OBAMA
Après sa prestation,
Obama affronte les réalités

Apres sa prestation de serment ce mardi 20 janvier 2008,
Barack Obama s'est aussitôt mis à la tache. Il
a appelé les dirigeants du Proche-Orient à uvrer
à la paix israélo-palestinienne. Dans cette
optique, il a proposé au sénateur à la
retraite George Mitchell, d'être artisan de paix dans
le Proche-Orient. Ce dernier a été l'un des
acteurs de la paix en Irlande du Nord.
Dans sa perspective d'apporter le changement et de l'instaurer,
Obama, le 44e président des Etats-Unis, a convoqué
ses conseillers économiques et militaires pour discuter
de la façon dont il réaliserait ses engagements:
résoudre la récession économique, réaliser
en 16 mois le retrait des Américains de l'Irak. Obama
a aussi annoncé la suspension des procédures
devant les tribunaux d'exception de Guantanamo pendant 120
jours. Ce délai permettra à son administration
de trancher sur l'opportunité de maintenir ou non les
procédures en cours. Cette décision, à
Guantanamo, a reçu un accueil favorable; et annonce
peut être des lendemains meilleurs pour les prisonniers
: la fermeture de Guantanamo.
Outre cela, Obama a signé un décret gelant les
salaires de ses plus hauts collaborateurs gagnant au moins
100.000 dollars soit près de 50 000 000 F CFA par an.
"En cette période de difficultés économiques,
les familles américaines sont obligées de se
serrer la ceinture, et c'est aussi ce que Washington doit
faire" a soutenu Obama lors de la prestation de serment
de l'équipe rapprochée de son vice-président
Joe Biden. En plus de cette réduction, son administration
doit refuser tout présent venant des lobbys agissant
pour des groupes d'intérêt. A sa prise de fonction
à la Maison Blanche, ce mercredi 21 janvier, Obama
est resté seul pendant 10 mn. Et selon Georges Bush
qui a été le 43e président, c'est à
cet instant-là, que Obama devait sentir s'abattre sur
ses épaules l'immensité de sa charge. D'ailleurs,
Bush a laissé à son successeur un petit mot
dont la teneur n'a pas été révélée.
Au cours de cette même journée, le couple présidentiel
s'est conformé 2h durant à la tradition de participer
à un service religieux. Cette séance de prière
a eu lieu à la cathédrale de Washington.
C'est également a Washington, la capitale, devant plus
de deux millions de personnes venues de tous les Etats d'Amérique
et du monde entier que Obama a prêté le serment
de servir loyalement son pays, les Etats-Unis d'Amérique.
''C'est la première fois dans l'histoire de notre pays
qu'autant de personnes participent a une prestation de serment''
assure Al Stover, enseignant a l'université d'Arizona.
"Oui, nous le pouvons et oui, nous l'avons fait!",
a lancé Obama, à ses admirateurs venus au bal
d'Hawaï et de l'Illinois. Ces propos ont provoqué
un délire général. Obama 47 ans est né
dans l'Etat de Hawaï et a été sénateur
dans l'Illinois. Au cours des 10 bals officiels, le couple
présidentiel a fait des apparitions plus ou moins brèves.
Michelle en longue robe de couleur ivoire, laissant une épaule
dénudée a enlacé son président
de mari, Obama, vêtu d'un smoking noir, nud papillon
blanc. Le couple tout souriant et détendu, a entamé
quelques pas de danse, tout en échangeant des sourires
et des propos complices. Barack et Michelle ont commencé
un peu plus tôt leur long périple de bal, au
"bal de quartier". Des centaines d'autres réceptions
ont eu lieu dans la capitale Washington. Le bal de quartier
est une réception à tarif réduit pour
les habitants de la capitale qui n'avaient pas les moyens
de se rendre aux fêtes plus sélects. Jusqu'à
leur arrivée, les invités ont attendu, dévisant
sur leurs sentiments, espoirs et attentes. Pour les personnes,
pour une raison ou une autre, qui sont restées chez
elles, l'élection et la prestation de Obama resteront
des événements historiques. ''Je suis sure qu'il
apportera le changement, d'ailleurs, il est le changement''
affirme Barbara Eicht, en larmes. Puis de continuer ''j'ai
vécu la période de la ségrégation.
