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Sport:Football

Etalons
L'étape de la maturité



Par J.J. Traoré

Les Etalons finalement ont loupé leur coup à Ouaga, au 4 Août. L'adversaire du jour, les Eléphants de la Côte d'Ivoire a mis un terme à l'invincibilité des Etalons. Après, il y a des leçons à en tirer, des hypothèses à prendre en compte.

Qui a dit que le Burkinabé ne sait pas supporter ? Qui parle de son complexe, sa timidité ? Ces remarques relèvent désormais du siècle passé. Une nouvelle ère de supporters s'installe. Il est vrai qu'il n'est pas encore prêt à s'assumer complètement car restant profondément attaché à la tradition du billet gratuit. Et là, c'est la sombre page de ce match. Imaginez-vous que plus de 25 000 billets ont été achetés par des bons samaritains pour une distribution gratuite. Mais a-t-on eu l'impression qu'après achat, les billets ont été bloqués dans un coin donné pour une raison ou une autre. Effectivement, selon nos informations des paquets entiers restent entre les mains de Burkinabé aux intentions inavouées. Ils n'ont finalement pas pu s'en servir et il ne leur reste plus qu'à griller des arachides avec. N'en déplaise à ces gens-là, le stade a été rempli, bien plein comme un œuf. Seules les tribunes réservées aux Ivoiriens sont restées clairsemées. Eux qui ont réclamé 10 000 tickets qui n'en ont eu que 3500 ont effectivement payé cash le lot mais pour ne rien en faire. Car, ils n'étaient pas plus de 1000 supporters à flotter dans les deux tribunes qu'on leur a cédées. Dans ce qui est convenu d'appeler " l'affaire des billets gratuits ", une enquête doit être diligentée afin de démasquer les coupables. Car nous ne pouvons pas comprendre que des citoyens aient cherché vainement des tickets d'entrée pendant ce temps, le marché noir en proposaient mais à des prix multipliés. A quelques heures du coup d'envoi, des billets se vendaient au noir, preuve que tous les tickets n'ont pas été placés. Pour revenir au portrait robot du nouveau supporter burkinabé, il est aussi vrai qu'il ne sait pas encore composer des chansons à la gloire de son équipe et des vaillants Etalons. Mais, c'est une première ! Le stade du 4 Août a cru en son équipe jusqu'à la fin du match et l'a applaudie malgré la défaite. Ce public si versatile, capable de siffler son équipe, de supporter l'équipe adverse en signe de sanction en cas de contre performance a agréablement surpris. Mais c'est surtout, la fierté avec laquelle, les fans du ballon rond ont affiché leur appartenance au Burkina qui mérite d'être soulignée d'un gros trait. Partout dans la ville, le drapeau du Burkina trônait sur le toit des concessions, boutiques et autres lieux de travail. La jeunesse s'est parée des couleurs nationales et à coup de sifflet on a maintenu la pression, une semaine durant sur la capitale. Comment ne pas noter la forte présence des élèves de l'Ecole nationale de la police " en corvée ? " qui ont mystifié les supporters ivoiriens et les obligeant ainsi à se déplacer continuellement dans leurs tribunes en vue de rechercher un endroit passibles en vain ! En général, c'est la Côte d 'Ivoire qui prend le pas, qui fait le mieux le boucan. Nous nous mimons et forcément la photocopie ne pouvait être meilleure à l'original. Mais là, les rôles ont été renversés.

