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Monique,
Miss depuis son enfance
"Toute petite, les gens l'appelaient
Miss, cela me faisait plaisir. Mais je ne savais qu'un jour
elle allait l'être pour de vrai. Je suis vraiment
contente et fière que ma fille soit devenue Miss
Burkina 2004." confie toute sourire, Clarisse Ouédraogo,
mère de Monique.
Quant à Carine, sa sur aînée :"
C'est une joie qu'on ne peut pas exprimer d'être la
sur de Miss Burkina. Il y avait au concours de très
belles filles, je ne m'attendais pas à ce qu'elle
soit élue et lorsqu'elle a été désignée,
nous avons hurlé de joie. Tout le voisinage, à
2 h du matin, est venu nous féliciter. Jusqu'à
présent les gens continuent à venir pour les
félicitations ". Puis, elle renchérit
" C'est la plus mince et la plus belle de notre famille
".
La mère de Monique et son oncle (son père
est décédé il y a huit mois de cela)
n'ont pas vu d'inconvénients à ce qu'elle
se présente à l'élection Miss Burkina.
D'ailleurs, elle n'est pas à sa première participation
à un concours de beauté. Elle a été
élue miss au mois de mars 2003, au lycée Newton.
Pour la mère de Monique, sa consécration en
tant que reine de beauté "est une porte de sortie
et de réussite". Néanmoins, elle est
inquiète quant à la suite des événements
: "j'ai peur que son mandat perturbe ses études.
C'est pourquoi, je lui ai demandé d'établir
un plan de travail qui lui permette de concilier son mandat
et ses études ".
Avant-dernière d'une famille de cinq enfants, Monique
dit être heureuse de son titre. Son petit copain l'est
tout autant. Pour elle son titre ne changera rien à
sa vie. " J'aurai des relations et l'opportunité
de participer à la lutte contre la non scolarisation
des filles.
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Les nymphes d'un soir
Miss Burkina était à sa 12 édition. Plus
d'une décennie d'existence pour une manif à laquelle
personne ne croyait, sauf son géniteur bien entendu. Miss
Burkina, gagne en intérêt et en polémique
aussi. C'est la salle des banquets de Ouaga 2000 qui servit de
cadre pour cette édition où 22 jeunes filles devaient
arpenter l'immense "pont de beauté" dressé
par Mustapha.
Par Newton
A. Barry
Le banquet de la beauté à la salle Ouaga 2000 qui
en porte justement le nom. Une salle pour l'occasion exploitée
avec plus de coquetterie que d'habitude. Faut-il y voir l'absence
de " gros " officiels dont la présence "légalisante"
guinde aussi parfois l'aménagement des paysages de spectacle
? Pour sûr Mustaph était-là en véritable
homme orchestre avec l'il sur tout. Pas même l'accueil
ne lui échappe, malgré la charmante présence
des belles hôtesses d'une compagnie de téléphone.
Laquelle compagnie se disputait le titre envié, de sponsor
officiel avec une unité de fabrique de ciment. Seul Mustaph
sait qui est vraiment " l'officiel ". Mais il ne nous
a pas dit car c'est son gnadin1, pour parler comme nos cousins
de la basse côte.
Quand il vous accueille, la première des choses qu'il vous
suggère de voir, c'est son pont. " Le pont de la beauté
". " Il fait 37 m de long. C'est du jamais vu au Burkina
Faso" fait-il remarquer, dans une attitude de paon, sans
en avoir l'air. Combien il fait de largeur ? Il n'a pas le temps
de répondre. Il est sollicité d'urgence dans la
loge des candidates. Une des filles y est entrain de pleurer toutes
les larmes de son corps. Quand Mustapha apparaît, il n'a
pas le temps de questionner qu'on lui explique tout : " la
malheureuse a été oubliée par le couturier.
Ses tenues n'ont pas été cousues ". Il fait
la mou et s'en retourne. " Je suis habitué, confie
t-il. Ça fait douze ans que j'organise cette affaire. Ces
genres d'histoires ne m'émeuvent plus ". Au moment
de sortir de la loge, il croise une des candidates en tenue wax.
Il fait demi tour pour accoster le manager du défilé
: " je vous ai dit que la première sortie des filles
se fait en robe de soirée, la seconde en tenue traditionnelle,
puis en tenue de vérité et à la fin en pagne
wax. Et qu'est-ce que je vois là ? Elles sont déjà
en Wax ? Non hein ! Il faut me changer ça " Il est
21h30, pour une soirée prévue pour démarrer
à 20 heures. De toute façon, 20 heures ce n'était
pas possible, c'est l'heure de la grande édition du journal
télévisé sur la " chaîne du plaisir
partagé ". Et c'est notre " national TNB "
qui avait justement la charge de retransmettre la soirée.