Le temps où les Blancs et les Noirs devaient faire
tout de façon séparée, le temps ou de
nombreux Noirs sont morts parce qu'ils voulaient simplement
être des Hommes. Pour moi en tant que blanche, cette
journée sera immémoriale''.
Ramata Soré
Qu'elle peut être
belle, la démocratie !
Par Newton Ahmed Barry
Comme au moment de son élection, ce sont des millions
de personnes qui ont tenu à assister à l'investiture
de Obama. Un engouement inédit dans l'histoire des
investitures présidentielles aux Etats-Unis.
C'est fait ! Obama est désormais aux manettes aux
Etats-Unis. Les premières actions semblent montrer
qu'il tiendra parole sur les sujets emblématiques.
Guantánamo sera effectivement fermé et sur le
Moyen orient, sa première décision ne laisse
pas entrevoir qu'il va " s'aligner " sur la bienveillance
aveugle à Israël. Ce sont là les débuts
d'une politique qui est tellement ambitieuse qu'elle ne manquera
pas de décevoir. Il faut s'y attendre inévitablement.
Pour l'instant pourquoi jouer les rabat joie ?
Considérons les bonnes perspectives qui se dessinent.
La première des choses, c'est que Obama veut faire
l'exact contraire de son prédécesseur Bush qui
s'en va avec une chaussure à la figure et plus d'un
millier de morts à Gaza sur la conscience. Il ne fait
aucun doute que l'on aurait économisé des centaines
de vie à Gaza, si l'administration Bush l'avait voulu.
C'est le contraire qui s'est produit. Le trio Tzipi Livini,
Barak et Olmert a reçu le feu vert d'aller aussi loin
que possible pour en finir avec le HAMAS.
Le dessein était relativement simple : profiter de
l'inter règne pour prendre une avance significative
sur les Palestiniens. Réduire les capacités
militaires du HAMAS et imposer le FATAH et Mahmoud ABBAS comme
l'unique interlocuteur des Israéliens. En quelque sorte
autoriser Israël à se choisir les Palestiniens
qui lui plaisent.
La violence de l'attaque de l'armée israélienne
n'avait pour autre objectif que d'emmener les Palestiniens,
notamment ceux de Gaza, à regretter leur choix politique
et finalement à s'en remettre au FATAH qui est l'interlocuteur
acceptable aux yeux d'Israël. L'objectif a-t-il été
atteint ? Du point de vue militaire, le HAMAS a connu des
pertes immenses aussi bien en logistique qu'en hommes. Mais
sur ces deux aspects, le HAMAS est une hydre à multiples
têtes. Pour recruter les soldats et les Kamikazes, il
y a un vivier inépuisable qui est à sa disposition.
La violence de la dernière guerre et le nombre incalculable
de morts qu'elle a occasionné, n'a fait que le renforcer.
Israël a certainement commis là une derrière
faute politique qui ne lui profitera en rien. Parce que le
HAMAS, même militairement diminué, n'a rien perdu
de son emprise sur les Gazaouis. Il faut quand même
remarquer une chose. Malgré la violence des bombardements,
on n'a pas vu des foules fuir Gaza qui compte quand même
un million et demi d'habitants. C'est-à-dire un territoire
comme le quartier Gounghin qui accueillerait toute la population
de Ouagadougou.
En d'autres circonstances et ailleurs on aurait vu des foules
fuyant Gaza pour d'autres contrées de la Palestine
plus sauves. Or on n'a rien vu de tout cela. Est-ce parce
que le HAMAS ne l'a pas voulu? C'est possible. Mais on a entendu
des Gazaouis interviewés dire qu'ils ne voulaient en
rien quitter leur maison. Il y a chez ces peuples là
(Palestiniens comme Israéliens du reste) une détermination
que la peur de la mort ne peut ébranler.