vente illicite de billets

Tous les Ivoiriens présents à Ouagadougou dans le cadre de ce match parlent de show des flics, de la mobilisation des Burkinabé derrière leur équipe. C'est vrai que dans leurs reportages, les confrères parlent de "folklores", mais là, c'est un autre débat. En fait, "le bruit" des supporters n'est pas celui d'un tonneau vide. Les Etalons se portaient bien. Forcément, on est motivé pour les soutenir. A preuve, ils n'ont pas démérité face aux pachydermes d'Afrique et leur constellation de stars. Malgré la défaite, les Etalons ont été héroïques. La défaite, à notre avis s'explique par deux facteurs majeurs. Le premier c'est la blessure de Paul Koulibaly, le défenseur latéral gauche. Très technique, souvent même un peu trop pour un défenseur, il a muselé le virevoltant petit attaquant des Eléphants, Baki Koné (Burkinabé d'origine). Il faisait très bien le ménage chez Drogba. Et puis soudain, il est sorti, car sérieusement diminué par une blessure. Son remplaçant se trouve être un défenseur teigneux certes mais dépouillé de toute technicité. Qui plus est, il devait jouer latéral, un poste inhabituel pour lui. Et puis en face, la Côte d'Ivoire a une équipe de la "champion's league européenne". Tous aguerris, ils avaient un capital expérience supérieur à la notre. Cela dit, le verdict du match ne reflète pas la réalité de la rencontre. Tout aux moins le partage des points aurait pu être acceptable. Hélas, tel ne fut pas le cas. Maintenant un autre problème se pose. Les Etalons jouent en déplacement en septembre en Côte d'Ivoire. A priori, il faut être confiant. Les Ivoiriens ont fait le plein des points chez nous. Pourquoi, nous n'en feront pas autant chez eux. Mais une autre hypothèse nous effraie. Une défaite ne sera-t-elle pas de trop sur le moral de notre onze nationale ? Voilà la grande question. En plus, nous alignerons deux déplacements difficiles. Il y a la Guinée qui nous attend à Conakry. Dans quel état, l'équipe va-t-elle se retrouver au sortir de ces rencontres ? Ça fait peur ! Mais ne nous mettons pas la pression pour rien. Les garçons que nous avons disposent d'un énorme potentiel. Ils savent voyager. En plus, nous sommes à un point d'atteindre le premier objectif. Pour la CAN, un petit point nous suffi. Pour la Coupe du monde, ça se complique, c'est certain. Mais rien n'est perdu. Un exploit à Abidjan relancerait la course. Pour ceux qui souriront, il sied de préciser que nous parlons d'un ticket pour la coupe du monde. N'y va pas celui qui veut. Si les Etalons ne sont pas capables d'un hold-up en terre abidjanaise, il faut ranger ses rêves d'un mondial pour l'heure. Car en coupe du monde, tous les matchs auront ce goût amer. Et puis, la confrontation aller entre Etalons et Eléphants a permis au Burkina de vider complètement son complexe. Allons donc défier sans peur, sans calcul le pachyderme chez lui. Allons surtout lui retourner la pièce de sa monnaie.



EFO
Le grand malade attend un traitement généralisé

C'est désormais un rituel. Quand l'EFO va bien, l'ASFA-Y, le grand rival est enrhumé. Et c'est année, " les Jaune et vert " sont dans une forme éblouissante. Ils ravagent tout sur leur passage. L'Etoile y compris. La raclée que l'ASFA-Y a donnée à l'EFO (5-0) en coupe du Faso a été la goûte d'eau de trop. Ce n'est pas tant le nombre des buts que l'auteur qui est inacceptable à l'EFO. Les supporters " Jaune et vert " vont faire vivre une éternité d'enfer aux " Bleu et blanc ". On comprend donc le courroux des supporters étoilés. Du coup, il a fallu trouver rapidement un bouc émissaire. Et qui plus que l'entraîneur doit aller aussi rapidement à l'abattoir ? Diabaté a donc été viré. Maintenant la question est de savoir que va-t-on faire après ? L'EFO est vraiment malade. C'est même un grand malade. Et ce n'est pas une dose de nivaquine qui suffira pour guérir une rechute de palu. Toutefois, le coach Cheick Diabté n'est pas qu'une simple victime expiatoire. Il est passé à côté de sa mission. Nous l'avions écrit bien avant que le navire ne chavire. Le technicien a fait preuve d'un manque d'autorité, de personnalité vis-à-vis de ses joueurs a telle enseigne qu'il a existé des relations du type beau-frère entre lui et ses poulains. Quand un coach en vient à tenir un discours du genre " mais qu'est-ce que je peux si le joueur refuse ", le club est en péril. C'est un bien grand défaut. Mais le mal de l'Etoile est bien plus profond. Jamais l'EFO n'a eu tant de tension de trésorerie. Jamais la paie dans ce club n'a été aussi péniblement versée. Et pour cause, le salaire exorbitant proposé au joueurs. Quand nous avions eu des informations sur certains émoluments des joueurs, nous nous sommes posés des questions de savoir si " les Bleu et blanc " ont une planche à fabriquer des billets de banque. Bon Dieu où comptaient-ils avoir des moyens pour honorer leurs engagements ? Partant, on peut dire que Lazare Banssé (DG de la CAMEG) et Arthur Kafando (DG de la SANOPOST) les nouveaux patrons du club se sont fabriqués les problèmes tous seuls, comme des grands. En partie ils ont renégocié certains salaires de joueurs. Le réalisme aurait du être appliqué. Mais à leur décharge, la question des salaires important a été un héritage. Réévaluer les joueurs aurait pu aussi provoquer une crise. Car en matière de finances, personne n'aime perdre ses acquis. Les nouveaux dirigeants ont décidé de garder les taux initiaux. Gros salaires mais des arriérés gênants à la clé. Evidemment, on ne peut pas demander la lune à un joueur mal payé. Enfin, le président de la section foot de l'EFO, Boukary Sawadogo manque de charisme pour présider aux destinées d'un club de la dimension de l'EFO. Autant dire que le grand malade de l'Etoile a besoin d'un traitement plus généralisé comme ne le croyait.

J.J. Traoré

 


 




© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 16 juin 2009