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Sport:Football Hervé Oussalé, ce joueur miraculeux !
Qui a permis une nouvelle fois à Hervé Oussalé d'avoir cette immense chance de rebondissement ? Mon bon samaritain se nomme Nick Neururer qui se trouve être le manager qui s'occupe des intérêts de Jonathan Pitroïpa et de Wilfried Sanou. Il a cru en moi depuis qu'il m'a vu jouer lors de la CAN cadets en Gambie et lors d'un certain Maroc/Burkina (séniors) en amical. Il s'était engagé à me trouver un test en Allemagne quand j'ai eu une opportunité d'aller en Belgique. Finalement, j'ai eu des problèmes administratifs. Neururer m'a fait partir en Autriche où j'avais une autre chance. Mais les Belges vont refuser de me laisser évoluer là-bas. Je rentre au pays pour 3 ans sans clubs. Et voilà que je rebondis dans le club allemand de D2, Alemannia Aachen ! Je dois un grand merci à ce manager qui a bossé dure pour moi. Comment concrètement ton test concluant s'est-il déroulé ? Dès que je suis arrivé, je suis parti en stage avec l'équipe. Et puis le staff technique me donne ma chance dans un test-match. J'ai été auteur d'un gros match avec à la clé un doublé. Mon agressivité, ma générosité ont impressionné. On m'a proposé un contrat d'un an et demi que j'ai signé. Hervé se considère-t-il comme un miraculé ? Au terme de 3 ans sans compétition, tu as réussi là où très peu réussissent quand bien même ils sont en jambes. Miraculé, je le suis. Et j'en remercie le bon Dieu pour cela. Je lui dois tout. Puis à ma famille qui n'a pas arrêté de me souvenir quand les choses allaient très mal. La moralité de mon histoire est qu'il ne faut jamais en vouloir à quelqu'un, même quand cette personne t'a fait du tort. Dieu finit par te récompenser. Donc Hervé n'en veut pas à l'EFO et à son président d'antan Zico qui a refusé de lui donner le certificat international de transfert pour le qualifier en Belgique ? L e passé appartient au passé. Ce que j'ai traversé est une école pour moi. Il est vrai qu'il m'est difficile d'oublier que si prêt du but, des gens ont refusé de me laisser saisir ma chance. Mais j'ai tout pardonné. Je veux avancer. Une chose est de signer un contrat, une autre est de pouvoir jouer dans son club. Comment tu te comportes face à la concurrence? Après l'euphorie de la signature du contrat, je me suis retrouvé face à une rude concurrence. J'ai pris une équipe au vol qui avait ses cadres, ses titulaires. Pour commencer, il fallait que je livre des combats de gladiateurs pour faire partie de la liste des joueurs retenus pour les matchs. Une fois que cet objectif a été atteint, j'ai dû travailler dur encore pour jouer des bouts de matchs. Aujourd'hui, ma situation est bien meilleure. Je ne suis pas encore titulaire, mais il m'arrive de démarrer des matchs. Combien de buts à ton compteur personnel ? En compétition officielle, j'en compte deux. Comment se comportent les Burkinabè qui évoluent dans la même division que toi ? Tous jouent. C'est déjà un bon départ. Il y a Alassane Ouédraogo, Moussa Ouattara dit Bouffe-Tout et Aristide Bancé. Et qui est le plus une pièce maîtresse dans son club ? A mon avis, Aristice Bancé est très tranchant. Actuellement, il tourne à 300%. Il marque des buts importants pour son équipe. Plusieurs clubs de première division ont l'il sur lui. Il fait vraiment notre fierté en ce moment. Bouffe-Tout est lui aussi titulaire en plein régime dans son club. Financièrement, es-tu à l'abri du besoin ? Vraiment, je n'ai pas à me plaindre. Ici, il faut trouver une place dans l'effectif de compétition. Financièrement, les joueurs en compétition ont un traitement de roi. Pour mon cas, je ne suis pas dupe. Le premier contrat ne peut pas être mirobolant. Mais au fur et à mesure que je gagne ma place, les choses vont s'améliorer. Bientôt, j'aurai à rediscuter mon contrat. Penses-tu à la sélection nationale? Tout citoyen rêve de jouer pour son pays évidemment. Je suis Burkinabè et je le resterai. Surtout que mes anciens amis de Planète champion sont entre autres les animateurs actuels des Etalons. Mais c'est à l'entraîneur de faire ses choix. Personnellement, je ne suis en contact avec aucun dirigeant. Même pas encore avec le coach des Etalons. Je pense que les journalistes burkinabè, mais aussi le staff technique doivent redoubler d'effort pour un meilleur suivi des joueurs professionnels. Nombre d'entre eux font de belles choses. Interview réalisée
Tour du Faso
Le divorce entre le Tour de France et le Tour du Faso est consommé. L'époux richissime français a décidé de congédier la partie burkinabè. On ne va pas vider toutes les larmes de nos corps d'hommes intègres pour cela. Question de fierté. Et puis le Tour du Faso n'a pas été créé par ASO. Il a vécu une quinzaine d'année sans interruption avant que "l'époux blanc" n'arrive. Mais mise à part ce sentiment de fierté, l'inquiétude est grande. Le départ de ASO semble être entaché en plus d'une volonté manifeste de nuire. Tenez, c'est courant mars qu'une délégation de cette organisation est arrivée de Paris pour balancer sur le visage du ministre des Sports l'intention du partenaire ASO de ne plus conduire les opérations d'organisation du Tour. Pourquoi attendre la toute dernière minute ? La grande boucle locale se tient en octobre et en moins de 5 mois, il est difficile de tout remettre en place. En plus, l'arrivée de ASO n'étant pas définitif, il avait été question de transfert d'expertise aux acteurs nationaux. Mais ASO n'a pas facilité vraiment cela. Des plats prêts à manger étaient offerts à la partie burkinabè. Pour des questions de confidentialités calculées, "le grand-frère", le Tour de France, a refusé de prendre la main de son "jeune-frère", Tour du Faso pour les courses chez les partenaires financiers. Donc l'introduction de burkinabè dans ce cercle fermé du sponsoring qui fait la fierté de ASO est un fiasco. Mais il est facile de jeter la pierre sur la partie française uniquement. Depuis l'arrivée du Tour de France au Burkina, la situation a été ainsi sans qu'aucun Burkinabè ne lève le petit doigt. La perfusion financière de ASO a apporté une quiétude à notre Tour, tranquillement on s'est laissé prendre au jeu. On a dormi oubliant que demain n'est pas loin. Eh bien demain est arrivé ! Le défi actuel est d'organiser le Tour du Faso, mais de l'organiser à la même dimension que ASO nous l'a habitué. Sinon, bonjour la chute. Le Burkina joue gros cette édition-ci. Le Tour du Faso est une arme diplomatique importante pour notre pays. Il est important aux yeux de l'Etat, nous n'en doutons pas. Mais où trouver 300 millions en si peu de temps pour l'organiser par ces temps de "tout est priorité" renforcé par la vie chère? En plus, n'oublions pas que la dépense est hors-budget. Voilà une affaire qui doit donner des nuits blanches au ministère des Sports, à la fédération et à tous ceux qui aiment le vélo et le sport du Burkina. J.J. Traoré
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L'Evénement - Déc. 2001 | |||||