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Sport:
BOXE
Par J.J. Traoré Le 3 mai prochain, le Burkina accueille le championnat du monde de boxe. Apparemment, la preuve est là, le noble art a repris vie au Faso. L'épopée Boum-Boum relève maintenant du passé. Vive le Caïd, de son vrai nom Irissa Kaboré, qui va à la conquête du monde. En attendant le verdict du ring, le président de la fédération burkinabè de boxe, le colonel Daniel Traoré, fait le point de son combat qui dure maintenant 2 mandats de 4 ans. Le cataclysme programmé pour l'après Boum-Boum semble avoir été de courte durée. Comment se porte la boxe burkinabè ? Nous avons pris les rennes de cette discipline, voilà aujourd'hui 2 mandats. Nous pensons avoir réalisé notre programme d'activités au mieux. En boxe amateur, notre défi était d'organiser régulièrement les championnats nationaux. En boxe professionnel, notre ambition était de trouver un successeur ou des successeurs à Nabaloum Dramane dit Boum-boum qui a fait rêver plus d'un Burkinabè. Aujourd'hui, le Burkina compte 4 champions d'Afrique. Et pour assurer la relève, nous avions pu ouvrir des écoles, grâce à l'appui de la Coopération française. Il est vrai qu'aujourd'hui, ces écoles peinent à tourner, dû au fait que le partenariat avec la Coopération française a pris fin. Nous avons mis en place une commission pour la promotion de la boxe féminine pour donner à notre discipline un visage féminin aussi. Toute modestie gardée, nous sommes à l'heure du réveil. En général, pour plus d'efficacité, la boxe
amateur et celle professionnelle ont chacune leur fédération.
En cumulant les deux, cela ne plombe-t-il pas les ailes de la fédération
au moment du décollage ? Qu'est-ce qui a bien motivé la Confédération
africaine de boxe à renoncer au retrait de trois des 4 ceintures
continentales du Burkina ? L'organisation d'un combat "pro" relève du ressort
exclusif des promoteurs. La fédération ne dispose-t-elle
pas d'un moyen de pression sur les promoteurs de boxe, le retrait
de leur licence par exemple afin de les obliger à organiser
les défenses de ceintures dans les délais ? Qu'est-ce qui a décidé la famille mondiale de la
boxe à accorder au Burkina le droit d'organiser un championnat
du monde ? Le Burkina a-t-il les moyens d'organiser une telle compétition
? Le ring brinqueballant qui accueille nos combats sera-t-il accepté
pour un gala de ce niveau ? Le gala du 3 mai sera parrainé par le Moro Naaba. Parmi
les membres du gouvernement, le noble art a ses inconditionnels. Visiblement,
il y a du beau monde derrière votre discipline ? Fort de ces soutiens, vos poches sont donc pleines. Le gala se
tiendra-t-il sans souci financier ? On vous désigne comme une des fédérations
qui a du mal à acheminer les justificatifs ou les pièces
comptables une fois les financements acquis
ITW réalisée par J.J. Traoré
Sport Le sport burkinabè, par ces temps de conjoncture économique marqués par la vie chère voit ses sources de financement tarir. La pauvreté est le lot quotidien de toutes les structures sportives. Et même le sport-roi vit la crise de plein fouet. Quand 500 000 F CFA seulement tombent dans les caisses d'un club de football en ce moment, on respire à fond. La preuve, l'ASFA-Y a eu de la peine à payer aux leurs primes de signature de ses joueurs, ce qui a donné droit à des mini-crises. Pourtant, les gros budgets de notre championnat dont fait partie l'ASFA-Y tournent autour de 100 à 120 millions par an. On est donc en droit d'être inquiet pour le sport national. D'où viendra l'argent pour faire vivre les clubs ? Comment le sport pourra-t-il prendre son envol si aucun investissement n'est possible, faute de moyens ? Et que dire de la formation et de la compétition qui ont besoin d'argent frais ? Les interrogations sont là. En attendant de trouver d'autres nouvelles sources de financement, l'heure doit être à une gestion intelligente du peu encore disponible. Dans le sport burkinabè, beaucoup d'argent a été investi par l'Etat, mais surtout par des personnes privées ou des personnes morales. Les chiffres sont même ahurissants. Une enquête du ministère des Sports et des Loisirs, réalisée en octobre 2007, permet de dire qu'environ 1,3 milliard de nos francs a été injecté dans le sport entre 2001 et 2005 ! Cette somme ne prend pas en compte l'intervention étatique qui fait crever les plafons. Elle représente l'intervention du privé ou des sociétés en faveur du sport. Le drame est qu'à l'arrivée, on se demande à quoi a servi un tel investissement. Il est vrai que chaque opérateur, en intervenant, a son objectif derrière la tête. A quelques exceptions près, l'objectif poursuivi est loin être la promotion du sport national. En cela, on ne peut pas dire que l'argent n'a servi à rien. Mais il est possible de combiner les deux intérêts, celui du promoteur et celui du sport. La nécessité d'organiser le secteur d'intervention, à défaut d'orienter les partenaires financiers vers des secteurs organisés, est nécessaire. Au lieu d'aligner des coupes de maires et de hauts-commissaires à n'en pas finir, et si l'argent, ou du moins une partie, était accordé aux fédérations ou aux clubs ? La publicité recherchée peut s'obtenir à ce niveau. Et pour que le souci de mobilisation de l'électorat qui anime certains promoteurs de coupe ne soit pas oublié, les coupes de X ou Y peuvent rentrer dans un calendrier fédéral de sorte à ce qu'il devienne un lieu de détection réelle de futurs talents. Ainsi, dès que la saison est bouclée, on ouvrira la saison des coupes de quartiers, villages, services, secteurs, arrondissements Les promoteurs donnent les fonds et la fédé par l'intermédiaire des ligues organise lesdites compétitions. Tout le monde y gagnerait. J.J. Traoré
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L'Evénement - Déc. 2001 | |||||