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Festicham
Un cadre de mobilisation sociale
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Les populations du Sahel ont désormais un cadre
pour valoriser leurs potentialités culturelles. Le
Festival du chameau, des arts et de la musique du sahel
(FESTICHAM) est une tribune pour la promotion de la culture
locale. La quatrième édition du FESTICHAM
s'est tenue du 12 au 14 janvier 2006 à Gorom-Gorom.
Danse et musique traditionnelles, nuits culturelles, exposition
et vente d'objets d'art, jeux de société,
course de chameaux, conférences publiques
.
Bella, Peulhs, Touaregs
, tous ont participé
à la fête et montré leur culture au
public présent à ce 4e FESTICHAM. Des étrangers
venus pour la plupart d'Italie avec une délégation
d'une centaine de personnes ont participé au festival.
Ces d'ailleurs grâce à l'appui financier de
ces amis italiens que le Festicham a pu se réaliser.
Cette partie du Burkina Faso, défavorisée
par la nature, regorge de potentialités culturelles
importantes. C'est ce que les organisateurs du festival
ont voulu montrer en initiant le Festicham.
Par Moussa Zongo
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La rareté des pluies, l'aridité des
sols, l'enclavement de la zone ne sont pas, pour eux, des handicaps
à l'épanouissement culturel. Durant trois jours,
les populations de Gorom ont oublié les dégâts
causés par les inondations. Ces populations ont durement
été touchées par des pluies diluviennes en
août dernier. Malgré cette situation, le Festival
du chameau, des arts et de la musique du Sahel a connu un engouement
du public. Très fortement mobilisé, il a participé
aux activités. Des troupes de musique et de danse, des
artistes locaux, des chameliers, des écoliers, des groupements
et associations d'éleveurs ont tous défilé
devant les autorités régionales et provinciales
lors de la cérémonie officielle. A la rue marchande
installée juste à coté de la Place de la
Révolution, on trouvait divers objets d'arts produits par
les artistes du Sahel et d'autres localités du pays. Des
habitats traditionnels que vieux, femmes et enfants se partagent,
expression d'une cohabitation harmonieuse dans ce milieu. Juste
à coté, des jeux de société sont organisés.
Au milieu de la foule, des dizaines de chameliers se pavanent
; ils font des démonstrations du dressage réussi
de leurs montures sous les regards des amis italiens. Pour clôturer
les activités de ce 4e Festicham, l'événement
le plus attendu le 14 était la course des chameaux. Repartie
en groupe de cinq, une quarantaine de chameaux ont pris part à
la compétition. Malheureusement, l'organisation à
ce niveau a eu quelques ratés qui ont entaché la
beauté du spectacle. Pas de tracé, pas de numéro,
pas de chronomètre. Ce qui a entraîné un désordre
durant la course. Certains chameaux ont tout simplement refusé
de courir après le top départ, d'autres s'arrêtant
dès le premier tour, alors qu'il fallait en faire trois.
Tout cela accompagné des chameliers mal préparés
à ces genres de compétition. Manque d'entraînement
et manque de consignes claires de la part des organisateurs. Le
public présent n'a pas manqué de critiquer l'organisation.
Les critères de choix ont créé des grincements
de dents. L'enjeu était de taille pour les participants.
Une chamelle d'une valeur de 200 000f pour le premier et des vélos
VTT pour les cinq autres premiers. En marge de Festicham, les
partenaires venus de trois villes de la région de Turin
en Italie ont participé à l'inauguration d'un orphelinat
dont la construction a été financée par eux.
L'infrastructure accueille aujourd'hui 56 enfants orphelins dont
37 enfants pensionnaires. Les 19 autres âgés de 11
à 15 inscrits à l'école sont en famille,
mais ils sont pris en charge par l'orphelinat. Tous ces enfants
sont de confession musulmane dans ce centre géré
par des surs catholiques. Preuve que dans cette partie du
Burkina, l'appartenance religieuse ne constitue pas un problème.
C'est une infrastructure qui comprend un dispensaire, une maternité
et une pharmacie et ouverte à toute la population. "
Il n'y a que l'humanité qui compte pour nous. Le choc des
civilisations n'a pas de sens entre les peuples ", a dit
un représentant de la délégation italienne.
