
Le Président Komyaba n'a pas été à la
hauteur des attentes
Par J.J. Traoré
Il a fallu attendre la dernière année de son mandat
pour que le président de la Fédération burkinabè
d'athlétisme se souvienne qu'il avait le devoir de tenir une
AG et un conseil de gestion en début de chaque saison. Il a
fallu attendre que les élections approchent pour que ses plus
proches collaborateurs lui fassent une bagarre légitime. Décidément,
dans le sport burkinabè, l'intérêt de la discipline
passe après certains intérêts.
La Fédération nationale d'athlétisme s'est tapée
trois ans sans que le bureau fédéral ne se réunisse.
Le président Komyaba P. Sawadogo n'a besoin d'aucun avis pour
diriger sa fédé. Tant pis si les textes disent que tout
membre de fédération qui manque, sans motif valable
deux réunions consécutives du bureau est considéré
comme démissionnaire. Le président lit et comprend autrement
les textes. Reprochez-le de ne pas convoquer de réunions, il
répond qu'il n'avait pas de nécessité ou que
le temps ne l'autorise pas, vu que les uns et les autres sont des
bénévoles. Comme si servir le sport était une
obligation. De toutes les façons, les choses ont toujours fonctionné
ainsi à l'athlétisme. Le président fait tout.
Il trace les lignes du budget, exécute les dépenses
sans se référer à ses plus proches collaborateurs
encore moins à l'AG. Plus d'un membre du bureau s'est dit étonné
de voir telle réalisation, telle dépense, tel acte.
Et pour une fois, les uns et les autres ont eu le courage de cracher
leurs vérités en face de leur président. Sa gestion
est sans partage, lui a-t-on reproché. Et le président,
pour toute réponse, ne s'est pas repenti. Loin s'en faut. Il
va établir un dialogue de sourds avec les délégués.
" Une fois que le budget est voté, j'en sais quelque chose
dans la gestion du président, l'ordonnateur du budget que je
suis n'a plus besoin de consultation pour s'exécuter ",
s'est-il défendu. Le problème c'est qu'en plusieurs
années de règne, c'est la première fois que l'athlétisme
tient une AG et un conseil de gestion. Quelle instance élabore
alors le budget ? Là encore, le président s'est trouvé
un alibi : les moyens financiers. "Nous manquons d'argent pour
tenir nos assises. C'est sur financement du ministère que nous
avons pu tenir les présentes ". Le refrain ne passe plus.
Il ne faut plus être ingénieux quand il s'agit de s'accrocher
à son poste. Les assises de l'athlétisme ont été
houleuses. Malgré beaucoup d'insuffisances, les rapports d'activités
de trois années de mandant ont néanmoins été
acceptés. Par contre, les débats n'ont pu être
vidés à propos des dossiers de demande d'affiliation
de nouveaux clubs. Tout le monde a tort et raison à la fois.
Pour le président Sawadogo, l'adhésion est un droit
qu'on ne peut refuser à une personne, pour peu qu'elle soit
faite dans les normes. Le drame est que parmi les opposants aux nouveaux
adhérents, il y en a qui devaient avoir honte de parler étant
entendu que eux-mêmes sont des représentants de clubs
qui n'ont pas de récépissé. Et même que
d'autres n'ont pas formulé la demande d'affiliation et devraient
balayer de ce fait devant leur cour d'abord. Ainsi vu, on peut ne
pas comprendre les protestataires. De toutes les façons, si
la fédé attire de nouveaux adhérents, c'est bien
parce qu'elle est dynamique non ? Mais en deuxième analyse,
ces affiliations peuvent ne pas être si innocentes qu'elles
le paraissent. En effet, le corps électoral est composé
des voix des délégués des clubs. La pratique
veut que les présidents, dès l'instant qu'ils perdent
en popularité, autorisent des affiliations de nouveaux clubs
acquis qui leur assureront plus tard leur réélection.
Et certains détails permettent de douter de la qualité
des nouveaux clubs qui frappent à la porte de l'athlétisme
national. Certains n'ont qu'un seul athlète ! Des dirigeants
sont membres à la fois de deux clubs ! Et si on considère
que certains membres fédéraux continuent d'être
très actifs, sinon les plus actifs dans leurs clubs respectifs,
forcément, ça devait ne pas marcher. Et ça ne
marche pas bien. L'athlétisme national est en baisse de régime.
Cela n'empêche pas les dirigeants de se faire la guerre dès
que les élections sont à l'horizon n
FOOTBALL
Santos FC du Burkina
Les gros ennuis d'un futur riche

Le duo Kéré-Sirima voit sa légitimité
contestée
Le SANTOS FC, ce petit club de Ouaga que tous ont abandonné,
ce club qui a fini par chuter en D2 est au centre aujourd'hui d'une
guerre sans merci. Il y a de quoi s'interroger sur les motifs des
uns et des autres.
