grand club en Europe.
Pendant que tes coéquipiers ont chacun une moto, toi tu
es à vélo. Un choix délibéré ?
Je ne sais pas très bien aller à moto. Face au risque
d'accident, mon manager m'a déconseillé la moto. J'ai
préféré la bicyclette. Ça me fait de l'exercice.
Et vu que ma maison n'est pas loin du terrain, je n'ai pas un besoin
énorme de déplacement.
Comment toi l'anglophone parviens-tu à comprendre les autres
et à te faire comprendre ?
Au début, j'étais assisté par un coéquipier,
Mohamed Moussa qui assurait la traduction. Après son départ,
je me débrouille comme je peux. Je suis souvent maladroit dans
mes formulations. J'essuie les moqueries des autres. Mais petit à
petit, j'apprends.
J.J. Traoré