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APESS:de
l'élevage à la sagesse
De la pratique de l'élevage traditionnel,
l'APESS enseigne à présent la sagesse. Est-ce
une nouvelle orientation de l'association ? Non, une continuité
plutôt
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Par
Newton Ahmed BARRY
"Le problème avec vous Docteur, c'est qu'au moment
où nous vous rejoignons sur un point, on se rend compte
que vous n'êtes plus là-bas. Vous nous déroutez
tout le temps
" Cette remarque d'un habitué des
assemblées générales de l'APESS (Association
pour la Pratique de l'Elevage au Sahel et en Savane) au Dr Ly
aurait pu être dite pour la 14e assemblée générale
qui s'est achevée le samedi 13 décembre dernier.
Pour la présente rencontre annuelle, des éleveurs
traditionnels venus de plus d'une dizaine de pays de l'Afrique
subsaharienne ont parlé de la sagesse. Ce qui a suscité
cette remarque d'un néophyte, dans l'une des huit commissions
de travail instituées à l'occasion : "Quand
est-ce qu'on va parler de l'élevage ? " Tel Monsieur
Jourdain, ce nouveau venu n'a pas su qu'il parlait de l'élevage
sans le savoir. L'APESS, c'est bien entendu, les hangars de foins,
la sélection de bonnes espèces, mais c'est aussi
et surtout une certaine façon d'être et de devenir
qui fait du métier d'éleveur beaucoup plus qu' "un
gagne pain ". Il faut rappeler que l'APESS s'est constituée
sur le refus d'une certaine façon dite rentable, de concevoir
et de faire l'élevage. L'APESS n'enseigne pas la productivité,
c'est-à-dire plus de viande et plus de lait, mais une certaine
éthique qui élève et accomplit celui qui
fait de l'élevage son métier. L'APESS veut promouvoir
" un élevage de vie " qui fait "du pouvoir
de l'élévation de l'animal le premier critère
de sélection, parce qu'en plus, il contient et qualifie
les autres critères zootechniques et matériels.
" In fine, c'est " faire un élevage en harmonie
avec la nature". L'élevage de vie ne signifie pas
ignorer l'amélioration des espèces. Il édicte
de nouveaux critères qu'il faut savoir reconnaître
dans l'animal. Il y a quatre principaux critères pour sélectionner
un bon animal. Le premier est d'ordre matériel, relevant
de l'intérêt. Elever c'est satisfaire un besoin,
nourriture, habillement etc. Le deuxième est d'ordre sécuritaire.
L'animal doit procurer à son propriétaire de la
protection. Le troisième critère est celui de la
chance. La possession doit attirer ce qui est positif pour le
possédant. Enfin, l'animal doit permettre l'élévation
pour son propriétaire. L'élévation étant
la valeur essentielle. Ces quatre critères ne sont pas
une invention de l'APESS, dans la nature, les phénomènes
sont étagés en quatre grands groupes. Les matérialistes,
reconnaissables à leur morphologie. Dans un groupe humain,
25% sont matérialistes. Il y a ensuite les sécuritaires.
Ils sont dominés par le besoin de sécurité
et peuvent être reconnus par leur comportement. Ceux qui
sont dominés par la chance, c'est leur détachement
qui nous l'indique et ceux qui sont dominés par la valeur
d'élévation, c'est leur lumière qui nous
l'indique. Ces valeurs sont les fondements même de l'élevage
traditionnel et en constitue le substrat de la sagesse qui mérite
d'être enseignée à l'humanité. Car
l'école actuelle est, de l'avis de Boubakar Sadou Ly, celle
" de la convoitise. Elle ne peut qu'engendrer la guerre,
parce qu'elle est en même temps celle de la main mise ".
C'est pourquoi l'APESS veut promouvoir la sagesse, convaincue
que "le groupe humain qui cuisinera la sagesse passera au-dessus
des autres comme la crème passe au dessus du lait ".
Mais au fait, la sagesse c'est quoi ? Dans le livre de la sagesse
en écriture, Dr Boubakar Ly y répond. Il définit
ainsi la sagesse : "
Notre assignation est de grandir,
vers le haut, jusqu'au ciel, car nous avons en nous des parties
appelées à cela. Pour une telle campagne d'ascension,
des ressources potentielles nous sont données, à
tous, sans aucune exception, soit intrinsèquement, soit
par alliances. Personne n'est déshéritée
pour grandir; Il faut seulement à chacun une école
qui lui apprend à découvrir le siège de son
pouvoir de grandissement et la meilleure façon de l'alimenter
à grandir jusqu'à son plein accomplissement. Nous
sommes appelés à nous accomplir car c'est seulement
à ce stade d'évolution que nous sommes bienfaisants
et utiles et au plus grand nombre. L'épanouissement est
un stade trop insuffisant et même le fruit formé
mais non mûr n'est pas bienfaisant.
