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Sport: Football
FBF : il faut commencer par là


 


La tâche de Zembede est immense...

Par J.J. Traoré


Le football burkinabè va prendre son énième départ. La nouvelle équipe fédérale conduite par Zambendé a pris place. Il est temps de donner une orientation qu'il faut à notre football. Pour le moment, le discours fédéral n'est pas clair. Après trois mois passés à la FBF, les Burkinabè sont en droit de savoir vers quelle destination l'équipe de Zambendé conduira leur football.

Messieurs les membres fédéraux, et si vous annonciez maintenant les couleurs ? Vers quelle destination Zambendé veut-il conduire le football national ? Nous ne doutons pas des bonnes intentions du nouveau président de la fédé. Mais en football, tous les chemins ne mènent pas à Rome. Le nouveau patron du foot a décliné ses intentions dans un livret publié à la hâte, la veille de son élection. Ce qui tient lieu de programme de la nouvelle fédé nous paraît assez vague. La particularité de ce bureau fédéral est qu'il est arrivé à une époque où les Burkinabè sont descendus de leurs gros nuages. Il y a longtemps, nous avons accepté qu'une phase finale de CAN puisse se jouer sans les Etalons. Deux absences d'affilée à la CAN, le public est plus que jamais prêt à accepter un autre départ, celui-là plus réaliste, plus conforme à nos potentialités. C'est en cela que l'équipe de Zambendé a un rôle historique, le devoir de prendre un bon départ. Nous avons applaudi l'annonce du nouveau président de faire de la formation un point essentiel de son action. Mais l'effet d'annonce commence à faire place à un autre sentiment : l'interrogation. Quand est-ce que le programme de mise en place de la relève sera-t-il opérationnel? Comment va-t-il s'opérer concrètement ? Qui va le financer ? Il est impossible d'imaginer former la relève sans techniciens. Il est vrai que le Burkina compte dans ses rangs des coachs. Mais ils sont peu nombreux, ceux-là qui ont une qualification solide. Ce n'est pas avec les attestations de deux à trois mois de stage qu'on peut se prévaloir du titre de technicien. La fabrication des vedettes ou même des joueurs tout court est une tâche noble. Il s'agit de jeter les fondations du football de demain. N'importe qui n'est pas autorisé à le faire. Alors la FBF doit, avant tout, créer les conditions pour permettre à la formation de se tenir. Pour tout début, nous aurions voulu sentir tout de suite une réelle volonté de la nouvelle équipe sur le terrain de la recherche de bourses de formation longue durée pour doter notre football de cadres compétents. Dans la cour du sport-roi, plusieurs anciens joueurs traînent, ne sachant pas quoi faire. Notre recette est d'en prendre les plus aptes et de les envoyer massivement en stage à l'extérieur du pays grâce à des bourses d'études négociées auprès de " pays amis ". C'est à ce prix et à ce prix seulement qu'on disposera d'un des éléments essentiels pour un décollage serein de notre football. Pendant que les cadres seront à l'école, il sera également impérieux de travailler à intégrer le réflexe de la formation dans le quotidien de nos clubs. Un cahier de charges obligeant chaque club à avoir toutes les catégories (benjamins, minimes, cadets, juniors et espoirs) devrait être préalablement défini par la FBF. Et des championnats de petites catégories s'avèrent nécessaires. Voilà ce qui devrait être la priorité des priorités de la nouvelle équipe fédérale. Naturellement, elle se doit aussi de continuer à assurer l'organisation du championnat de l'élite (D1 et D2). Les Etalons ne doivent pas non plus ranger leurs crampons et ne plus prendre part aux compétitions internationales. Mais personne n'en voudra à la FBF si le gros de son budget est orienté d'abord sur la relève. Il y a des éléments qui permettent d'espérer que : "demain sera meilleur". C'est le souhait des amoureux du ballon rond.


Jeux Olympique
Le dilemme planétaire en terre chinoise

Jamais des JO n'ont suscité autant de polémiques. A moins de quatre mois de l'ouverture de la plus grande manifestation sportive mondiale, la flamme olympique a déjà pris la route de Pékin. Mais avant, elle visitera les cinq continents. Seulement, son parcours ressemble à celui du combattant. Londres, Paris et bien d'autres capitales sont déchirées suite à la traversée de fameux flambeau olympique. La Chine est infréquentable. Pékin est coupable d'empiétement des droits humains. Pour beaucoup, offrir l'emblème des JO à ce pays passe pour une prime d'encouragement à un Etat liberticide, prédateur de toutes les formes de libertés. Du coup, c'est l'octroi de l'organisation même des jeux à Pékin qui revient sur la table. Ce n'est pas aujourd'hui que la Chine a commencé à fouler aux pieds les droits humains. Pourquoi l'humanité a-t-elle fermé les yeux et laissé le comité olympique attribuer les JO à Pékin? Même le Dalaï Lama, le guide spirituel tibétain, a cédé au compromis face à la situation. Pour lui, les Jeux olympiques constituent un fouet économique qui va booster l'économie chinoise. De ce fait, Pékin doit abriter les JO. Alors, qu'on ne nous parle plus de boycott. Rares sont les pays qui seront absents du rendez-vous de Pékin. Les JO n'interviennent qu'une fois tous les quatre ans.

Pour les sportifs, rater l'occasion, même pour une cause noble est suicidaire. Le dilemme est partout. Les Chinois eux-mêmes ne veulent pas renoncer à l'argent des JO même s'ils savent que le pouvoir central, déjà fort, en sortira grandi. Ce n'est pas pour rien que la liste des convives de la cérémonie d'ouverture des JO fait déjà couler beaucoup d'encre et de salive. La Chine veut recevoir, à l'occasion, tous les grands de ce monde. Le président des Etats-Unis, Georges W. Bush, le président français, Nicolas Sarkozy, n'ont pas encore pris de décision, mais faire le déplacement de Pékin est une forte éventualité dans leur calendrier. En fait, chacun cherche une bonne excuse, chacun cherche à se donner une bonne conscience. Aux Etats-Unis, les parlementaires ont ouvert le débat sur la participation de leur président à la cérémonie d'ouverture de ces jeux. Quant à Sarkozy, il pose des conditions à sa participation. Mais qu'on se le dise, le voyage de la Chine est plutôt un voyage d'affaires qu'un voyage d'amour. Le poids de Pékin dans l'assiette économique mondiale, le vaste marché économique que constitue le pays le rend incontournable. Et pour cette raison, on va se bousculer dans les tribunes à l'ouverture de la cérémonie. Tant pis si cela passe pour une victoire diplomatique pour le régime de Pékin. De leur côté, les sportifs du monde entier savent que les prisons chinoises sont peuplées de prisonniers d'opinion, mais les médailles, la gloire et l'argent des jeux constituent des appâts irrésistibles. Depuis lors, le boycott n'est plus d'actualité. Certaines délégations promettent d'y aller et profiter de la tribune pour afficher leur position. Mais on aura déjà fait trop de concession au régime en place. Et cela n'est pas une nouveauté. Hélas oui !

J.J. Traoré

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 20 Avril 2008