Le Santos FC est réputé être un club formateur.
Malgré la petitesse de son budget, le club est habitué
à vivoter, faute de sponsoring. Conséquence, l'instabilité
à la tête du club est grande. Les présidents qui
arrivent se retrouvent à financer seul le club. Ils ne tiennent
pas longtemps. Ahmed Diarra, Béré Stanislas, Alexandre
Muthalib, Boubacar Ouédraogo, Roger Kéré, en
espace de 8 ans, le club " a épuisé " 5 présidents
! Il en était, après le départ de l'avant-dernier
président, dans une telle situation que personne n'en voulait.
C'est ainsi que Roger Kéré, l'actuel président
a hérité d'un siège vacant. Il faut dire que
Kéré est un enfant du club, lui qui a joué et
qui a longtemps été le SG du Santos FC. Mais ce Monsieur
est un sans emploi. Il a le temps pour le club, mais avec des poches
vides, il s'est toujours employé à courir après
les présidentiables pour les amener à prendre le Santos.
Puis, on ne sait pour quelle raison, il a décidé de
prendre le club lui-même. Fort heureusement, il sera soutenu
par Verhoost, un Belge qui cherche à faire des affaires dans
le foot africain à travers le placement des meilleurs joueurs
dans les championnats européens qui est un commerce très
lucratif. Ce Belge devient le bras financier du club et même
du président Kéré. Mensuellement, les charges
du club sont de trois millions de F CFA. Mal an bon an, la nouvelle
équipe parvient à faire vivre le club. Verhoost est
arrivé au Santos par l'intermédiaire de Lacina Sirima
dit Vieux, un fan de l'ASFA-Y. Le trio, malgré quelques bonnes
initiatives ne parvient pas à maintenir le Santos FC en D1.
Pourtant, le club n'a pas eu sa plus chaotique saison de son histoire.
Sa relégation est due simplement a une décision administrative
qui veut le dernier club de Ouaga (le Santos justement qui n'était
pas le dernier du championnat) soit renvoyé en D2. Du reste,
le Santos s'est rarement senti mieux dans le championnat que cette
saison. En général, le club flirte avec la relégation
et ne sauve sa tête qu'en dernière minute. On ne peut
donc pas reprocher à la nouvelle équipe d'avoir échoué
sur le plan sportif. Il est vrai que le club a réussi des transferts
sous la gestion de Roger Kéré. Il est aussi vrai que
la destination de l'argent rapporté par le mouvement des joueurs
peut donner à épiloguer. Mais que voulez-vous ? Verhoost
est loin d'être Mère Theresa. S'il met de l'argent dans
un club que personne ne veut prendre, souffrez qu'il en tire bénéfice.
Aujourd'hui, le Santos a retrouvé un intérêt subit
que nous avons de la peine à comprendre. Certains individus
qui ont retrouvé un amour perdu pour le club ont subitement
réapparu et veulent la peau du président Roger Kéré.
C'est d'abord un bureau parallèle qui a été mis
en place. L'AG qui a abouti à la mise en place de ce bureau
parallèle a été convoquée en violation
flagrante des statuts et règlements du club. Rapidement la
Ligue du centre et la FBF (le bureau de transition) aurait pu y mettre
de l'ordre en disant la loi. Il est normal que des amoureux du club
qui se disent déçus par sa relégation en D2 veuillent
venir aux affaires. Peut-être ont-ils enfin trouvé la
recette magique. Mais il y une voie à suivre. Le deuxième
bureau né hors normes se devait d'être rejeté
par la FBF et la Ligue. Mais non seulement, cela n'a pas été
le cas, mais la Ligue a commis l'erreur de vouloir dissoudre le bureau
de Kéré, un bureau vieux de trois ans au motif qu'il
est illégal. Pourtant, la même Ligue a travaillé
avec ce "bureau illégal" sans gêne. Pour le
camp du Président Kéré, la raison est évidente.
Il serait en train de payer son choix de soutenir le colonel Yak contre
Zambendé qui a été le candidat de la Ligue du
centre. Nous ne croyons pas que la Ligue du centre soit capable d'un
tel comportement. Nous attendons qu'elle nous donne d'autres explications.
Par ailleurs, nous savons aussi que le bureau de Roger Kéré
a mandaté un avocat Belge pour entreprendre des démarches
afin que le club puisse rentrer dans ses droits relatifs au transfert
de ses joueurs, notamment la prime de formation. L'affaire serait
en bonne voie, en témoignent certaines correspondances de la
FIFA. L'argent va donc tomber. On comprend donc tout. C'est bien dommage
!
J.J. Traoré