L'accomplissement est un stade obligatoire, nécessaire
et suffisant.
C'est en grandissant dans cette logique qu'on a tout par surcroît.
Et ainsi, on a le grandissement et l'avoir. En visant l'avoir
simplement, on n'a pas le grandissement. Notre gloire est de grandir
et cela nous donne et le pouvoir et l'avoir. Les humains actuels
ont inversé les finalités et on s'empêtre
et s'enfonce malgré le cumul considérable actuel
des avoirs.
Etre bienfaisant envers quelqu'un, c'est lui donner en échange
ce qu'on a, qu'on a fait grandir en abondance, et qu'il n'a pas
et qui lui est nécessaire pour grandir jusqu'à s'accomplir.
Le produit spécifique qu'on a, qu'on doit échanger
doit être, au moment de l'échanger, de la qualité
qui fait grandir l'autre jusqu'à son accomplissement, sans
qu'il ait besoin de se réapprovisionner.
Ce qu'on a de spécifique avec obligation de l'échanger
constitue notre pouvoir d'échange et c'est là que
siège notre valeur. Celle-ci est en effet exclusivement
déterminée par les autres qui nous attribuent une
valeur en fonction de la nature, (spécificité différentielle
distinctive), de la qualité (accomplissement) et de la
continuité (l'arrêt est fatal) des relations que
nous établissons avec les autres et des échanges
qui s'opèrent à travers ces relations.
Notre valeur est donc dans notre différence et non pas
dans notre ressemblance aux autres et est totalement déterminée
par ces autres, fondamentalement par les échanges vitaux
et valorisants que nous faisons avec eux.
Le pauvre, l'insatisfait ou le frustré est donc celui qui
n'a pas découvert son pouvoir d'échange naturel
et donc qui ne l'a pas grandi et donc qui ne l'a pas en pouvoir
d'échange. Celui-ci, forcément, peine et est en
peine. Tout, par contre, lui vient lorsqu'il s'est engagé
dans le grandissement et l'échange de sa différence.
Toute rencontre est donc une cession de son trésor naturel
qu'on a grandi à la qualité accomplie et à
la quantité suffisante pour tous les êtres de l'univers.
Ce trésor doit avoir atteint une qualité inaltérable
- l'idéal - et une quantité suffisante pour tout
l'univers parce que renouvelable à perpétuité.
Etre en qualité de rencontre bienfaisante suppose donc
qu'on chemine sur les axes de l'idéal et de l'universel
pour son grandissement. En dessous, il s'agit de rencontre plutôt
aliénante car on ramène l'autre à sa dimension
à soi.
A propos de grandissement, il faut rappeler que ce qui ne grandit
pas diminue, ce qui ne s'élève pas descend, ce qui
ne s'étend pas se rétrécit, ce qui ne se
meut pas se fait piétiner et s'enfonce, ce qui ne se régénère
pas ainsi vieillit, dépérit et meurt. Nous sommes
tous soumis à la loi du grandissement. L'école vraie
pour nous est donc l'école du grandissement. La sagesse
est ce qui fait grandir tout ce qu'elle rencontre. "
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L'homme
se lit à travers sa morphologie
La sagesse pastorale étudie l'homme à travers
sa morphologie et permet de le connaître. L'homme
est constitué de quatre fibres : humaine, végétale,
animale et minérale. Mais il y a toujours une de
ces fibres qui domine et détermine chaque homme et
le différencie des autres.
La procréation :
La procréation est un pouvoir donné aux femmes.
Elles y associent l'homme qu'elles veulent. Ainsi, le pouvoir
d'appeler l'enfant est exclusivement le fait de la femme.
Elle peut, si elle le sait se choisir le type d'enfant qu'elle
souhaite mettre au monde. La femme a la faculté de
se dessiner un type précis d'enfant et l'appeler
à elle. Cette phase correspond à celle de
la conception. Puis suivent les trois autres phases qui
conduisent à la naissance : ce sont la fécondation,
la gestation et la manifestation qui est la naissance. Dans
ce long processus, l'homme n'intervient que dans la phase
de la fécondation. Et là encore c'est la femme
qui l'associe.
L'homme et sa main :
On peut connaître un homme en regardant juste sa main.
Les doigts de la main ont chacun une signification précise.
En regardant les doigts on peut classer les individus.
- Le pouce : c'est la volonté, le symbole de la persévérance.
- L'indexe : c'est l'orientation, la caractéristique
des leaders
- Le majeur : c'est la stabilité, c'est-à-dire
la confiance en soi
- L'annulaire : c'est le charme et l'attractivité
et le symbole de la chance.
- L'auriculaire : la santé et la régénérescence.
En regardant ses doigts, chacun peut savoir dans quel groupe
d'humain il se trouve. Ces observations se complètent
avec le jour et l'heure de la naissance et la fibre dominante.
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