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Ordinateur
pour enfant
Donnez en un, pour en recevoir un

Par Ramata Soré
"Je précise bien, je ne suis nullement le représentant
de la structure qui s'occupe du One Laptop Per Child (OLPC). Mon
but en l'acquerrant est de lancer un débat sur son utilité
dans l'enseignement au Burkina, un pays que j'aime " confie
Gilbert Cujean, philanthrope suisse.
C'est donc par le biais du projet, "give 1, get 1" ou
offrez-en un pour en recevoir un, qui consiste à acheter
deux ordinateurs portables, l'un envoyé dans un pays émergeant,
l'autre vous appartenant que Gilbert Cujean a pu se procurer un
spécimen.
L'OLPC ou XO laptop, est un ordinateur portable pour un enfant.
Il a été réalisé par l'équipe
de Massachussetts Institute of Technology des Etats-Unis dirigé
par Nicolas Negroponte. Son coût : 100 dollar soit 45 000
F CFA. Son objectif : réduire la fracture numérique
entre le Nord et le Sud.
C'est donc autour cet ordinateur d'environ 1kilo 500 g, que la
trentaine de membres venant des associations Burkina-Ntic et Yam
Pukri, spécialisées dans la promotion et la vulgarisation
des technologies de la communication, ont enclenché une
discussion. Leur préoccupation : comment et pourquoi cet
instrument peut être utile à l'enseignement au Faso
? Cette thématique a donné naissance à une
divergence de points de vue. Ceux qui sont pour, pensent que l'OLPC
permettra un accès égalitaire aux connaissances
entre milieu rural et urbain. C'est donc une opportunité
pour intégrer la société de l'information.
Il se présente également comme une source de documentaires
pour les enseignants manquant souvent de matériel. Plus
concrètement, les partisans de l'usage de cet outil affirment
qu'il regroupe un grand nombre de fonctions utiles.
Un ordinateur tout terrain
L'OLPC est doté d'un boîtier robuste et étanche
à l'eau et à la poussière donc il n'a pas
besoin d'être couvert. Il n'a ni pièce en mouvement
ni disque dur, donc tombe rarement en panne. Son écran
reste toujours visible en plein soleil. Il dispose d'un chargeur
ou dynamo. Il est équipé d'une webcam, d'un port
USB. Il a un dispositif sans fil ou Wifi permettant de connecter
au moins 30 autres OLPC dans un rayon d'un kilomètre. De
ce fait, le XO a besoin uniquement d'un seul point de connexion
internet. Ce sont également ces caractéristiques
qui ont motivé Gilbert Cujean a contacté le Réseau
Burkina-Ntic afin de l'intéresser au produit.
Les réfractaires à l'usage du XO préfèrent
que l'Etat burkinabè consacre ses finances à l'amélioration
de l'éducation. La construction de salles de classe permettra
de désengorger les effectifs pléthoriques. Pour
ces réfractaires, l'adoption de l'OLPC nécessitera
une création de contenu approprié à l'enseignement
or la majorité des instituteurs et professeurs du Burkina
ignorent presque tout des nouvelles technologies. Cette situation
obligera donc l'Etat à s'engager dans un processus de formation
de grande ampleur donc à débourser encore de l'argent.
Mais le problème le plus crucial selon Awa Tago, inspectrice
de l'enseignement secondaire est "le manque d'électricité,
la mauvaise qualité des infrastructures de télécommunication
et la connexion Internet dans certaines régions du pays".
Malgré ces conditions, Sylvestre Ouédraogo, coordinateur
du réseau Burkina-Ntic reste optimiste. Pour lui, les appréhensions
contre l'usage de l'OLPC tomberont comme se sont éclipsées
celles contre le téléphone cellulaire. "Il
y a seulement 10 an, dit-il, qui aurait prédit que les
cireurs de chaussures et les paysans auraient un téléphone
cellulaire?".
Philosophe, Benjamin Sia, Professeur d'Histoire-Géo au
Lycée Technique Ouagadougou, et spécialiste en Intégration
Pédagogique des TIC pense que "C'est beaucoup plus
l'apport de ce projet dans l'élargissement de l'accès
et l'amélioration de la qualité de l'éducation
qui nous intéresse".
L'OLPC pour promouvoir
le savoir
"Yam-Net" et "Burkina-NTIC" à travers
leurs réseaux de discussion sur l'éducation et les
nouvelles technologies veulent mettre en place un projet pilote
concernant l'OLPC dans l'enseignement. Ce projet consisterait
à acquérir 20 ou 30 XO avec l'aide de quelques structures
internationales et nationales et à organiser des séances
de travail mensuelles ou hebdomadaires pour familiariser les élèves
et le corps professoral aux particularités et aux opportunités
de cette machine car "L'OLPC pourrait constituer une opportunité
pour un accès massif et égalitaire à l'information
éducative favorisant le développement de l'esprit
de recherche des élèves", assure Christophe
Hien, enseignant.
Le projet-pilote sera en vigueur à partir de septembre
2008. Elle concernera environ 300 élèves des classes
de 6e et 5e des lycées et collèges de Ouagadougou
disposant déjà d'une connexion internet. Ces élèves
seront dirigés par près de 50 enseignants préalablement
formés. "Ainsi, le degré d'efficacité
de l'OLPC dans le contexte du Burkina sera décelé.
Et les réajustements possibles identifiés au cas
où une volonté d'acquisition à grande échelle
se manifesterait", précise Benjamin Sia, enseignant
et membre du comité de réflexion sur le projet pilote.
Selon Gilbert Cujean, ce X0 est différents des autres portables
déjà existant. Il est basé sur les besoins
plus ou moins supposés des enfants des pays en développement
et donc s'adapte au contexte burkinabè. Pour l'heure, sa
promotion est réservée aux Etats - Unis et au Canada
quand bien même il est destiné au Tiers-Monde.
L'OLPC a été présenté pour la première
fois par Nicolas Negroponte, le responsable dudit projet, lors
du sommet mondial sur la société de l'information
à Tunis en Tunisie en 2005 n
Ramata.sore@gmail.com
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L'enseignement, un analphabète
des technologies de l'information
Les outils de l'information et technologie comme l'ordinateur
et l'accès à Internet sont très peu
présents dans les écoles primaires du Burkina.
"A ma connaissance, une seule école publique
de la capitale dispose d'une salle d'informatique. Il s'agit
de l'école Paspanga Une deuxième école
située à Koudougou, ville localisée
à une centaine de kilomètre de Ouagadougou
dispose d'une salle informatique et ce grâce à
un apport extérieur" affirme Benjamin Sia, Professeur
d'Histoire-Géo au Lycée Technique Ouagadougou
et spécialiste en Intégration Pédagogique.
Au niveau secondaire, la situation est acceptable selon
lui. La plupart des établissements publics de Ouagadougou
possède une salle informatique. Un projet du Ministère
des Poste et télécommunication a permis la
connexion de la majorité des lycées et collèges
à internet. Le projet TICE-Burkina avec le soutien
de l'Institut International pour la Communication et le
Développement a permis la formation d'enseignants
d'une douzaine d'établissements secondaires n
R. S.
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