Quand il regagne la salle de spectacle, il était attendu
par les réalisateurs de la TNB qui lui disent qu'on peut
y aller.
21h45, l'animateur fait son apparition et le show peut commencer.
En robe de soirée moulante, les 22 sirènes candidates
à la couronne de la plus belle femme du Burkina Faso pour
l'année 2004, emprunte chacune à son tour "le
pont de la beauté", pour se déhancher sur 37m
"aller/retour". Les 70 mètres, les plus pénibles
à parcourir de leur jeune existence ( la moyenne d'âge
était de 19 ans) et pour cause, il y avait dans la salle
au moins une centaine de pairs d'yeux gourmands qui les attendait
pour " manger ". La numéro 13 ( un chiffre décidément
à éviter), dans sa belle robe et ses talons hauts,
pour une taille " Kagamé " n'a pas supporté
et a failli se prendre dans le tapi à sa première
sortie et comble de malchance, juste devant le jury. La première
sortie ratée, rien n'a plus marché pour elle.
23 h 41, les filles sortent en tenue de vérité.
Les oreilles se ferment, il n'y a plus que les yeux pour entendre.
Mustapha fait son pronostic. Il voit la numéro 21 sur le
fauteuil en rotin. Elle est un peu raide. Vous ne trouvez pas
? C'est vrai, reconnaît-il, mais elle est la plus belle.
Puis vint l'épreuve de l'expression orale. C'est la catastrophe.
Nos beautés ne savent pas discourir. Mustapha s'en va les
moquer un peu. Mais ce soir-là, vraisemblablement, la parole
était en vacance pour tous les intervenants. L'animateur
principal perdu dans les louanges plats à Mustapha a été
le seul de la soirée à qui " un sourire a cassé
les tympans ". Heureusement que le verdict du jury est venu
mettre tout le monde d'accord. La plus belle femme du Burkina
Faso pour 2004, s'appelle
.., le poulain de Mustapha est
arrivé second. C'est mal pronostiqué, pour l'inventeur
de miss au Burkina. Mustapha est aussi, le père "
des rues marchandes ", de la course aux pirogues et du Ramo
(rallye motos de Ouaga). n
1 Ce dit d'un deal, dans le langage de rue à Abidjan
Secrets de miss
Les choses les
plus intéressantes se passent dans les couloirs et
dans la loge. Elles ne sont pas connues du public évidemment.
Pour cette édition nous avons suivi pour vous les émotions
et les petits chichis des candidates à la couronne
de miss Burkina.
"S'il te plait, ajuste mon maquillage, il déborde"
demande l'une des 23 candidates à la maquilleuse.
" Bébé, je suis à ton service et
si je dis que tu es belle, c'est que tu l'es " déclare
le coiffeur-maquilleur, petit Inou, à une candidate
qui veut changer de coiffure.
" Camoufle mes vergetures et cicatrices " exige
une autre." Où sont passées mes boucles
d'oreille " s'interroge l'une d'elles.
La loge des miss, à 20 h 30 mn, ce vendredi soir,
ressemble à un champ de bataille. Sous et sur les
fauteuils traînent des vêtements, des sacs à
mains, des produits de beauté, des bijoux
Quelques
candidates font la navette entre les maquilleuses et les
habilleuses, qui pour un ajustement, qui pour se plaindre
d'un défaut de confection.
Des éclats de rire, des jurons, des encouragements
fusent d'un peu partout. En son fort intérieur, chacune
espère être la Miss. Soudain, des pleurs, éclatent.
"On vient de me dire que je ne compétis pas
parce que ma robe de soirée a été oubliée
à l'atelier et ma tenue de ville pas cousue. Pourtant,
j'ai été à la prise des mensurations...
" confie la 23e candidate, Teguera Barkissa (Balé).
Pour Didier Zongo, l'encadreur technique : "Invitée
à essayer sa tenue dans la soirée du jeudi,
elle a répondu qu'elle se coiffait et donc ne pouvait
participer aux essayages".
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Le cas Barkissa ne perturbe aucunement le brouhaha de la
loge. Toutefois, quelques candidates compatissent et reconnaissent
avoir été avisées seulement que jeudi,
veille de l'élection, aux environs de 20 h pour les
essayages.