Il souhaite que la coopération directe entre les peuples
puisse se renforcer. Et le processus de décentralisation
engagé au Burkina Faso est donc le bienvenu. D'ailleurs,
les organisateurs de ce festival ont voulu prendre en compte cet
aspect en choisissant comme thème cette année :
" La décentralisation, un outil de renforcement de
la démocratie à la base ". Des conférences
publiques sur le sujet ont été organisées
à l'intention du public. Le juge Mathias Tankoano a relevé,
dans sa communication, les avantages liés à la décentralisation.
Elle est une occasion pour les populations locales de prendre
en main leur propre destin. Andriano de la délégation
italienne a aussi pris l'exemple de la coopération décentralisée
qui permet de financer directement les localités et d'établir
des dialogues entre les peuples. Il a souligné que pour
un développement durable à la base, les communautés
doivent puiser dans les civilisations traditionnelles et trouver
une conciliation entre pouvoir, démocratie et justice.
La question des sinistrés de l'inondation qui demeure une
préoccupation pour la population et les autorités
locales a fait l'objet d'une communication. Et c'est M. Bado,
cadre de l'Environnement et du cadre de Vie qui est revenu sur
les catastrophes naturelles. Pour lui, l'homme a souvent une part
de responsabilité. Progrès techniques démesurés,
destruction de la nature
l'homme a souvent contribué
à la destruction de son propre cadre de vie. Avec la décentralisation,
chaque communauté devrait s'organiser pour gérer
son propre environnement. Le chef du canton de Gorom a tout de
même souligné la nécessité de l'intervention
de l'Etat dans certains domaines comme la maîtrise de l'eau
qui reste la préoccupation majeure au Sahel. Car malgré
leur bonne volonté, les populations ne pourront pas changer
véritablement quelque chose sans une intervention de l'Etat
à ce niveau. Les objectifs du FESTICHAM, selon son promoteur
Diemdjoda Hamadou Dicko, ministre délégué
chargé de l'Alphabétisation, c'est de parvenir dans
les années à venir à sortir de l'aspect folklorique
et devenir une tribune pour les populations de l'Oudalan pour
échanger directement avec les acteurs du développement
sur leurs préoccupations et trouver des solutions dans
le cadre de la décentralisation. Une façon de renforcer
la démocratie à la base pour un développement
participatif plus efficace n
Par Merneptah Noufou Zougmoré
Les
sinistrés toujours dans l'attente
A quelque 5oo m de la Place de la Révolution, où
s'est tenu le festival, se trouvent des dizaines d'habitats
traditionnels du sahel. Mais là, ce n'est pas du folklore.
C'est le campement qui accueille les sinistrés de l'inondation
du mois d'août dernier. Des dizaines de familles y sont
installées. Selon les autorités provinciales,
800 familles ont été touchées par la
catastrophe soit environ 6000 personnes. Même si certains
ont pu reconstruire par leurs propres moyens ou grâce
à des subventions, beaucoup, les vieilles personnes,
surtout sont toujours sous les tentes de l'UNICEF. Leur situation
aujourd'hui est une préoccupation pour les autorités
provinciales. Toutes les deux semaines, des vivres leur sont
distribués. Mais les autorités regrettent de
revoir ces vivres sur la place du marché. Des mesures
d'accompagnement pour les reconstructions sont étudiées,
mais les partenaires financiers ne se bousculent pas. La facture
est très élevée. Pas moins de 480 000
000f cfa. L'image du sinistre est toujours présente
au sein de la population. Même ceux qui n'ont pas été
touchés gardent de mauvais souvenirs. Certains accusent
l'Etat de ne pas avoir de perspectives réelles de reloger
les sinistrés. Beaucoup aussi ne sont pas tendre avec
la télévision nationale. " La TNB est venue
nous insulter ", affirme un groupe de jeunes. On se souvient
qu'aux premières heures du sinistre, la télévision
nationale avait consacré un reportage sur le sujet
et avait minimisé l'importance de la catastrophe. Il
a fallu le cri d'alarme d'un jeune étudiant du département
de Communication à travers les colonnes des quotidiens
du pays pour qu'elle s'en émeuve. Un rattrapage qui,
de l'avis de beaucoup de personnes, n'a plus eu d'effet.
M.Z |
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