L'attaque israélienne sur Gaza, va incontestablement
lui revenir en face comme un boomerang. Gaza a été
totalement détruit, le HAMAS n'a pas été
pour autant anéanti. Et ce que les médias du
monde entier montrent ce sont les excès de l'armée
israélienne qui finissent par indisposer même
les soutiens les plus inconditionnels de l'Etat hébreu
(voir encadré). Ce qui a fait dire à Obama,
dans sa première sortie sur le conflit que si les roquettes
du HAMAS étaient inacceptables, cette espèce
de ghetto, "sans avenir", dans lequel sont enfermés
les Palestiniens depuis longtemps est aussi inacceptable.
Diplomatiquement donc, Israël n'a pas pris un avantage
significatif sur le HAMAS et son poulain putatif, le FATAH
et son président ABBAS s'en sortent plutôt totalement
décrédibilisés. Israël n'aura d'autre
choix que de discuter avec le HAMAS. Ce à quoi il s'y
refusait jusqu'à présent. Tout ce désastre
pour en arriver là ? Et puis, il n'est pas sûr
que l'Etat hébreu soit en situation plus favorable
pour discuter et arracher des concessions aux Palestiniens.
Après les massacres de Gaza, c'est plutôt lui
qui va se retrouver dans une situation moralement inconfortable
avec les enquêtes actuellement en cours.
La nouvelle situation née de cette guerre aveugle à
Gaza ne peut pas être à l'avantage de Israël.
L'avènement de Obama aux Etats-Unis ne va pas non plus,
du moins dans l'immédiat, jouer en faveur de l'Etat
hébreu.
La nouvelle administration américaine qui veut s'attirer
la bonne faveur des Etats, jusque là exécrés
par Washington, va dans un premier temps chercher à
être à équidistance des protagonistes.
Ce faisant évidemment Israël sera le grand perdant.
Jusque-là, Washington s'alignait automatiquement sur
ses thèses. A contrario, le HAMAS va se retrouver dans
une situation nouvelle, plus confortable. Il sort de son isolement
international dans une posture de martyr. En prime. Dans les
négociations qui vont s'ouvrir, le HAMAS arrive en
interlocuteur incontournable. Israël sera incontestablement
gêné, aux entournures, par les violations des
droits humains inacceptables à Gaza.
L'arrivée de Obama et la façon dont il a embrayé
donne de réels espoirs qu'un monde moins troublé
est à portée de main. Les mouvements extrémistes
islamistes vont s'en douter s'engouffrer dans la brèche.
Mais il restera toujours une violence incompressible à
travers le monde. Il est même possible que l'extrémisme
change de bord. Il y a deux raisons potentielles à
cela.
D'abord un Noir à la Maison Blanche ça restera
une arête dans la gorge des extrémistes d'extrême
droite.
Ensuite le projet de Obama d'apaiser le monde va se heurter
à des lobbys.
Pour l'instant, prenons les choses du côté optimiste.
Les Etats-Unis devraient retrouver, sans trop de problème,
leur leadership mondial. Et comme il y a toutes les chances
que cela se réalise sous Obama, le monde devrait être
encore meilleur.
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Enquête sur
les exactions de l'armée israélienne
Il se précise que l'armée israélienne
a utilisé des bombes au phosphore blanc à
Gaza. C'est une arme dont l'utilisation est règlementée
par les conventions de Genève. C'est l'organisation
internationale de défense des droits de l'homme,
Amnesty international qui va conduire l'enquête.
Déjà les premières images de Gaza
sont choquantes. Le territoire semble avoir été
détruit à plus de 70%. La communauté
internationale est pour l'instant choquée. Si
les bombes au phosphore blanc étaient utilisées
contre les populations civiles, cela conduirait inévitablement
à l'indignation de cette même communauté
internationale. L'administration de Obama sera devant
son premier dilemme : Soit continuer à protéger
aveuglement l'Etat hébreu ou montrer clairement
que Israël est un Etat comme les autres qui ne
peut se soustraire aux lois internationales.
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