En cette soirée mémorable de désignation
de la fille la plus belle du Burkina Faso, les maquilleuses-coiffeuses
et habilleuses s'activent pour rendre les prétendantes
au titre de miss Burkina 2003, sublimes. " Depuis 19
h, ce soir, on s'active pour rendre les filles lumineuses
et belles. En fonction de leur teint, on fait le maquillage.
La forme de leur tête et de leur visage conditionnent
leur coiffure " explique Youl Anna, coiffeuse-maquilleuse
des candidates et propriétaire du salon Mammy coiffure.
Le travail de Anna a commencé le jeudi avec des séances
de manucures et pédicures. Elle est aidée
par une équipe de six personnes dont cinq filles
et un garçon.
" Par rapport au physique de la jeune fille, nous créons
le vêtement qui la révèle
"
assure Aissata Tamboura, styliste-modéliste. La confection
des tenues de villes et de soirée ont été
l'uvre des maisons Nass mode et Tamboura style Mode.
21 h 54 mn, la première fille en tenue de ville est
sur scène.
" Qui a eu peur " est la question qui à
22 h 20 mn, annonce la présence dans la loge de la
coordinatrice de l'élection Miss Burkina, Safia Thombiano.
Aux candidates qui se sont désignées, elle
prodigue des conseils et des encouragements. Après
les conseils, ce sont les recriminations. " Toi, pourquoi,
es-tu si avare en sourire? Le fait que je sois près
du podium dans le public c'est pour vous dire de sourire
"
Plus la fin de la soirée approche, plus l'angoisse
des filles s'accroît et leur peur grandit. 2 h du
matin. La Miss 2004 est connue. Les heureuses élues
et leurs parents savourent leur consécration sur
la scène. Dans la loge, silence absolue. L'une des
prétendantes au titre, Maïmouna Condé
s'évanouit sous le coup de l'émotion et également
de la faim. Les candidates n'ont rien mangé de la
journée. Elle est évacuée par les sapeurs
pompiers. D'autres prennent leur défaite avec sourire
et philosophie. "Décembre 2004 est une autre
chance" se console, une candidate malheureuse. n
Ramata Soré
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Miss et après
Au début, rares de filles en
voulaient, aujourd'hui beaucoup donneraient tout pour y participer
et pour gagner surtout. " Ma voisine est prête à
tout pour être miss " nous confie un ancienne miss
Burkina.
L'expérience a plus d'une décennie maintenant et
du fait de la télévision, elle est devenue vraiment
nationale. L'engouement aussi est allé grandissant, pour
le titre : " être miss est valorisant pour la femme
" dit une ancienne miss, mais aussi certainement pour ce
que l'on gagne.
Les prix, pour le niveau de vie du Burkina, sont conséquents.
Quand on fait le total des donations et des dotations (argent,
mobylette, pagnes, produits de beauté et autres babioles),
les élues se retrouvent avec plus du million. Ce n'est
pas rien. En outre pendant une année et en rapport avec
le comité miss, il y a des contrats et autres sollicitations
qui sont rémunérés. Voici pour le rêve.
L'autre face de l'expérience à notre avis ne doit
pas être reluisante. Aucune des anciennes miss que nous
avons sollicitées, n'a voulues nous parler. Toutes sont
pleines de récriminations. Mais aucune ne veut rien dire
parce que en leit motiv elles ont à la bouche la même
phrase : "Je n'ai pas envie d'avoir à faire à
Mustapha". Diable donc ! Qu'est-ce qu'il leur a fait le Laabli
? Dans les non dits et les allusions, il y a en premier, disent
les anciennes miss, que le comité ne respecte pas sa parole.
Les cadeaux promis, urbi et orbi ne sont pas toujours donnés
et les réclamations finissent en queue de poisson pour
ne pas dire plus. Le comité réfute bien entendu
ces accusations. Autre problème, c'est la gestion des cachets
que procurent les contrats et les sollicitations rémunérés
de l'année de la reine de beauté. La miss ne peut
rien entreprendre sans le consentement du comité, c'est
d'ailleurs la règle générale dans les concours
miss, et les cachets sont négociés par le comité
qui reverse un pourcentage à la miss. Les problèmes
se trouvent à ce niveau et ne sont pas bien résolus.
Ce qui fait qu'aujourd'hui, elles sont nombreuses, les anciennes
miss à rompre tout lien avec le comité miss. Pour
cette belle expérience c'est tout de même malheureux.
NAB
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